Pourquoi Mercedes n'a pas proposé un seul arrêt à Hamilton ?
Frustré après le GP de Belgique, Lewis Hamilton a expliqué que son équipe ne lui avait pas proposé de ne faire qu'un arrêt, ce qui a permis à George Russell de remporter la victoire avant d'être disqualifié. Mercedes a souhaité expliquer son choix de placer ses pilotes sur différentes stratégies.
Même si George Russell a perdu sa victoire au Grand Prix de Belgique au profit de son coéquipier Lewis Hamilton, sa disqualification ne nous fera pas oublier sa très bonne stratégie en course. Le choix audacieux du pilote Mercedes d'opter pour un arrêt unique, a transformé ce qui aurait été, au mieux, une bataille pour une cinquième place en un très joli succès.
Hamilton, en tête pendant une bonne partie de la course, s'était montré plutôt agacé en interview, laissant entendre que le choix de ne passer qu'une seule fois au stand ne lui avait jamais été proposé. Plus tard, lors de la conférence de presse officielle, l'Anglais a expliqué qu'il aurait bien aimé rester en piste plus longtemps à la fin de ses relais, tant ses pneus gardaient du potentiel, mais qu'à chaque fois, l'équipe était intervenue pour le faire rentrer au stand.
"À chaque [fin de] relais, il me restait du potentiel dans les pneus, mais l'équipe m'a fait rentrer…" a expliqué le septuple Champion du monde. "Si vous écoutez [la radio], vous pouvez entendre que je le disais à l'équipe la plupart du temps. Mais oui, je pense que les pneus étaient plutôt bons. Il étaient bien et j'allais plus vite. Je ne voulais pas m'arrêter."
George Russell et Lewis Hamilton sur le circuit de Spa.
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Du point de vue de Mercedes, les stratégies assignées aux pilotes n'ont été que le résultat de circonstances différentes en piste. L'option d'un seul arrêt pour Russell a été envisagée simplement parce qu'il se trouvait plus loin dans le classement et qu'il avait donc moins à perdre.
Le pilote britannique était cinquième jusqu'à la première vague d'arrêts au stand et cela aurait sûrement été sa position finale s'il n'avait pas tenté un coup de poker. De plus, sur le circuit belge, la différence de rythme entre les voitures était si faible qu'il était presque impossible de dépasser et ainsi de progresser dans le classement.
C'est donc en voyant que les pneus durs ne se dégradaient pas et que Russell avait pris deux secondes d'avance sur Max Verstappen avant la deuxième série d'arrêts, que l'idée de ne plus l'arrêter est venue. "Je pense que quand vous [avez une intuition et que vous la] ressentez dans vos tripes, vous devez la suivre", a déclaré le vainqueur déchu du GP de Belgique.
"Mais quand tous les pilotes et toutes les équipes s'arrêtent pour adopter une autre stratégie, et sachant que toutes les données dont nous disposions vendredi suggéraient qu'un arrêt unique était loin d'être possible, vous remettez cela en question plusieurs fois, en vous demandant si vous avez raté quelque chose. Pourquoi personne d'autre ne le fait ? Mais je me suis senti en harmonie avec les pneus et j'ai un peu géré au début, je savais que cela me permettrait de rentabiliser la course à la fin."
Lewis Hamilton aurait aimé retarder ses pitstops.
Photo : Andy Hone / Motorsport Images
Finalement, alors que ses rivaux plongeaient dans la pitlane pour le deuxième et dernier arrêt au stand, Russell s'est retrouvé en tête, et ce jusqu'au drapeau à damier. Pour Hamilton, la course a été un peu moins tranquille. Entre Charles Leclerc, Oscar Piastri et la menace imprévisible qu’était Verstappen, le septuple Champion du monde a eu du pain sur la planche.
Le directeur de Mercedes, Toto Wolff, a expliqué plus tard que, même si Hamilton estimait que ses pneus étaient en bon état à la fin de chaque relais, la décision de le faire rentrer visait à lui permettre de maintenir sa position face à Leclerc et Piastri, qui se rapprochaient de plus en plus.
"En tant que pilote, vous n'avez pas une vue d'ensemble", a expliqué Wolff. "À ce moment-là, personne ne prévoyait de faire qu'un seul arrêt. Nous devions couvrir les voitures derrière, je crois que c'étaient Piastri et Leclerc. Et vous pouvez voir que tous les autres ont logiquement fait un double arrêt."
"Ce n'était tout simplement pas prévu. Donc, ce que nous avons fait avec Lewis était absolument la bonne chose à faire. Mais à la fin, George a fait survivre [ses pneus]. [La longévité des pneus] n'aurait pas pu être anticipée parce que si cela l'avait été, n'importe quelle autre équipe l'aurait fait."
Dans les derniers tours, les deux pilotes Mercedes se sont livré bataille pour la victoire, rejoints rapidement par Piastri. Mercedes a révélé après la course, que si le pilote McLaren s'était montré plus menaçant, l'équipe aurait probablement demandé à Russell de laisser passer son coéquipier.
Interrogé sur un possible échange de positions avec Hamilton, Wolff a répondu : "Si nous avions eu un tour de plus, cela aurait pu être envisagé parce qu'il aurait protégé la P1 et George aurait fini P3. Mais je suis heureux que nous n'ayons pas eu à prendre cette décision."
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