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Pourquoi Michelin ne veut pas revenir en Formule 1

Voilà dix-sept ans que Michelin se tient à l'écart de la Formule 1, et ce n'est manifestement pas près de changer.

Le logo Michelin

Le 14 décembre 2005, Michelin annonçait son départ de la Formule 1 au terme de la campagne suivante. La catégorie reine du sport automobile allait adopter un système de fournisseur unique à partir de 2007, et cette philosophie ne convenait pas à la marque clermontoise, qui jugeait cruciale la concurrence entre deux manufacturiers.

C'est donc seulement Bridgestone qui a fourni ses pneus aux écuries de Formule 1 à partir de 2007, remplacé par Pirelli depuis 2011. Les gommes transalpines ont suivi un nouveau cahier des charges imposant une dégradation rapide inspirée par le chaotique Grand Prix du Canada 2010, phénomène certes un peu atténué ces dernières années. Encore une fois, il s'agit d'une philosophie avec laquelle Michelin est en désaccord ; la marque avait d'ailleurs candidaté à la fourniture des pneus de F1 à partir de 2017 sous la condition qu'ils puissent être plus durables, sans succès.

"La question est : comment profiter de la technologie pour faire un beau spectacle ?" s'interroge Florent Menegaux, PDG de Michelin, dans les colonnes de The Drive. "Et c'est là que la F1 entre en jeu, car nous discutons avec eux depuis très longtemps, et nous ne sommes pas d'accord. Parce qu'ils disent qu'il faut avoir le spectacle, ils disent qu'il faut avoir des pneus qui s'autodétruisent. Et je me dis que nous ne savons pas faire ça. Alors nous ne pouvons pas être d'accord."

"Les écuries devraient comprendre la performance des pneus et profiter du fait que les pneus vont être performants du premier tour de circuit au dernier. Les pilotes vous diront qu'ils veulent être au maximum en permanence. Et quand j'entends les pilotes de Formule 1 – et j'aime la Formule 1 – dire 'Non non, ce n'est pas possible'…"

Heikki Kovalainen, Renault F1 Team

La Renault R26 équipée de pneus Michelin en 2006

Michelin réaffirme la principale raison d'être qu'a le sport automobile à ses yeux : permettre un transfert de technologie vers la route.

"Tout d'abord, nous devons nous rappeler pourquoi Michelin est en sports mécaniques", poursuit Menegaux. "Le premier élément n'est pas le spectacle. Ce n'est pas une question de marque. C'est une question de technologie. Nous sommes en sports mécaniques car c'est la meilleure manière de tester de nouvelles technologies très rapidement, en direct. C'est la première raison. Et bien sûr, il y a des avantages qui viennent avec. L'un d'eux est le spectacle. Un autre est la reconnaissance de la marque. Mais en matière de reconnaissance de marque, Michelin est l'une des marques les plus connues au monde. Nous n'avons pas besoin de ça."

Michelin reste présent dans d'autres compétitions, bien que ce soit Hankook qui équipe les Formule E depuis le début de l'ère Gen3 il y a quelques mois. Le MotoGP est évidemment le programme phare de la marque, qui a rejoint la catégorie reine des motos en 2017 et va continuer de fournir ces pneus jusqu'en 2026. Elle s'illustre également en WEC, où elle approvisionne plus des deux tiers du plateau avec les catégories Hypercar et GTE Am.

"En MotoGP, nous fournissons des pneus tendres, mediums et durs pour tous les types de circuit, pour chaque course. Et chaque type de moto peut triompher en tendres, en mediums ou en durs sans changer de pneus. Cela dépend des réglages de la moto, du type de circuit, et de la manière dont opère le pilote."

"Alors quand nous pouvons influencer la réglementation afin que la performance soit obtenue en utilisant bien moins de matériaux en produisant un très bon spectacle, ça va. En MotoGP, même les écuries qui ne sont pas des top teams peuvent gagner. Et elles vous diront que les pneus que nous fournissons les aident à le faire. Voilà pourquoi nous ne retournons pas en Formule 1", conclut Menegaux.

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