Racing Bulls : Acheter des pièces à Red Bull n'a rien de "magique"
Laurent Mekies, le directeur de l'écurie Racing Bulls, est revenu sur le débat à propos de l'achat par certaines écuries de pièces à d'autres constructeurs.
Photo de: Red Bull Content Pool
Alors que le modèle consistant à acheter le plus possible de pièces fabriquées par un autre constructeur est souvent l'objet de critiques, en dépit du fait que le règlement de la F1 le prévoit expressément, Racing Bulls estime que l'application de celui-ci n'a rien de "magique" et ne permet pas de faire des bonds spectaculaires dans la hiérarchie.
Cette année, la structure basée à Faenza partagera avec Red Bull Racing, l'écurie principale de son propriétaire, le moteur Honda, la boîte de vitesses ainsi que les suspensions avant et arrière, dans le cadre de la synergie plus poussée entre les deux équipes décidée courant 2023 par la marque de boissons énergisantes.
Cette décision avait provoqué un vif débat à l'intersaison 2023-2024, certains concurrents s'inquiétant ouvertement des dérives du système dans le cadre d'une relation entre deux équipes détenues par une même entreprise et dans le cadre du plafond budgétaire en place depuis 2021. Le débat sur l'achat de pièces à un constructeur n'est en lui-même pas nouveau, puisque Haas - via sa relation avec Ferrari - en a parfois été l'épicentre depuis son arrivée en F1 en 2016. Toutefois le cas de Racing Bulls semblait appuyer sur des problématiques légèrement différentes.
Face à la crainte de voir un bond soudain dans la hiérarchie de la part d'équipes achetant le maximum de pièces possible à un autre constructeur, l'idée d'obliger les écuries à construire leurs propres pièces si jamais elles terminaient dans le top 5 chez les constructeurs a été évoquée, même si la discussion n'a débouché sur rien.
Et pour Laurent Mekies, le directeur de Racing Bulls, s'il y a un net intérêt pour son écurie à se tourner vers des pièces fabriquées par Red Bull, ne serait-ce qu'en termes de compétitivité et de répartition des ressources, les résultats modestes de la saison 2024 montrent que l'avantage à en tirer n'est pas aussi important que ce que d'aucuns ont pu craindre.
"Il y a eu un certain emballement au début de l'année dernière où les gens ont, je suppose, pensé qu'il pouvait y avoir quelque chose de magique dans le fait d'acheter à quelqu'un d'autre une boîte de vitesses et une suspension", a déclaré le Français à Motorsport.com.
Yuki Tsunoda et Laurent Mekies
Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images
"Mais ces règles ne sont pas nouvelles. Elles existent depuis 15 ans, et on n'a jamais vu des gens qui achetaient ces éléments à quelqu'un d'autre se battre soudainement pour le titre, ou pour les trois ou quatre premières places, ça n'est jamais arrivé. C'est la réalité des choses."
"Le lobbying fait partie de la F1, mais je pense que la réalité de la grille est que, probablement plus que jamais, vous avez les quatre meilleures équipes et le reste du monde. Et je pense qu'en tant que discipline sportive, les pièces partageables sont là pour ça, pour éviter d'avoir une division 1 et une division 2, et pour que nous puissions avoir 20 voitures formant un peloton compétitif et serré. Et je pense que de ce point de vue, rien n'a changé."
"Vous attendez-vous à ce que la réglementation 2026 produise quelque chose d'autre ? Non, il se peut que la grille soit plus dispersée au début de l'année 2026, car c'est ce qui se passe avec les nouvelles réglementations. Par conséquent, tout ce qui peut éviter que cet éparpillement soit trop important est bon à prendre."
Mekies a ajouté qu'il n'était pas logique pour les petites équipes de tout produire en interne puisque le championnat met l'accent sur l'efficacité et la durabilité dans le cadre de son plafond budgétaire. "Est-ce que les fans se soucient de savoir si vous disposez ou non de votre propre boîte de vitesses ?", a-t-il alors lancé.
"Mais on peut pousser la réflexion un peu plus loin. Est-il normal de dépenser autant d'argent pour le développement d'une boîte de vitesses ? Pour quoi faire ? Je pense donc qu'il s'agit d'une décision sensée prise à un moment où nous essayons de maîtriser les coûts et de réduire l'éparpillement du peloton."
"Et je crois que cela y contribue et que cela permet à un modèle commercial comme le nôtre ou celui de Haas d'exister sans avoir besoin de recruter X personnes supplémentaires. Nous sommes plus de 600 dans une équipe de milieu de peloton. Je pense que c'est suffisant pour faire rouler deux voitures !"
Avec Filip Cleeren
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