Il y a 55 ans : l'ultime victoire de "Black Jack"
Le 7 mars 1970, Jack Brabham remporte sa 14e et ultime victoire en Formule 1 lors du Grand Prix d'Afrique du Sud, au début d'une saison qui marquera sa retraite.
Rétro : Dans l'Histoire des sports méca
Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.
Troisième sur la grille ce jour-là à Kyalami, Jack Brabham rate son départ et chute provisoirement à la sixième place. Il parvient néanmoins à s'imposer en prenant la tête au 20e des 80 tours, avant de creuser progressivement l'écart face à Jackie Stewart, puis Denny Hulme.
Brabham, Hulme, Stewart : un podium prestigieux réunissant trois des quatre derniers champions de la discipline à cette époque (Brabham en 1966, Hulme en 1967, Stewart en 1969).
À 43 ans, cette victoire semble relancer l'Australien, surnommé "Black Jack" pour son caractère taiseux et taciturne. La saison a été minutieusement préparée, et Ron Tauranac, ingénieur historique, a conçu la première Brabham à monocoque.
Pourtant, peu auraient parié sur ce triple champion du monde – dont un titre remporté au volant de sa propre voiture – qui n'avait plus triomphé depuis 1967. La Brabham BT33 se révèle néanmoins performante, capable de rivaliser avec la McLaren M14 et la March 701 de l'équipe Tyrrell.
Jack Brabham après sa victoire à Kyalami.
Photo de: Sutton Images
Mais finalement, la saison 1970 tournera à la démonstration... pour Lotus, Jochen Rindt faisant merveille au volant de la 72C. L'Autrichien perdra tragiquement la vie à Monza, avant même d'être officiellement sacré champion.
Brabham, lui, laissera échapper deux victoires dans le dernier tour : à Monaco d'abord, où, sous la pression de Rindt, il rate son freinage et heurte le rail à l'épingle du Gazomètre ; puis en Grande-Bretagne, où, malgré une avance de quinze secondes, sa voiture s'immobilise, victime d'une panne. Dans les deux cas, Rindt en profite.
Handicapé par des problèmes de fiabilité, Brabham ne marque plus aucun point par la suite. En fin d'année, il se retire de la F1 et cède ses parts dans l'écurie qui porte son nom à Tauranac. Il prend ses distances avec un sport où l'argent prend une place croissante, et dont il juge la technologie trop envahissante.
Ainsi s'achève l'épopée de "Black Jack" en Formule 1, un pilote d'exception laissant derrière lui une empreinte indélébile : celle d'un champion capable de l'emporter sur sa propre voiture. Une prouesse !
Jack Brabham (Brabham BT33 Ford) au GP d'Afrique du Sud 1970.
Photo de: David Phipps
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