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C'était un 29 mai : le pari perdu de Räikkönen et McLaren

Le 29 mai 2005, Kimi Räikkönen perd le Grand Prix d'Europe dans le dernier tour après la rupture à haute vitesse d'une suspension de sa McLaren MP4-20.

C'était un 29 mai : le pari perdu de Räikkönen et McLaren

Plusieurs retours marquent le Grand Prix d'Europe 2005 couru sur le Nürburgring. Côté écuries, d'abord, puisque BAR revient sur la grille après sa suspension de deux épreuves, faisant suite à sa disqualification du GP de Saint-Marin. Suite à l'inspection d'après course, il fut reproché à la structure de faire courir ses monoplaces, en course, sous le poids minimum de 605 kg. L'écurie avait alors tenté de faire valoir son interprétation des règles en expliquant qu'avec le poids minimum de carburant qu'il fallait embarquer pour permettre le fonctionnement du moteur Honda, à savoir 6 kg, la voiture roulait bien au-dessus de la limite. Sans succès, donc. BAR évita malgré tout la suspension pour l'intégralité de la saison quand la FIA, dirigée par un Max Mosley qui trouvait la sanction initiale très faible, ne parvint pas à prouver l'intention délibérée de tricher.

L'autre retour est celui de la séance de qualification unique, mais toujours disputée en un seul tour par pilote. En effet, la F1 expérimentait beaucoup à l'époque et avait instauré pour 2005 un système de double séance de qualifications en un tour (une le samedi avec peu d'essence et une autre le dimanche matin avec l'essence et les réglages pour la course), avec addition des deux temps pour constituer la grille. Ce format n'apportait absolument rien au spectacle et il fut alors décidé de le simplifier : désormais une seule séance est organisée avec des voitures réglées pour la course (ainsi que le carburant pour le départ) et les pilotes s'élancent un par un dans l'ordre inverse du classement du GP précédent. À ce petit jeu, Nick Heidfeld est le plus fort puisqu'il signe, pour Williams, sa seule pole en carrière devant Kimi Räikkönen (McLaren) et Mark Webber sur l'autre FW27.

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Au départ, Räikkönen surprend Heidfeld pour prendre les commandes. Derrière, Juan Pablo Montoya parvient à faire de même sur Webber. Cependant l'Australien se manque au freinage du premier virage et percute l'arrière de la McLaren du Colombien avant d'abandonner. Montoya peut continuer mais sa course est gâchée, tout comme celle de Ralf Schumacher pris par le ralentissement dû à l'incident et dont l'aileron avant a été brisé. Pendant que les Ferrari, en grande difficulté en ce début de saison 2005 après les années fastes des titres mondiaux, se battent pour tenter d'intégrer le top 8 en début d'épreuve, Räikkönen maintient un écart stable face à un Heidfeld pourtant sur une stratégie agressive à trois arrêts.

Après le premier passage par les stands, deux secondes séparent les deux hommes en tête. Ils sont suivis par Fernando Alonso, le leader du championnat pour le compte de Renault, qui a adopté une stratégie le faisant démarrer avec beaucoup d'essence. Au 30e tour cependant, Räikkönen commet sa première erreur préjudiciable : il se manque à la chicane Ford et doit tirer tout droit dans l'herbe et le gravier. Il parvient à maîtriser sa monoplace et à revenir en piste mais Heidfeld le dépasse. Cela sera de courte durée puisque l'Allemand doit s'arrêter au tour suivant. Toutefois, le pilote McLaren a perdu quatre secondes d'avance sur Alonso et a surtout abîmé un déflecteur dans l'excursion.

L'erreur de trop

Kimi Raikkonen, McLaren MP4-20

Quelques tours plus tard, survient la seconde erreur, qui s'avérera fatale. En tentant de prendre un tour à un Jacques Villeneuve (Sauber) récalcitrant, Räikkönen manque un freinage et fait un plat sur son pneu avant droit. Or, sous la réglementation 2005, les pneus doivent disputer l'intégralité de la course et le Finlandais ne peut donc pas en changer sous peine d'être pénalisé. Son rythme lui permet malgré tout de consolider un avantage d'une quinzaine de secondes sur Alonso au moment d'effectuer son dernier ravitaillement, au 43e tour. L'Espagnol passe alors à l'attaque pour tenter de réduire l'écart en vue de son propre arrêt. Il signe le meilleur tour au 44e passage mais réduit tout ce travail à néant en perdant autour de sept secondes après un blocage et une sortie de piste à l'épingle Dunlop.

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Quand Alonso s'arrête à la fin du 47e tour, il ressort nettement derrière Räikkönen. Mais chez McLaren, les choses prennent une mauvaise tournure : le pneu avant droit est très nettement endommagé et les vibrations causées par le plat à chaque rotation empirent, ce qui n'augure rien de bon. D'un écart de plus de sept secondes à huit tours du but, Alonso revient à moins de trois secondes à deux boucles du drapeau à damier. McLaren et Räikkönen prennent le pari de tenter de rallier l'arrivée pour l'emporter plutôt que de s'arrêter pour jouer la sécurité. Au moment de franchir la ligne de chronométrage pour lancer le dernier tour, l'écart entre le Finlandais et l'Espagnol est de 1,5 seconde, tout semble possible.

C'est alors que l'accident tant redouté survient : au moment d'appuyer sur les freins pour aborder le premier virage, la suspension avant droite fragilisée de la MP4-20 cède violemment, envoyant la monoplace en tête-à-queue à haute vitesse. Après être passée très près de la BAR de Jenson Button qui se trouvait à la corde du virage, elle finira sa course dans le bac à gravier, en touchant très légèrement le mur de pneus et sans que la roue ne se soit détachée grâce au câble de rétention. Le pari de Räikkönen, indemne, est perdu et la victoire est offerte sur un plateau à Alonso qui conforte largement sa première place au championnat. Après sept GP, le pilote Renault dispose de 59 unités contre 27 pour ses poursuivants les plus proches, Jarno Trulli (Toyota) et... Räikkönen. Le podium de l'épreuve est complété par Heidfeld et Rubens Barrichello (Ferrari).

Fernando Alonso, Renault R25, s'impose après le crash de Kimi Raikkonen, McLaren Mercedes MP4-20, dans le dernier tour

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