Passer au contenu principal

Recommandé pour vous

Analyse

Pourquoi la F1 n'annule toujours pas les GP du Qatar et d'Abu Dhabi

Le temps presse pour prendre une décision concernant les dernières manches de F1 de l'année au Qatar et à Abu Dhabi, mais les pays hôtes se montrent intransigeants.

Le départ

Photo de : Nicolas Economou / NurPhoto via Getty Images

Compte tenu du conflit qui sévit actuellement au Moyen-Orient, cela fait désormais plusieurs mois que l'on considère que l'annulation des Grands Prix du Qatar et d'Abu Dhabi, qui clôturent la saison, n'est pas seulement probable, mais inévitable.

Le détenteur des droits commerciaux a élaboré des plans d'urgence tout en affirmant publiquement que ces courses étaient toujours d'actualité. De nombreux acteurs du paddock F1 lui ont emboîté le pas : les hôtels des environs d'Imola sont aujourd'hui presque complets pour le week-end où doit se dérouler la manche d'Abu Dhabi.

Bien que l'on parte du principe que les Grands Prix du Qatar et d'Abou Dhabi seront inévitablement annulés, les promoteurs de ces courses restent, en apparence, déterminés à les organiser comme prévu. Abu Dhabi est même allé jusqu'à annoncer la présence d'artistes tels que Zara Larsson, The Script, Imagine Dragons et Lewis Capaldi. Ceux qui accordent d'ailleurs de l'importance à ce qui se passe sur les réseaux sociaux remarqueront que Zara Larsson a par la suite déclaré qu'elle ne se rendrait pas sur place.

Tout cela s'inscrit dans un bras de fer permanent pour savoir qui devra payer la note. De manière générale, lorsque les organisateurs annulent des courses, ce sont eux qui finissent par y laisser des plumes, car leur contrat avec la F1 les oblige de toute façon à s'acquitter des droits d'organisation. Si le détenteur des droits commerciaux annule les courses, il renonce à ces droits.

Les sommes versées au titre des droits d'organisation pour le Qatar et Abu Dhabi ont été estimées à respectivement 55 millions et 40 millions de dollars par an, mais il semble que ces chiffres soient hautement spéculatifs. Néanmoins, les sommes en jeu sont effectivement considérables.

Les contrats varient d'un organisateur à l'autre, en particulier pour les courses soutenues par des États plutôt que par des entités commerciales classiques. Mais lorsque des épreuves sont annulées et que de l'argent est perdu, il y a toujours une bataille autour de la responsabilité - surtout lorsque les annulations sont imposées par des circonstances extérieures.

La valeur commerciale de l'accueil, des panneaux publicitaires en bord de piste et des autres partenariats est telle que les répercussions financières potentielles s'étendent bien au-delà des droits d'organisation. C'est pourquoi Bahreïn organise sa course en Malaisie, louant en fait le circuit afin que le pays et la F1 puissent tous deux remplir leurs obligations contractuelles.

Le Grand Prix de Bahreïn aura lieu en Malaisie cette année.

Le Grand Prix de Bahreïn aura lieu en Malaisie cette année.

Photo de: Peter J Fox / Getty Images

"Nous prendrons la décision au moment opportun", avait déclaré Stefano Domenicali, PDG de la F1, fin juillet. "Ce moment ne se présentera pas avant la mi-septembre. À l'heure actuelle, les courses au Qatar et à Abu Dhabi sont confirmées."

"D'ailleurs, les billets sont déjà tous vendus. C'est un signe incroyable qui montre à quel point ce sport dépasse largement les difficultés que traverse actuellement notre monde. Mais bien sûr, si la situation ne s'éclaircit pas comme nous estimons qu'elle devrait le faire d'ici la mi-septembre, nous prendrons alors une décision."

Outre le fait qu'elle témoigne d'une vision quelque peu déplacée quant à l'importance de la F1 par rapport à la géopolitique, cette déclaration a également brouillé les pistes quant au moment où la décision serait prise : avant ou après la mi-septembre ? Quoi qu'il en soit, cette date est désormais dépassée.

Domenicali a également confirmé que si les deux dernières manches étaient annulées, la saison ne se terminerait pas par un double rendez-vous à Las Vegas. Bien que certaines sources continuent d'affirmer qu'une telle éventualité est probable, ce n'est pas le cas. La F1 doit déjà faire preuve de prudence vis-à-vis des autres acteurs de Las Vegas et il semble que l'organisation d'événements successifs ne serait certainement pas bien accueillie par le monde des affaires local. Un double rendez-vous entrerait également en conflit avec les vacances de Thanksgiving.

L'obligation de trouver un lieu d'accueil pour une dernière manche au cas où les Grands Prix du Qatar et d'Abu Dhabi ne se tiendraient pas est également stipulée dans les contrats. À l'heure actuelle, s'ils devaient disparaître du calendrier, la F1 se retrouverait avec 22 manches. Bien que cela lui permette d'honorer la majorité de ses contrats de diffusion, il semblerait qu'au moins l'un d'entre eux prévoit 23 manches.

Imola était considéré comme une valeur sûre pour la finale de la saison, mais, au cours du week-end du Grand Prix d'Italie, il est apparu que la F1 avait rencontré une forte opposition de la part du Qatar et d'Abu Dhabi concernant l'annulation de leurs courses. La solution la plus satisfaisante sur le plan commercial serait que la course prévue à Imola remplace l'une d'entre elles, à l'instar du Grand Prix de Bahreïn organisé en Malaisie.

Imola semble favori à l'organisation de la finale 2026.

Imola semble favori à l'organisation de la finale 2026.

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

Il semble toutefois que le Qatar et Abu Dhabi soient tous deux déterminés à donner l'impression que tout se passe comme si de rien n'était, étant donné qu'ils ont tous deux investi massivement pour faire de leurs aéroports des plaques tournantes majeures du transport international.

Des jours difficiles s'annoncent donc pour le détenteur des droits commerciaux, puisqu'il devra prendre une décision rapidement pour des raisons logistiques. Dans le cadre de son objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030, la F1 achemine désormais une grande partie de son matériel par voie maritime. Cela implique naturellement des délais plus longs.

Au-delà des délais liés au transport maritime de matériel vers la région du Golfe, se pose la question pratique du passage par le détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement qui s'ouvre et se ferme en fonction de l'état des hostilités entre l'Iran et les États-Unis. Si les dernières manches devaient se dérouler comme prévu, une plus grande partie du fret devrait être acheminée par avion, ce qui augmenterait à la fois les coûts et les émissions.

Et tandis que ce bras de fer se poursuit entre le détenteur des droits commerciaux et les promoteurs du Moyen-Orient, les équipes ont elles aussi des questions à poser. Si elles sont tenues de transporter du matériel et du personnel vers des lieux situés à proximité de cibles militaires dans le cadre d'un conflit en cours, il est peu probable que leur assurance les couvre...

Article précédent Alonso réclame des changements après une saison 2026 qui a "tué" certains circuits
Article suivant Gasly victime d'attaques sur les réseaux après un incident avec Colapinto à Madrid

Meilleurs commentaires