Pourquoi la FIA n'a pas enlevé les vibreurs contestés au Castellet

Les vibreurs situés à l'extérieur du virage 2, au Circuit Paul Ricard, ont provoqué des dégâts conséquents au grand dam des équipes. Pourquoi la FIA ne les a-t-elle pas enlevés ?

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La diffusion par la Formule 1 des communications radio entre les écuries et la direction de course s'avère fascinante pour les téléspectateurs : l'agacement de Toto Wolff vis-à-vis de Nikita Mazepin en Espagne et la demande de drapeau rouge par Jonathan Wheatley à Bakou représentent les émotions qui étaient précédemment cachées dans les coulisses des équipes.

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C'était d'autant plus vrai lors des essais libres du vendredi au Grand Prix de France, où Mercedes et Red Bull ont exhorté le directeur de course Michael Masi à modifier les vibreurs saucisses situés à la sortie du virage 2 au Circuit Paul Ricard. Plusieurs pilotes y avaient endommagé leur monoplace ce jour-là.

Le premier à se plaindre était Ron Meadows, directeur sportif Mercedes, qui a souligné les coûts excessifs causés à son équipe par les vibreurs : "Ces bandes jaunes au virage 2 ont terriblement endommagé notre voiture. Elles sont juste trop agressives." Masi a été prompt à répondre : "Ce sont celles de 50 mm [de haut] que nous avons habituellement à beaucoup d'endroits, Ron." Meadows a rétorqué : "Tout ce que je te dis, c'est que notre voiture est démolie parce que nous sommes passés dessus, et nous ne pouvons pas dire 'eh bien, vous ne devriez pas passer là', car cela représente des dizaines, voire des centaines de milliers de livres de dégâts, parce qu'on sort un mètre trop large." Sans l'ombre d'une hésitation, Masi a précisé : "C'est un peu plus d'un mètre, mais je vais regarder ça. Merci."

Dans la séance de l'après-midi, c'est Jonathan Wheatley qui a demandé par voie de radio à ce que les vibreurs soient repensés après une excursion de Verstappen sur ceux-ci, qui a vu le pilote Red Bull perdre un morceau de son aileron avant. "C'est intéressant de regarder les voitures passer au virage 2 et de réfléchir à ces vibreurs jaunes à la sortie", a déclaré Wheatley. "Nous venons de faire une tonne de dégâts à notre voiture et je suis sûr que Max ne s'est pas retrouvé là exprès. Cela semble juste être une pénalité gigantesque pour une erreur mineure de la part du pilote. Je me demandais si tu envisagerais, je ne sais pas, d'en enlever la moitié."

Masi a répondu que les vibreurs n'étaient pas nouveaux et étaient là en 2019 sans que personne ne se plaigne. Wheatley a ajouté : "Nous savons que ces voitures utilisent des zones différentes, et si l'on regarde maintenant sur ces longs relais, elles ne vont pas s'approcher du tout [de ces vibreurs]. Comme je l'ai dit, on dirait juste que la pénalité pour être sorti large, qui pourrait être un capteur de chronométrage, est d'environ 100'000 £ [117'000 €]." Masi a toutefois mis un terme à la conversation : "Je crois avoir entendu un certain nombre de directeurs d'équipe et de pilotes demander également des limites physiques, Jonathan… Je vais étudier tout ça ce soir."

Max Verstappen, Red Bull Racing RB16B

La réponse de Masi faisait certainement référence aux commentaires d'un certain nombre de dirigeants tels que Helmut Marko, conseiller sportif de Red Bull, qui demandaient que les polémiques sur les limites de la piste soient évitées en ajoutant des murs ou des bacs à gravier sur les circuits.

L'Australien a en tout cas tenu parole et est allé inspecter les vibreurs le vendredi soir pour établir s'il était nécessaire de les enlever. Il a décidé de ne pas le faire. Et les pilotes ont tiré les leçons des dégâts subis le vendredi en restant à l'écart pour le reste du week-end.

Pourquoi Masi a-t-il pris cette décision ? "Il y a probablement un certain nombre d'éléments", explique-t-il. "L'un est le fait que ces vibreurs étaient en place la dernière fois que nous sommes venus ici en 2019. De plus, ils étaient plus de deux mètres au-delà du bord de la piste, donc il fallait être complètement en dehors de la piste pour entrer en contact avec eux. Mais ils ont été réexaminés vendredi soir à la suite de la discussion au briefing des pilotes. Je suis allé les examiner moi-même au virage 2, notamment pour m'assurer personnellement que tout était correct."

"Mais surtout, comme nous l'avons entendu un certain nombre de fois, en particulier cette année, ils veulent des limites physiques, et c'est très clairement une limite physique. Nous venons de deux circuits urbains à Bakou et à Monaco, il est assez clair qu'il y a des limites physiques là-bas, et c'était pareil ici en l'occurrence. Et, à vrai dire, pendant la course il n'y a pas eu le moindre problème."

Ce n'était certainement pas la dernière polémique sur les limites de la piste en F1, mais la fermeté de Masi au Castellet montre qu'il est prêt à se tenir à ce qu'il juge optimal, même si toutes les équipes ne sont pas d'accord.

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