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Pourquoi Oscar Piastri souffre avec les F1 2026

Oscar Piastri traverse une saison 2026 bien plus compliquée qu'attendu. Pour Andrea Stella, le directeur de McLaren, les difficultés de l'Australien s'expliquent avant tout par un style de pilotage devenu moins adapté aux exigences de cette nouvelle génération de monoplaces.

Oscar Piastri, McLaren

Photo de : Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images

Il n'y a pas si longtemps, Lando Norris et Oscar Piastri se disputaient le titre mondial avec, comme principale arme, une MCL39 qui avait largement dominé la saison 2025. Difficile d'imaginer qu'à peine quelques mois plus tard, les deux pilotes McLaren n'occupent plus que les cinquième et septième places du classement, séparés par Max Verstappen, leur principal rival dans la lutte pour le titre l'an dernier.

Le passage à la réglementation 2026 n'a en effet pas été simple pour McLaren. L'écurie de Woking accusait encore récemment un net retard sur les deux références du plateau, Mercedes et Ferrari. Mais l'équipe semble avoir retrouvé des couleurs grâce à un important package d'évolutions, brillamment mis en valeur par la victoire autoritaire de Lando Norris au Grand Prix de Hongrie.

Si la transition vers cette nouvelle génération de monoplaces a d'abord été compliquée pour McLaren, elle l'a également été pour Oscar Piastri. En début de saison, l'Australien semblait encore conserver un léger avantage sur son coéquipier Lando Norris, mais celui-ci s'est progressivement estompé, jusqu'à complètement s'inverser.

Depuis le Grand Prix de Miami, Piastri s'est incliné face à Norris à dix reprises en onze séances de qualifications. En course, si l'on exclut les abandons de Norris à Monaco et au Canada ainsi que celui de Piastri en Hongrie, le Britannique s'est imposé à sept reprises sur les neuf dernières épreuves. Les deux seules exceptions sont l'Autriche et la Belgique, où Norris avait écopé d'une pénalité sur la grille pour un changement de moteur.

À Spa, Oscar Piastri avait expliqué son déficit en qualifications par le fonctionnement des algorithmes de son unité de puissance, estimant que ceux-ci influençaient fortement le déploiement de l'énergie.

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Mais en Hongrie, Piastri a de nouveau été dominé par Norris, aussi bien en qualifications qu'en rythme de course, sur un circuit où la gestion de l'énergie joue pourtant un rôle bien moins important et où les effets des algorithmes "auto-apprenants" sont beaucoup plus limités.

Pour le directeur de McLaren, Andrea Stella, l'explication est donc plus globale. L'Italien met surtout en avant le style de pilotage de son pilote, qu'il juge moins adapté aux exigences des F1 2026.

"Je pense que les pilotes disent tous que cette nouvelle génération de voitures exige un certain style de pilotage", a expliqué Stella à Sky Deutschland pendant le Grand Prix de Belgique. "En gros, si on essaie de piloter de manière trop propre, le chrono ne vient pas. Il faut attaquer la voiture, accepter qu'elle glisse et être extrêmement actif au volant. Et c'est un style de pilotage qui vient plus naturellement pour Lando que pour Oscar."

Oscar Piastri (McLaren)

Oscar Piastri (McLaren)

Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images

"La voiture de cette année exige que les pilotes attaquent en permanence", ajoutait Stella. "En réalité, si on essaie de rendre les commandes plus douces, de piloter proprement, de faire tourner la voiture principalement avec le train avant - ce qui paraît pourtant être la bonne approche - ou de rechercher un compromis classique entre une légère glisse en entrée pour privilégier la sortie, cela ne fonctionne tout simplement pas en termes de performance."

Andrea Stella a notamment comparé les difficultés actuelles d'Oscar Piastri à celles qu'il avait connues en fin de saison 2025. L'Australien avait alors enchaîné les contre-performances sur les circuits à faible adhérence, entre les Grands Prix des États-Unis et de São Paulo, permettant à Lando Norris de reprendre les commandes du championnat.

"C'est d'ailleurs très similaire à ce que nous avions observé l'an dernier dans les conditions de faible adhérence", a ajouté le patron italien. "Vous vous souvenez peut-être que nous en avions beaucoup parlé. Ce sont des conditions qui viennent très naturellement pour Lando, alors qu'elles le sont un peu moins pour Oscar."

Après les qualifications du Grand Prix de Belgique, qu'il avait conclues à une décevante septième place sur un circuit qui lui réussit pourtant habituellement très bien, Oscar Piastri s'était confié sur les difficultés qu'il rencontrait au volant de sa McLaren.

"La voiture était simplement très difficile à piloter", expliquait-il. "Si l'on arrive à la maintenir constamment à la limite, alors le chrono est là. Mais la garder à cette limite est vraiment très compliqué."

Oscar Piastri (McLaren)

Oscar Piastri (McLaren)

Photo de: Steven Tee / LAT Images via Getty Images

Interrogé sur ce qui lui échappait précisément lorsqu'il atteignait cette limite, l'Australien avait répondu : "Un peu tout, en réalité. Cela dépend de l'endroit où l'on place la voiture, de la direction du vent, du type de virage... Il n'y a pas un problème clairement identifié. Quand on rencontre des difficultés un peu partout, c'est probablement simplement la limite actuelle de la voiture."

"Pour aller plus vite, il nous faudrait surtout davantage d'appui. L'arrière de la voiture est clairement un défi depuis quelques week-ends, en particulier. Aujourd'hui, il y avait beaucoup de vent, comme à Silverstone. Je ne sais pas si cela a accentué les difficultés, mais ce n'est clairement pas une voiture facile à piloter."

"Oscar est donc en train de faire évoluer son pilotage", a conclu Stella, qui s'attend à ce que son pilote revienne à son meilleur niveau, non sans l'aide de son équipe. "Il comprend progressivement qu'il doit accepter que ses gestes au volant ne soient pas parfaitement fluides. Si on ne force pas un peu en entrée de virage, le chrono ne vient pas."

Propos recueillis par Ronald Vording

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