Pourquoi David Sanchez n'est resté que 3 mois chez McLaren F1
Trois mois après son arrivée, le Français David Sanchez a quitté McLaren, l'écurie reconnaissant que l'ingénieur avait trop d'ancienneté et était trop qualifié pour le poste qui lui avait été confié.
Ancien responsable du concept du véhicule chez Ferrari, David Sanchez a été recruté par McLaren en mars 2023. Après sa période de préavis, il a pris ses fonctions en janvier dernier dans une écurie pour laquelle il avait déjà travaillé par la passé, entre 2007 et 2012.
Sanchez devait être l'un des trois piliers de la direction technique de l'écurie de Woking, avec comme responsabilité le concept et la performance de la voiture, alors que Rob Marshall, en provenance de Red Bull, était lui placé à l'ingénierie et au design, laissant Peter Prodromou à l'aérodynamique.
Toutefois, la semaine passée, il a été annoncé que Sanchez et McLaren avaient décidé de mettre un terme à leur collaboration, seulement trois mois après ses débuts. L'équipe en a profité pour annoncer une nouvelle restructuration, les tâches confiées à Sanchez étant provisoirement destinées au team principal Andrea Stella dans l'attente d'un remplacement ; dans le même temps, Marshall et Neil Houdley ont échangé leur poste, le premier étant donc désormais designer en chef.
Selon les informations de Motorsport.com, une fois que McLaren a finalisé son organisation cet hiver, Sanchez a réalisé que son rôle n'était pas celui envisagé quand il a donné son accord pour un recrutement un an auparavant. Le malaise autour de cette situation, notamment en raison de son niveau d'ancienneté et de compétence, a conduit à des discussions avec Stella et à la conclusion "amiable" rendue publique il y a quelques jours.
"Nous sommes tous d'accord pour dire que le modèle [de l'organisation] lui-même est tout à fait valable, nous sommes très heureux d'avoir trois directions : l'aérodynamique, l'ingénierie et la performance. Cela fonctionne très bien", a expliqué Stella.
"Mais lorsqu'il s'agit de trouver la configuration technique, il faut aussi s'assurer qu'elle joue sur les points forts des acteurs. Nous avons eu des discussions avec David à ce sujet et nous avons réalisé et reconnu que son niveau d'ancienneté, d'expertise et de compétence est potentiellement encore plus élevé que le rôle qu'il jouait chez McLaren."
David Sanchez n'a pas pu asseoir sa présence chez McLaren.
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images
McLaren a donc permis à son ingénieur de partir sans délais afin de chercher des opportunités ailleurs. Dans ce cas, il apparaît que tout préavis sera d'une durée réduite afin de ne pas l'entraver dans cette démarche.
Questionné sur le fait d'avoir libéré Sanchez aussi vite au lieu d'attendre de voir comment la situation pouvait évoluer, Stella a répondu : "Trois mois dans un secteur normal, ce n'est pas très long, mais en Formule 1, c'est très long. Attendre trois mois de plus peut entraîner un déphasage avec une partie du travail pour la voiture de l'année prochaine ou le travail que vous devez déjà faire sur la monoplace de 2026."
"Et c'est valable pour David aussi, pour lui donner une vraie chance, ailleurs, de décrocher un rôle plus important ; trois mois peuvent faire la différence. Nous avons donc pensé que c'était le bon moment et nous avons conclu à l'amiable que c'était la bonne chose à faire. Et je lui souhaite vraiment le meilleur pour ses projets futurs."
Stella d'insister sur l'idée que l'organisation technique de son équipe est constamment évaluée, notamment au moment d'intégrer de nouvelles recrues, un recrutement qui va d'ailleurs au-delà de celui de figures comme Sanchez ou Marshall. "La nouvelle concernant David fait partie de l'actualité. La principale information qui concerne McLaren est que nous disposons d'une structure technique actualisée et évoluée, qui, je pense, place McLaren dans une position encore plus solide qu'auparavant."
"Les nouvelles recrues n'incluent pas seulement quelques cadres supérieurs, mais nous avons en fait ajouté de nombreuses personnes dans le département technique de McLaren, ce que nous appelons en interne la 'puissance additionnelle'. Ce que nous avons fait au cours de ces trois premiers mois, c'est trouver la bonne synthèse entre le processus technique que nous avons entamé l'année dernière et cette puissance additionnelle."
Avec Filip Cleeren
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