James Allen

Que retenir du Grand Prix d'Abu Dhabi ?

La saison 2017 du Championnat du monde de Formule 1 est terminée, et nos regards se tournent vers 2018, où la F1 voudra prendre un nouveau départ.

Il se passe énormément de choses en F1 en ce moment, et nous analyserons en profondeur tous les aspects des directions empruntées par la discipline et par les écuries lors de l'intersaison à venir, mais voici trois éléments qui nous sautent à l'esprit alors que nous quittons Abu Dhabi.

Bottas impressionne, Hamilton pas à son meilleur niveau

J'ai demandé à Lewis Hamilton après la course s'il se disait "Bravo Valtteri, profites-en, mais à Melbourne, les choses sérieuses reprennent pour moi". Il a reconnu en conférence de presse qu'il s'était légèrement déconcentré en célébrant son quatrième titre.

Ce qui est intéressant, c'est qu'il s'est montré très clair sur le fait qu'il ne voulait pas que la situation de 2015 se répète : Hamilton avait laissé Nico Rosberg se ressaisir lors des dernières courses de la saison, alors qu'il avait déjà assuré le titre, et l'Allemand a continué sur cette lancée en 2016.

Bottas a rarement concurrencé Hamilton comme Rosberg l'a fait en 2016, mais ce n'était que sa première saison avec l'équipe. De façon générale, Bottas peine à trouver la constance depuis le début de sa carrière en F1. C'est grâce à sa constance que Rosberg a remporté le titre l'an dernier, tout comme Hamilton cette année, et si Bottas veut atteindre le niveau supérieur la saison prochaine, il devra se montrer parfait toutes les semaines.

Je serai fasciné de voir s'il a ce niveau supérieur en lui. De même avec cette écurie Ferrari : elle a élevé son niveau de jeu par rapport à 2016 mieux que quiconque, mais peut-elle trouver l'inspiration pour le faire de nouveau en 2018 ? Cela montre en tout cas que si l'on n'est pas à son meilleur niveau, même avec un pilote du niveau de Hamilton, on perd.

Valtteri Bottas, Mercedes AMG F1 W08, Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W08

La F1 doit être plus disputée à l'avant

Le réalisateur TV s'est grandement focalisé sur les batailles en milieu de tableau à Abu Dhabi, et on peut le comprendre, car il y a eu beaucoup de luttes roue contre roue, par exemple entre Felipe Massa et Fernando Alonso, entre Romain Grosjean et Lance Stroll ou entre Kevin Magnussen et Pascal Wehrlein.

Cela montre que la F1 peut produire de bonnes courses, même sur un circuit comme Yas Marina où les dépassements sont difficiles, mais le problème, c'est que les écarts à l'avant demeurent trop grands, et c'est un gouffre qui sépare les trois top teams du reste du peloton.

Le classement général le reflète. Il y a 181 points entre Red Bull, troisième, et Force India, quatrième – Red Bull a quasiment le double de points. C'est là-dessus que Liberty Media va se focaliser, avec le soutien de la FIA.

Ce ne sera pas facile à accomplir, mais c'est essentiel pour l'avenir de la F1 à long terme, car nous devons arriver à la situation où une équipe comme Force India peut aspirer à remporter une course, tout comme une équipe de fond de tableau en Ligue 1 peut s'imposer face au Paris SG ou à Monaco.

Le nouveau logo de la Formule 1 est présenté sur le podium

La F1 aborde un moment délicat

Sean Bratches, directeur commercial de la F1, et Ellie Norman, directeur du marketing, ont révélé le nouveau logo de la F1 lors d'une conférence de presse avant le départ du Grand Prix d'Abu Dhabi, et il a été dévoilé au monde entier sur le podium. L'intention est clairement d'entrer dans une nouvelle ère par rapport à l'ancien régime, du moins visuellement.

Officiellement, la raison du changement est que l'ancien logo ne fonctionne pas dans les contenus numériques et à l'écran à cause de l'espace négatif entre le F et le 1.

Bien sûr, il s'agit d'un rappel très visuel que la F1 change de culture par rapport au régime de Bernie Ecclestone, et cela doit se prolonger bien au-delà des logos, vers la prise de décisions et la qualité de ces décisions.

Liberty a connu une année chargée, avec beaucoup de petits changements et seulement quelques grosses modifications, mais malgré l'ambiance plus détendue et joyeuse dans le paddock de la F1, les écuries sont inquiètes. Les primes de fin d'année sont réduites par les investissements consentis par Liberty dans le personnel, les infrastructures et les événements comme F1 Live, ce qui agace les teams.

Les équipes pensent que leur part du gâteau, qui découle directement des bénéfices nets, ne devrait pas être affectée par ces éléments. De plus, les projets de nouveaux moteurs à partir de 2021 ont reçu un accueil relativement froid de Ferrari et Mercedes en particulier. Un bras de fer s'annonce, et il sera crucial de présenter avec apaisement les changements qui font hérisser les poils des dirigeants de Ferrari.

Jacques Villeneuve et Tony George

Si je lis dans les feuilles de thé, je peux imaginer des circonstances dans lesquelles Sergio Marchionne déciderait que Ferrari quitte la F1. Si cela arrive, ce sera comme ce qui s'est passé sur la scène américaine de la monoplace lorsque Tony George a privé le Champ Car des 500 Miles d'Indianapolis : les deux parties y ont perdu.

Le championnat et la course elle-même ne se sont jamais remis de cette débâcle. Cette dernière fait désormais partie de l'Histoire du sport automobile mondial, puisqu'auparavant, ils avaient un championnat réputé avec Mansell, Andretti, Fittipaldi, Unser, Villeneuve et le reste en bataille à un niveau élevé, avec des courses très serrées.

La F1 survivrait sans les voitures rouges, mais serait diminuée. L'avenir nous dira ce que serait l'effet sur Ferrari, mais ils semblent emprunter la direction de Porsche avec un volume plus élevé et une gamme de modèles plus large, donc ils compteraient sûrement sur leur capacité à rester attractifs sans la F1 vis-à-vis de la clientèle.

Le départ
Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Événement GP d'Abu Dhabi
Circuit Yas Marina Circuit
Type d'article Commentaire
Topic James Allen