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Pole controversée de Russell en Autriche : Verstappen "aurait sûrement fait pareil"

La pole position de George Russell en Autriche a relancé le débat sur les règles en qualifications. Si Max Verstappen assure qu'il "aurait sûrement fait pareil" que le Britannique, Carlos Sainz propose de son côté une solution pour éviter toute exploitation de ce type de situation.

La pole position controversée de George Russell en Autriche a ouvert un certain débat, relancé ce week-end en amont du Grand Prix de Grande-Bretagne. Au Red Bull Ring, Max Verstappen s'était accidenté au virage 9 dans les dernières minutes de la Q3.

À ce même moment, Russell était dans son dernier tour lancé et est arrivé dans la portion du circuit où se trouvait la voiture accidentée de Verstappen, avec seulement un drapeau jaune simple déployé. Le Britannique a donc levé le pied à l'entrée du virage, respectant la procédure, avant de relancer son effort et de finalement signer la pole position.

Le pilote Mercedes a échappé à toute enquête de la direction de course et a conservé son chrono, puisqu'il a été établi qu'il avait bien ralenti à l'entrée du virage en respectant le drapeau jaune brandi à ce moment-là. Si la situation avait relevé de doubles drapeaux jaunes, son tour aurait alors automatiquement été supprimé.

Cet incident a donc ouvert un débat autour du comportement à adopter dans ce type de situation en qualifications, tant du côté de la direction de course que des pilotes. D'autant plus que Kimi Antonelli, qui était en passe de signer un chrono lui assurant au moins la première ligne, a finalement avorté sa tentative en arrivant au virage 9, persuadé qu'un double drapeau jaune était en vigueur.

George Russell (Mercedes)

George Russell (Mercedes)

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images

Interrogé sur le sujet, Max Verstappen a estimé qu'il s'agissait d'un débat déjà évoqué dans le paddock : "C'est un sujet dont on parle depuis longtemps. Dans d'autres catégories, je crois que si vous provoquez un double drapeau jaune ou un drapeau rouge, votre tour est automatiquement annulé, par exemple. Ce sont donc des choses qu'il faut clairement examiner, mais ça ne règle pas vraiment ce qui s'est passé."

"Au-delà de ça, certains pilotes continuent malgré tout leur tour, tandis que d'autres l'interrompent. Aujourd'hui, si vous connaissez bien le règlement, vous pouvez terminer votre tour et vous êtes autorisé à conserver votre temps. Mais, selon moi, cela n'aurait déjà jamais dû être un simple drapeau jaune. Cela aurait dû être au minimum un double drapeau jaune, voire un drapeau rouge."

Qu'un pilote cherche à optimiser la situation, je trouve ça normal. J'aurais sûrement essayé de faire la même chose.

Après son tour de qualifications, George Russell avait d'ailleurs immédiatement indiqué à la radio avoir respecté la procédure : "J'ai levé le pied à l'entrée de ce virage, j'ai perdu beaucoup de temps".

Pour Max Verstappen, cette lecture du règlement fait partie du jeu, même si elle interroge sur les limites du système actuel. Le Néerlandais estime que les pilotes exploitent logiquement les zones grises, tout en pointant un problème plus large lié à la possibilité même de finir un tour dans de telles conditions.

"Qu'un pilote cherche à optimiser la situation, je trouve ça normal", a-t-il déclaré. "J'aurais sûrement essayé de faire la même chose. C'est comme ça que fonctionne la compétition. Mais on ne devrait tout simplement pas pouvoir terminer son tour dans une telle situation. Pour moi, c'est le vrai problème dans cette affaire."

"J'ai déjà eu cette discussion à de nombreuses reprises, parce que j'ai souvent eu le sentiment que certains pilotes flirtaient avec la limite sur ce sujet. Et je ne pense pas que nous ayons encore trouvé la bonne solution concernant les simples drapeaux jaunes."

"Par exemple, quelle est exactement la vitesse à laquelle il faut ralentir ? C'est pareil avec les doubles drapeaux jaunes. Certains ralentissent plus que d'autres. Pour certains, c'est jugé suffisant, pour d'autres non. C'est un sujet très complexe."

La proposition de Carlos Sainz

Cet incident a, selon Carlos Sainz, ouvert un second débat : celui de la possibilité de voir des pilotes tenter de protéger leur position en qualifications en provoquant des drapeaux jaunes, forçant leur homologues à ralentir ou avorter leur tentative.

Si la responsabilité de l'accident de Verstappen a été entièrement endossée par Red Bull, le décrochage de la RB22 étant lié à un dysfonctionnement de l'aérodynamique active arrière, il est déjà arrivé par le passé en F1 que des scénarios impliquent des pilotes allant jusqu'à provoquer un incident afin d'empêcher leurs concurrents d'améliorer leur temps.

Carlos Sainz souhaiterait sanctionner les pilotes qui provoquent des drapeaux en qualifications.

Carlos Sainz souhaiterait sanctionner les pilotes qui provoquent des drapeaux en qualifications.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Il existe notamment des cas devenus célèbres à Monaco, comme celui de Michael Schumacher à la Rascasse en 2006, ou encore la sortie de Nico Rosberg dans l'échappatoire de Mirabeau en 2014.

Face à cette tentation bien réelle de perturber volontairement une fin de qualifications, un consensus semble émerger parmi les pilotes en faveur de sanctions en cas de drapeau jaune ou rouge provoqué, une piste jugée pertinente pour limiter ces situations.

"J'ai une idée très personnelle à ce sujet qui n'a pas encore été discutée au sein de la GPDA [Association des pilotes de Grand Prix présidée par Carlos Sainz et George Russell], que je pourrais éventuellement proposer", a expliqué Sainz ce jeudi dans le paddock de Silverstone.

"Je pense que ce week-end, comme c'est un sprint, nous n'aurons peut-être pas une vraie réunion pour en parler, mais nous devrions en avoir une, car il est clair pour moi que cette situation [la Q3 en Autriche] aurait dû donner lieu à un drapeau jaune double, voire à un drapeau rouge."

"La manière dont George a géré cela est parfaite par rapport à ce que le règlement permet. Il a mérité cette pole position parce qu'il a parfaitement exploité les règles. Mais il n'aurait jamais dû être autorisé à terminer ce tour, ni à valider un tour dans une situation aussi dangereuse."

Je pense que toute personne qui provoque un drapeau jaune ou rouge en qualifications devrait écoper d'une pénalité de trois places sur la grille.

"On peut dire : si Max avait été en pole lors de la première tentative, puis qu'il avait provoqué cet accident et qu'un drapeau rouge avait été déployé sans que personne ne puisse améliorer son temps, cela aurait été injuste pour George, Kimi et les autres, parce que le pilote en pole empêche les autres d'améliorer leur temps."

"Comme à Monaco, typiquement, et j'aurais pu le faire l'an dernier à Bakou quand j'étais en pole et que j'étais la première voiture à sortir des stands : je me suis dit que si je me crashais maintenant, j'étais en pole, point. Nous avons tous ces pensées et nous savons tous comment fonctionne le règlement."

"Et pour cela, je pense que toute personne qui provoque un drapeau jaune ou rouge en qualifications devrait écoper d'une pénalité de trois places sur la grille. Cela permettrait au moins de sanctionner et de dissuader de provoquer un drapeau."

Sainz n'exclut évidemment pas la part inévitable de subjectivité dans l'appréciation de ce type de situation, prenant pour exemple l'incident de Verstappen en Autriche : "Évidemment, Max a eu un crash à cause d'une défaillance de l'aileron arrière ou quelque chose comme ça."

"Je pense qu'il faut trouver une solution pour ce genre de cas et mon idée est la suivante : si vous provoquez un jaune ou un rouge, vous devriez recevoir une forme de pénalité. Si vous poussez à fond mais allez trop loin et que vous empêchez les autres d'améliorer, vous gagnez une position en empêchant les autres de faire mieux que vous. Même si ce n'est pas intentionnel."

Avec Stuart Codling

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