Comment Renault F1 se remet aux standards d'un top team

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Comment Renault F1 se remet aux standards d'un top team
Par : Basile Davoine
22 févr. 2018 à 07:54

Avoir l'objectif de retrouver les sommets est une chose, s'en donner les moyens en est une autre : c'est la phase que traverse actuellement Renault en F1 en modernisant ses installations, qu'elles soient britanniques ou françaises.

Il y a deux ans et demi, Renault faisait l'acquisition de Lotus et de ses installations d'Enstone pour relancer son écurie d'usine en Formule 1. Tout a été dit, ou presque, sur le manque de développement des installations qui avaient déjà appartenu une première fois au constructeur français, faute d'investissement durant l'ère Genii Capital. En reprenant les commandes, le Losange a d'abord constaté l'ampleur du travail de rénovation et de restructuration à mener, puis s'y est attaqué.

Deux ans plus tard, à l'aube d'une troisième saison pour le programme tel que relancé sous sa forme actuelle, Enstone est clairement entré dans une nouvelle ère : plus moderne et clairement plus adaptée à ce dont a besoin une écurie F1 pour viser le succès aujourd'hui. Le chantier n'est pas terminé, mais le gros-œuvre est réalisé, ce qui doit permettre à Renault de tenir ses objectifs dans les années à venir, à savoir jouer le titre d'ici la fin de la décennie.

"Il faut moderniser Enstone pour aller de l’avant", martèle le directeur général de Renault Sport Racing, Cyril Abiteboul. "Parmi les nombreux projets, nous avons acquis de nouvelles machines-outils, le département composite a beaucoup évolué, des cabines de peinture ont été mises en place, des outils dédiés à la CFD ont été mis en service et nous avons créé de nouvelles surfaces pour accueillir nos effectifs en pleine croissance. L’an dernier, nous avons recruté plus de cent personnes, dont des acteurs très respectés de notre sport. D’autres nous rejoindront dans les mois à venir."

Le muret des stands Renault Sport F1 Team

Dans une discipline où tout va très vite sur la piste comme en dehors, Renault ne doit pas se tromper. Ce travail titanesque en coulisses doit porter ses fruits de manière différée, comme l'a très bien compris Nico Hülkenberg. Peu importe la face visible de l'iceberg, celle des résultats en piste à l'instant T. Pourtant, les évolutions en interne sont elles aussi visibles, comme le précise un peu plus Bob Bell.

"Les lieux ont beaucoup changé avec de nouveaux espaces en construction", explique le directeur de la technologie de Renault Sport F1. "Les méthodes de travail ont beaucoup évolué, mais nous avons conservé l’esprit d’Enstone : son désir de réussir et son refus de l’abandon et de la défaite. Physiquement, les installations ont beaucoup changé avec de nouveaux employés et de nouvelles fonctions dans nos bâtiments. Tout cela s’est intégré grâce à une très bonne approche et un excellent esprit d’équipe." 

"De nombreux domaines bénéficient d’une capacité accrue. Nous disposons d’un nouveau supercalculateur CFD à la pointe de la technologie. Notre soufflerie a également reçu une mise à jour importante l’an passé. Le nouveau banc de boîte de vitesses sera opérationnel avant le début de la saison. Ces trois éléments nous offrent un énorme potentiel. Toute l’organisation est en croissance avec davantage de talents pour accélérer notre rythme de développement. Depuis le rachat par Renault, Enstone a énormément progressé et suit parfaitement la trajectoire définie s’étalant sur plusieurs années." 

Les exercices d'échauffement des mécaniciens Renault Sport F1 Team

Nick Chester, directeur technique en charge du châssis, ne peut que confirmer ces dires. Lui qui a connu la période Lotus à Enstone ne cache pas que le lieu est aujourd'hui "très différent de celui de 2016". Le Britannique ajoute dans son constat que la modernisation entraîne avec elle un état d'esprit bien meilleur. "Même des détails comme la nouvelle cantine comptent !", s'amuse-t-il. "L’ambiance est bonne, les recrues se sont bien intégrées et l’esprit y est plus ouvert que jamais."

Enstone et Viry : loin des yeux, pas du cœur

L'autre défi pour Renault F1 dans son organisation actuelle consiste en la bonne coordination d'activités réparties en deux lieux, géographiquement éloignés puisque dans deux pays différents. Si la partie châssis se trouve à Enstone, la partie moteur est historiquement implantée en région parisienne, à Viry-Châtillon. Liée à l'équipe d'usine, elle l'est aussi aux équipes clientes que sont Red Bull Racing et McLaren en utilisant l'unité de puissance française. 

Cyril Abiteboul en a conscience, Renault doit fonctionner avec "deux sites aux fonctions et aux histoires distinctes". Pour y parvenir, il est déterminant de cimenter les relations entre Enstone et Viry, ce que Bob Bell pense être sur la bonne voie.

"C’est une relation de longue date puisque nous avons déjà été ensemble il y a longtemps", estime le Britannique. "Elle se développe toujours et de plus en plus de sujets sont étudiés de concert. Nous ne faisons pas qu’installer le moteur dans la monoplace, nous parlons aussi de techniques d’ingénieurs, de méthodologies et de gestion de la chaîne d’approvisionnement entre les deux sites. Nous travaillons aussi beaucoup plus étroitement avec Viry pour anticiper les besoins et nous mettre d’accord sur les principaux éléments de nos futures voitures."

Une Renault Sport F1 Team RS17 dans le garage

Dans le même temps, bien que ne partant pas d'aussi loin que celles d'Enstone, les installations de Renault à Viry ont encore un potentiel de progression significatif pour faire avancer encore un peu plus le projet F1 du constructeur français dans son ensemble.

"Viry dispose d’un plan à long terme", assure Rémi Taffin, directeur technique en charge du moteur. "Nous assisterons bientôt à des changements plus importants. Viry dans un premier temps s’est concentré sur les détails et des améliorations spécifiques. Cela étant, Viry est constitué de trois bâtiments qui ont respectivement vingt, trente et quarante ans. Nous devons donc nous assurer d’en faire un lieu de travail performant et agréable pour nos employés."

"Nous procédons à des mises à niveau et un nouveau bâtiment verra le jour en 2019 pour que nous soyons à la hauteur des enjeux et aux standards de la Formule 1. Nous voulons entrer dans une nouvelle ère et nous aspirons à voir nos usines être conformes aux dernières normes. Comme tout sport, la F1 continuera d’évoluer et nous devons faire pareil."

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Auteur Basile Davoine
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