Rivola : "Mon Vettel n'est clairement pas celui de 2018"

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1 févr. 2019 à 09:10

Présidant désormais aux destinées de l'équipe Aprilia en MotoGP, Massimo Rivola s'est confié sur la Scuderia Ferrari qu'il vient de quitter, mais aussi sur son choix de rejoindre la compétition moto.

En Formule 1 depuis plus de 20 ans, celui qui était à la tête du programme des jeunes pilotes Ferrari a choisi de voguer vers une autre discipline, toujours en restant fidèle à une structure italienne, comme depuis le début de sa carrière, puisqu'il est désormais responsable du team Aprilia en MotoGP.

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Celui qui a débuté son épopée F1 chez Minardi en 1998 a également été de l'aventure Toro Rosso quand Red Bull a racheté le petit constructeur de Faenza. Il y a d'ailleurs connu Sebastian Vettel en 2007 et 2008, avant de le retrouver au sein de la Scuderia Ferrari à partir de 2015. La forme du pilote allemand a été un grand point de discussion de la seconde partie d'année 2018, lui qui a multiplié les erreurs parfois coûteuses, à mesure que le bateau Maranello prenait l'eau dans la lutte pour les titres mondiaux face à Mercedes.

Quand il a été demandé à Rivola ce qui est arrivé à Vettel, dans le cadre d'un entretien pour la Gazzetta dello Sport, il a répondu : "Je ne sais pas. Chaque pilote a besoin d'un équilibre parfait pour être aussi performant que possible, il a besoin de sécurité. Mon Vettel n'est clairement pas celui de 2018. De même, j'espère que mon Leclerc restera celui qu'il est aujourd'hui. Je pense à Alonso, qui avec une McLaren peu compétitive a fait preuve d'une solidité mentale incroyable, se battant toujours le couteau entre les dents."

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Binotto a "les qualités pour y arriver"

L'actualité la plus récente et la plus marquante du côté de Ferrari est bien entendu l'éviction de Maurizio Arrivabene, remplacé par Mattia Binotto au poste de directeur de la Scuderia. Ce dernier, jusqu'ici directeur technique, a les atouts en main pour réussir selon Rivola. "Ça a été une décision prise pour le bien de l'équipe, avec une volonté de regarder plus loin. C'est vrai, cela ressemble à la marque de Marchionne. J'espère que Mattia pourra travailler sereinement, ce qui n'est pas facile à Maranello. Il a les qualités pour y arriver."

Lui qui a occupé le poste de directeur sportif de Ferrari à partir de 2009 a été nommé, d'un commun accord avec Arrivabene, à la tête de la Ferrari Driver Academy début 2016. Il revient sur ce changement de rôle : "Fin 2015, j'ai fait un choix, partagé avec Arrivabene. Après un an passé sur le muret, j'ai vu que ça n'était plus la peine... Après 12 ans en tant que directeur sportif, je pensais savoir bien lire dans la tête des pilotes et c'est alors qu'est arrivée l'opportunité de l'Academy. Ce choix m'a permis d'accroître mes connaissances en sport mécaniques. 2016 a été pour moi une année spectaculaire."

"Quitter Ferrari ne peut pas être facile"

Même si celui qui a vu la montée en F1 de jeunes pilotes issus du programme junior de Ferrari, à l'image d'Antonio Giovinazzi qui a disputé deux GP en 2017 et sera titulaire chez Sauber en 2019 ou encore, bien sûr, de Charles Leclerc qui sera pilote pour la Scuderia en 2019 après une année au sein de l'écurie suisse, ne se voyait pas quitter Ferrari, il a su se laisser convaincre par les dirigeants d'Aprilia.

"Fin octobre [2018], j'ai reçu un appel d'un numéro inconnu. D'habitude, je ne réponds jamais, cette fois je l'ai fait et j'ai entendu à l'autre bout : 'Ici Colaninno [le président d'Aprilia, ndlr], je voudrais vous voir'. Au début, j'ai pensé à une blague, j'ai failli répondre : 'Et moi, je suis Spiderman'. Lors de la rencontre, le père et le fils étaient présents, et là j'ai compris qu'il s'agissait de quelque chose d'important. Les trois heures ont passé comme si c'était trois minutes."

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"En revenant chez moi, à Modène, je continuais à me répéter : 'J'ai cherché à être chez Ferrari pendant toute une vie, je ne peux pas partir'. Je savais qu'il pouvait se passer en fin d'année quelque chose qui pouvait m'impliquer. Et puis j'ai eu une autre rencontre [avec Aprilia] et ça a commencé à me plaire de plus en plus. Quand l'info a filtré, j'étais à Macao et Davide Brivio [le team manager de Suzuki, ndlr] a été parmi les premiers à m'appeler : 'Bravo, tu viens enfin chez nous'. Quitter Ferrari ne peut pas être facile. Mais c'est un beau défi, double, aussi bien au niveau du sport que du produit."

Enfin, quand il lui est demandé ce qu'il prendrait au MotoGP pour l'apporter à la F1 et vice-versa, il a expliqué : "Les courses sont beaucoup plus belles. En F1, j'aimerais apporter le concept que c'est le pilote qui fait la différence – regardez Alonso. Sur le papier, le MotoGP me semble moins politique, mais je ne sais pas si c'est vraiment le cas. Le paddock ressemble à celui de la F1 d'une certaine époque, c'est un monde beaucoup plus ouvert et y intégrer des règles rigides sera difficile. Quand Massa a quitté Ferrari, il m'a offert sa combinaison avec une dédicace : 'À mon policier préféré'. À l'Academy, j'avais mis une tirelire pour les amendes : un euro pour chaque minute de retard. Je sais que je vais devoir prendre sur moi, mais il est nécessaire de resserrer un peu la vis, c'est juste de placer la barre un peu plus haut."

Avec Léna Buffa 

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