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Quand Hamilton quittait McLaren pour tenter le pari Mercedes

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Quand Hamilton quittait McLaren pour tenter le pari Mercedes
Par :
28 sept. 2016 à 18:30

Il y a quatre ans jour pour jour, Lewis Hamilton était annoncé chez Mercedes, après avoir passé six saisons au volant de McLaren en F1. Retour sur cette annonce qui a secoué le monde de la Formule 1.

Lewis Hamilton, McLaren Mercedes
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Lewis Hamilton, McLaren
Sergio Pérez, McLaren Mercedes et Lewis Hamilton, Mercedes Grand Prix
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W05 devant Jenson Button, McLaren MP4-29
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06 devant Jenson Button, McLaren MP4-30

Comme trop souvent cette saison là, le Grand Prix qui avait précédé ce 28 septembre, à Singapour, avait été marqué par un nouveau problème indépendant de la volonté du Britannique puisqu’une défaillance de sa boîte de vitesses l’avait contraint à l’abandon alors qu’il était en tête, mettant un coup très sévère à ses chances d’être titré. Et frustrant un peu plus un pilote dont l'avenir était incertain.

Car deux semaines auparavant, avant un Grand Prix d’Italie où Hamilton avait signé la pole et la victoire, se relançant dans la course au titre après le carambolage du départ à Spa, Eddie Jordan, pour la BBC, avait mis le feu aux poudres de la silly season en affirmant, de manière assez inattendue, que "Hamilton et Mercedes se sont déjà entendus sur les termes d’un accord".

La rumeur Mercedes était née. Les deux semaines entre Monza et Marina Bay lui avaient permis de prendre une ampleur insoupçonnée. Et les images du pilote quittant sa monoplace, tête et épaules basses au moment de constater les dégâts et de suivre les commissaires qui poussent sa MP4-27, donnaient un drôle de sentiment.

"Je dois juste espérer que c’est la fin de notre malchance cette année", avait-il déclaré face à la presse, quelque peu désabusé. "Nous avons eu tellement de malchance avec des crashs, des abandons, donc espérons que nous aurons des courses positives à partir de maintenant."

Quoi qu’il en soit, le clan McLaren dans son ensemble avait refusé de répondre aux questions insistantes de la presse. Mais beaucoup d’observateurs et d’acteurs abondaient dans le sens d’un départ, et notamment Bernie Ecclestone, en sous-entendant que Michael Schumacher allait quitter Mercedes.

La légende - et les déclarations de Niki Lauda - veut pourtant que c’est après la course dans les rues de Singapour que tout s’est joué. L’Autrichien racontera ainsi, début octobre 2012, sur BBC Radio Five : "Il avait un plan clair et je n’ai pas eu à le convaincre. J’ai été impressionné par son approche des choses, très pragmatique, sans aucune émotion. La vraie question était : 'pourquoi quitterais-je une voiture compétitive où ma vie sera plus simple dans le futur ?'"

"Mon argument était : 'Si tu cherches un nouveau défi, alors, franchement, Mercedes est l’équipe idéale'. Réfléchis, si Schumacher n’a pas pu amener l’équipe aux avant-postes durant trois ans et que tu fais mieux l’année suivante, cela aura un impact énorme sur ta personnalité et les gens te considéreront encore plus. Au final, ça l’a convaincu que c’était le challenge qu’il voulait."

Sont-ce réellement ces arguments qui ont fait mouche dans l’esprit de celui qui n’avait qu’un seul titre mondial à son actif ? En tout cas, dans un frémissement comme le paddock en a rarement connu ces dernières années, le 28 septembre 2012, tout s'était accéléré et dénoué.

Annonces en cascade

Et étonnamment, c’est… Sauber qui avait allumé la mèche, à 10h00 pétantes, en annonçant le départ de Sergio Pérez pour McLaren. La confirmation de cette arrivée intervenait peu de temps après du côté de Woking et la suite logique était alors connue : Mercedes officialisait la venue de Lewis Hamilton aux côtés de Nico Rosberg, confirmant implicitement que Michael Schumacher n’effectuerait pas une quatrième saison sous la bannière du constructeur allemand.

La marque à l’Étoile, alors dirigée par Ross Brawn, réalisait un gros coup mais la décision du pilote britannique, bien qu’attendue, paraissait étonnante. Après six saisons de F1 avec McLaren et un titre en 2008, après 14 années dans le giron de la marque britannique, après une nouvelle saison à lutter, au moins un temps, pour le titre, Hamilton coupait le cordon pour rejoindre une marque certes prestigieuse mais qui n'était pas parvenue à produire une voiture capable de mieux qu’une seule victoire en trois saisons.

"Il est temps pour moi d’aborder un nouveau challenge et je suis très excité de commencer un nouveau chapitre de ma carrière avec Mercedes", déclarait Hamilton. "Mercedes-Benz a un héritage incroyable dans le sport automobile ainsi qu’une volonté de gagner que je partage. Ensemble, nous pouvons grandir et relever ce nouveau challenge. Je pense que je peux aider à faire grimper les Flèches d’Argent au sommet et réaliser notre ambition commune de gagner les Championnats du monde."

Cette ambition commune, mirage lointain à l'époque, était déjà en gestation avec la préparation de la révolution technologique de 2014. Pendant que Red Bull, Renault, Ferrari, Lotus s'escrimaient à construire les succès de la fin de l'ère du V8, Mercedes était déjà de plain-pied dans celle du V6 turbo hybride. 

Hamilton avait-il eu des garanties autres que celle de piloter pour un grand constructeur historique et un salaire confortable pour s'engager ou savait-il que l'Étoile se préparait à briller ? Cela appartient à l'histoire. Mais ce choix, curieux à l'époque, apparaît forcément aujourd'hui comme le plus judicieux possible même s'il n'était pas aisé.

Quatre ans, deux titres, 28 victoires et une nouvelle lutte pour la couronne mondiale plus tard, Hamilton et Mercedes ont écrit une des pages les plus brillantes de l'histoire de la discipline reine, alors que McLaren s'est embourbé dans des difficultés techniques en 2013 et 2014 puis un partenariat ambitieux au démarrage difficile avec Honda à partir de 2015.

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Auteur Fabien Gaillard