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Rétro 1979 - Première victoire d’une Williams en Grand Prix

Frank Williams a assisté à la première victoire d’une de ses voitures en Grand Prix lors de l’épreuve britannique organisée sur le circuit de Silverstone en 1979.

Rétro 1979 - Première victoire d’une Williams en Grand Prix

Durant les années 70, Frank Williams parvient, on ne sait trop comment, à engager des voitures privées en Formule 1. Courant 1969, il inscrit une Brabham BT26 privée pour son ami Piers Courage qui réalise l’exploit de terminer deuxième à Monaco.

Au cours des années suivantes, sans un sou et jonglant avec des dizaines de factures impayées, il parvient, dans des conditions difficiles, à faire courir plusieurs pilotes. Jacques Laffite, Arturo Merzario, Carlos Pace, Chris Amon, Jacky Ickx, Henri Pescarolo et plusieurs autres ont couru pour Frank Williams.

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Sa chance tourne en 1977 quand il s'associe avec un ingénieur de grand talent, Patrick Head, à qui il confie la tâche de concevoir la première voiture de F1 Williams. Frank Williams déniche un premier sponsor du Moyen-Orient : Saudia Airlines. D’autres s’ajouteront, dont TAG (Techniques d’Avant Garde) de Mansour Ojjeh et Albilad, la société d’ingénierie et de construction fondée par Mohammed Ben Laden.

La première Williams F1, la FW06, est une bonne voiture qui permet à un pilote australien un peu bourru, Alan Jones, de se mettre en évidence en 1978. La clé du succès sera toutefois la fameuse FW07.

Cette FW07 à moteur Ford Cosworth DFV est dévoilée au début de la saison 1979 dans le paddock du circuit urbain de Long Beach, lors du Grand Prix des États-Unis Ouest. Elle se démarque par sa grande simplicité et la finesse de ses lignes. Toutefois, son véritable avantage se situe sous sa jupe.

Cliquez sur les flèches ci-dessous pour passer d'une photo à l'autre.

Patrick Head et Frank Williams lors de la présentation de la Williams FW06 dans leur nouvelle usine
Patrick Head et Frank Williams lors de la présentation de la Williams FW06 dans leur nouvelle usine
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Photo de: Sutton Motorsport Images

Une nouvelle aventure commence pour Patrick Head et Frank Williams.
Alan Jones, Williams
Alan Jones, Williams
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Photo de: Williams F1

Alan Jones aux commandes de la Williams FW06 à moteur Ford Cosworth DFV.
Alan Jones, Williams
Alan Jones, Williams
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Photo de: Williams F1

Jones marquera 11 points avec cette FW06 au cours de la saison 1978.
Alan Jones, Williams FW07 Ford
Alan Jones, Williams FW07 Ford
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Photo de: LAT Images

Alan Jones signe la pole position pour le Grand Prix de Grande-Bretagne 1979 à la vitesse moyenne de 236,344 km/h.
Clay Regazzoni, Williams
Clay Regazzoni, Williams
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Photo de: Sutton Motorsport Images

Clay Regazzoni, l'autre pilote de l'écurie Williams, discute avec son ingénieur de piste, Neil Oatley.
Clay Regazzoni, Williams FW07 Ford
Clay Regazzoni, Williams FW07 Ford
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Photo de: Ercole Colombo

Après l'abandon d'Alan Jones, Regazzoni hérite du commandement de la course.
Jean-Pierre Jarier, Tyrrell
Jean-Pierre Jarier, Tyrrell
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Photo de: LAT Images

Le Français Jean-Pierre Jarier termine troisième dans sa Tyrrell-Ford, à un tour du vainqueur.
Riccardo Patrese, Arrows A2 Ford
Riccardo Patrese, Arrows A2 Ford
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Photo de: LAT Images

C'est lors de ce Grand Prix que Riccardo Patrese a fait débuter l'Arrows A2 Ford aux formes bulbeuses.
Clay Regazzoni, Williams FW07
Clay Regazzoni, Williams FW07
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Photo de: Sutton Motorsport Images

Clay Regazzoni remporte sa cinquième et dernière victoire en F1.
Le vainqueur Clay Regazzoni sur le podium avec René Arnoux, deuxième, et Jean-Pierre Jarier, troisième
Le vainqueur Clay Regazzoni sur le podium avec René Arnoux, deuxième, et Jean-Pierre Jarier, troisième
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Photo de: LAT Images

En effet, cette monoplace, conçue par Patrick Head, Neil Oatley et Frank Dernie, n’est pas qu’une vulgaire copie de la Lotus 79 à effet de sol de l’année précédente. Les trois ingénieurs ont corrigé les défauts de la Lotus 79 en dotant la FW07 d’un châssis très rigide et de profils d’ailes inversés renforcés qui ne se déforment pas à haute vitesse.

La FW07 apparaît en course au Grand Prix d’Espagne le 29 avril. En Belgique, Alan Jones la qualifie en quatrième place. Dans les rues de Monaco, Clay Regazzoni, l’autre pilote Williams, termine au second rang après avoir pris le départ loin derrière, en 16e place. Puis, en France, Jones récolte la quatrième position. Le staff technique de l’écurie Williams commence à bien comprendre comment fonctionne cette FW07 et les réglages qu’elle préfère.

Abandon crève-cœur pour Jones

Le 14 juillet, c’est le Grand Prix de Grande-Bretagne sur le rapide tracé de Silverstone. Lors des qualifications, Jones démontre l’incroyable potentiel de la FW07 en parcourant le circuit en 1’11”88, soit sept secondes de mieux que la pole réalisée l’année précédente par James Hunt sur sa McLaren-Ford. Jones colle même six dixièmes de seconde à la Renault turbo de Jean-Pierre Jabouille, qualifié deuxième, et qui décide de prendre le départ avec sa monture chaussée de pneus tendres afin de pouvoir suivre Jones.

Au vert, Jones et Jabouille bafouillent un peu, ce qui permet à Regazzoni de se faufiler en tête. Toutefois, quelques virages plus tard, Jones glisse sa Williams en tête. Il pilote à sa main et s’éloigne de Jabouille dont les pneus tendres commencent à lâcher. Au 17e tour, le Français rentre aux stands pour faire changer ses pneus, mais l’arrêt s’éternise à cause d’un problème de pistolet pneumatique.

Au 20e tour, Jones dispose d’une avance de 22 secondes sur Regazzoni. Sa FW07 semble rouler sur des rails. Vers la mi-course, alors qu’il croit avoir la victoire en poche, Jones voit de la fumée s’échapper de sa monture... Au 39e tour, il rentre au stand et abandonne. Un joint de la pompe à eau de son Ford Cosworth DFV version développement a cédé. La fuite d’eau qui en a résulté a fait gripper un piston. Fin de la démonstration.

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Regazzoni hérite du commandement. René Arnoux, deuxième sur l’autre Renault turbo, ne peut le menacer, car ses freins sont de moins en moins efficaces. Sans forcer, "Rega", âgé de 39 ans, croise l’arrivée en première place, 24 secondes avant Arnoux et avec un tour d’avance sur la Tyrrell-Ford de Jean-Pierre Jarier. Le Suisse offre (enfin) une première victoire en Grand Prix à Frank Williams.

Après avoir tiré le diable par la queue durant une bonne dizaine d’années en faisant courir des voitures de F1 privées sans budget et perdu un ami cher en Piers Courage, Frank Williams récolte enfin les fruits de ses efforts et de sa détermination sans faille.

Il regrette toutefois un peu que ce ne soit pas son premier pilote, Alan Jones, qui lui ait décroché ce premier gain tant espéré. L’Australien se reprendra de belle façon en gagnant quatre des cinq Grands Prix suivants aux commandes de cette fabuleuse Williams FW07.

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