Vasseur - Quitter Hülkenberg, "le point le plus dur de ma décision"

Quelques jours après l’annonce de son départ de l’écurie Renault, Frédéric Vasseur s'est exprimé sur l'avenir du projet, et notamment au sujet de Nico Hülkenberg.

Le Français, qui n’est plus le directeur de Renault Sport F1 Team, était l’invité de l’émission 19h30 Sport, sur Canal+ Sport.

Au cours d’une interview en direct, en plateau, il est revenu sur les raisons de la séparation avec la marque française, et notamment sur ses divergences avec le management, reprenant une grande partie des éléments déjà exprimés dans son interview exclusive pour Motorsport.com.

Par la suite, interrogé sur la projet en lui-même et les moyens mis en œuvre par Renault, il se montre confiant. "C’était un projet à long terme. Les recrutements se font à six mois, huit mois, un an, là on est en train de recruter des gens qui nous, qui les rejoindront dans un an et demi, donc ce process là est hyper long et on le savait à l'avance."

"On pouvait imaginer faire de meilleurs résultats sur l'année”, a-t-il ajouté en revenant sur 2016, "mais je ne pense pas que c'était l'objectif. L'objectif, il a été clair, il a été donné par Carlos Ghosn, c'était d'être capable de faire des podiums la troisième année [2018], d'être peut-être quatrième, cinquième l'année prochaine [2017], donc ce n'était pas forcément porté sur 2016."

"Il y a eu un choix un petit peu technique aussi qui s'est posé pendant la saison, à savoir soit on reste concentré sur 2016 en travaillant sur la voiture, soit on switche très tôt sur 2017. Au vu du progrès qui s'inscrit sur la durée, je pense que c'était plus logique de switcher sur 2017, et ça a été fait. Quand on prend cette décision, on sait qu'on sacrifie quelque part 2016, il ne faut pas s'en étonner à la fin."

Hülkenberg, un champion en puissance

Et justement, 2017 sera marquée par l’arrivée de Nico Hülkenberg à Enstone, qui est attendu comme un leader dans la remontée de Renault vers les sommets et sur lequel Vasseur ne tarit pas d’éloges.

"Je pense que c'est l'un des pilotes les plus talentueux qu'il y avait dans les juniors series ces dix dernières années. Il y a eu trois pilotes qui ont gagné le GP2 en étant rookie : Lewis Hamilton, Nico Rosberg et Nico Hülkenberg. Je pense que oui, il fait partie pour moi du petit cercle des pilotes qui peuvent être champions."

Le Français - qui a dirigé l'Allemand lors de ses titres en F3 Europe en 2008 et en GP2 en 2009 - reconnaît que le fait d’avoir joué un rôle déterminant dans la venue de Hülkenberg chez Renault a rendu sa décision de partir difficile, même s’il estime que le caractère de l’Allemand s’accommodera de ce changement d’environnement.

"C'était carrément le point le plus dur dans ma décision, je suis proche de Nico, j'ai mis tout ce que je pouvais pour le convaincre de nous rejoindre. Maintenant, je pense aussi que la décision est la bonne pour le bien de l'équipe et pour le bien des résultats, car ça ne marchait pas comme ça et il fallait être lucide là-dessus."

"On en a parlé longuement, très longuement, tout un week-end quasiment et il est assez entier dans son approche, dans ses commentaires et dans ses réponses, même envers vous des fois. L'avantage c'est qu'il a la franchise de l'Allemand bien carré. C'est un véritable pilote qui a un engagement total, et même si la décision a été dure pour lui à accepter, je pense qu'une fois qu'il est plongé dedans, il n'y aura pas de retenue."

"C'est aussi pour ça que je le voulais dans l'équipe, car dans la phase de reconstruction dans laquelle on était, c'était important d'avoir un pilote qui a un vrai caractère de leader, et lui l'aura quoi qu'il arrive, même si les choses ne plaisent pas, il saura être moteur. Je pense que c'est un paramètre important de la réussite de l'équipe."

La retraite de Rosberg

Interrogé sur la retraite de Nico Rosberg, il a confié qu'elle a, en un sens, eu une légère influence sur sa réflexion concernant son propre avenir chez Renault.

"Quelque part j'y ai pensé pendant le break, en me disant qu'il ne faut pas faire de compromis et qu'il faut faire ce qui me tient à cœur. Je pense que Nico, au sommet de sa gloire, n'a justement pas été tenu ni par la gloire, ni par l'argent, ni par rien. Il a fait ce qui lui plaisait, j'ai trouvé la démarche très séduisante et j'ai été l'un des seuls à le défendre, et c'est vrai que j'y ai pensé."

Ce qui vient ensuite n'est pour le moment pas véritablement fixé : "La Formule E, j'ai un pied dedans et c'est un championnat qui me tient à cœur. Je continuerai à le suivre même si je suis un petit peu moins impliqué maintenant. GP2, j'ai une équipe mais je la suis de loin. Et Formule 1, on verra de quoi l'avenir est fait…"

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