Pourquoi la suspension révisée de Mercedes va subir un vrai test en Autriche
Après des résultats contrastés au Canada et en Italie, la suspension arrière évoluée de la W16 sera soumise à son test le plus difficile en Autriche.
Photo de : James Sutton / Motorsport Images
Mercedes a pour la première fois introduit sa suspension arrière révisée lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne, avant de ne la réemployer qu'au Canada. Cette nouvelle suspension a été conçue pour tenter d'éradiquer la surchauffe de la surface des pneus arrière qui a gêné l'écurie allemande cette année.
Toutefois les débuts ont été très difficiles à Imola et l'écurie a décidé de ne pas utiliser à nouveau cette configuration lors des deux manches suivantes, à Monaco et en Espagne, afin de récolter plus de données comparatives pour déterminer si la nouvelle suspension était en cause. Après avoir fait ce travail, Mercedes a estimé que rien ne le démontrait et le package a donc été réintroduit à Montréal.
Le résultat final de l'épreuve canadienne peut apparaître comme un succès retentissant pour la W16 dotée de la nouvelle suspension, d'autant plus que la piste était parfois proche des 50°C. Toutefois, le circuit de Gilles-Villeneuve est notoirement assez doux pour les pneus, notamment parce qu'il ne compte pas les fameux virages à haute charge aérodynamique qui ont donné du mal à Mercedes.
Toutefois, même s'il est difficile de tirer la conclusion que le travail réalisé sur la suspension arrière a contribué à la victoire de George Russell et au double podium assuré par Kimi Antonelli, Toto Wolff veut y voir un pas dans la bonne direction fait par son écurie.
"Nous avons introduit une nouvelle géométrie arrière pour résoudre le problème spécifique que nous rencontrions, à savoir la surchauffe de la surface arrière", a déclaré le directeur de l'écurie. "Nous n'étions pas tout à fait sûrs des résultats à Imola, car ils étaient moins bons que prévu. Je pense que nous avons pris la bonne décision en la retirant [pour Monaco et Barcelone]."
"Nous l'avons apportée au Canada car nous étions optimistes quant à la direction prise par le développement. Cependant, avec ce type de réglementation, il est toujours difficile de savoir si le développement aboutira ou non. Il est particulièrement difficile d'établir des corrélations, non seulement pour nous, mais également pour de nombreuses autres équipes."
"Je pense que d'autres facteurs entrent également en jeu : le tracé du circuit est différent, l'asphalte est différent. Et il n'existe jamais de solution miracle qui transforme une voiture, disons, capable de monter sur le podium dans le meilleur des cas, en une voiture dominante qui remporte la victoire. Cependant, plus nous disposons de données, plus nous apprenons."
Spielberg, un circuit moins favorable à Mercedes
Armé de la nouvelle suspension arrière, George Russell l'a emporté aisément lors du GP du Canada.
Photo de: Glenn Dunbar / Motorsport Images
L'Autriche devrait être un premier vrai challenge pour juger des progrès faits par Mercedes, si toutefois l'écurie y utilise sa suspension évoluée.
Les températures de l'été européen devraient s'approcher des 30°C au Red Bull Ring, et l'asphalte devrait en conséquence monter au-dessus des 50°C. Des conditions qui ont souvent nui au constructeur allemand ces dernières années en entraînant du graining et donc de la perte d'adhérence.
En effet, quand le graning apparaît, c'est-à-dire lorsque la gomme peluche sur la surface du pneu, surtout à l'arrière, les monoplaces ont tendance à beaucoup glisser, ce qui va encore accentuer le phénomène en contribuant à augmenter l'écart de température entre la surface et la carcasse du pneu.
Tout l'enjeu pour Mercedes sera donc de confirmer que la nouvelle suspension pourra assurer une meilleur homogénéité des températures et donc une meilleure gestion de celles-ci dans la variété de virages que propose le court tracé de Spielberg. En soi, la piste ne comporte pas beaucoup de longs virages rapides, les seuls exemples étant les virages 6 et 7, tous les deux à gauche. Toutefois, le virage 9, plus court mais passé avec beaucoup de vitesse, soumet les pneus de gauche à rude épreuve. Surtout, en course, circuit court oblige, il faudra passer 71 fois dans ces virages.
Cet échantillon devrait permettre de donner une meilleure idée à Mercedes des réels progrès faits sur le front de la gestion des températures.
Avec Jake Boxall-Legge
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