Romain Grosjean : "Trop tôt pour la F1"

Récent vainqueur de la version Asie, le pilote de l’Equipe de France FFSA 2008 partira prochainement à l’assaut du Vieux Continent où ses camarades du GP2 ‘classique’ l’attendent d’ores et déjà de pied ferme…Romain, tout d’abord félicitations pour...

Récent vainqueur de la version Asie, le pilote de l’Equipe de France FFSA 2008 partira prochainement à l’assaut du Vieux Continent où ses camarades du GP2 ‘classique’ l’attendent d’ores et déjà de pied ferme…

Romain, tout d’abord félicitations pour ce titre en GP2 Asie. Quel bilan tirez-vous de cette saison qui était votre première dans la catégorie ?


Merci. Le bilan est très positif, que ce soit du côté de l’équipe ou du mien. On ne s’attendait pas à être aussi compétitif car on abordait ce championnat principalement dans le but d’acquérir de l’expérience. C’était une aventure nouvelle et elle a été très positive en termes de résultats et d’expérience car nous avons connu à peu près toutes les conditions possibles avec des courses sur le sec, sur le mouillé, des départs en pole position et d’autres beaucoup plus loin, des neutralisations. J’ai également appris à gérer le format de la catégorie avec les pit stops et 30 minutes d’essais seulement avant les qualifications. Je pense qu’on a fait le tour de pas mal de choses, mais il en reste certainement beaucoup à apprendre.

A quoi pensez-vous en particulier ?


Je pense que c’est surtout une gestion des évènements et des situations telles qu’elles se présentent brutalement à vous. Je ne connais que 50% des circuits, la voiture est nouvelle et les situations de course sont différentes de celles de la F3 Euro Series.

Le ton avait été donné dès Dubaï en janvier, avec une double victoire. Dès lors, le titre était-il une obligation personnelle ?


Non pas du tout. En général, j’aborde les courses une par une, comme je l’avais fait en F3. Dubaï avait été extraordinaire avec 19 points marqués sur 20 possibles, mais je savais qu’il y avait encore beaucoup à apprendre avec des circuits nouveaux et je ne m’imaginais pas faire aussi bien partout ailleurs. On s’est rendu compte que le titre était à notre portée en roulant à Sepang où nous avons été immédiatement très compétitifs. Mais il est vrai qu’avec une marge de 10 points d’avance au soir du premier meeting, tout se présentait bien.

Quel a été le retour de Renault face à votre succès en GP2 Asie ?


Je pense qu’ils sont contents et je sais qu’ils veulent que je continue à me battre aux avant-postes dans la série principale des GP2 qui est le Championnat le plus important pour eux. Ils sont très contents de la manière dont les choses se sont déroulées en Asie mais il sera important de ne rien lâcher et de continuer à tout donner et à obtenir de bons résultats.

Avez-vous été surpris du manque relatif d’opposition qui est rarement venu du même camp ?


C’est vrai qu’en qualifications, on avait une voiture qui nous a permis d’être au-dessus du lot. En course, ça s’égalisait puisque le meilleur tour en course se jouait souvent à 1 dixième. Il faut avant tout être régulier, Petrov l’a été et a souvent marqué des points, les autres ont été moins réguliers.

Les essais avec la GP2/08 se sont bien passés, avec un meilleur temps au Paul Ricard notamment. A quoi faut-il s’attendre à Barcelone ? Une pole position ?


Je ne sais pas trop. Je ne pars pas dans cette optique. Il y a plus de pilotes expérimentés dans la série principale et le niveau est à mon avis supérieur. Certains ont 2 à 3 ans de GP2 derrière eux, beaucoup ont de l’expérience. On verra, mais ça dépendra surtout du développement que l’on pourra faire sur la nouvelle voiture.

Le châssis des GP2 Asie était visiblement parfaitement bien adapté à votre style, quelles sensations la GP2/08 vous procure-t-elle ?


Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé le bon set-up. En essais, on s’est battu pour résoudre des problèmes mécaniques puis pour trouver les bons réglages. Mais je sais que l’équipe a beaucoup travaillé depuis et on fera très prochainement le point pour essayer de définir un set-up de base.

En tant que champion GP2 Asie, les gens ont forcément tendance à vous coller une étiquette de favori. Est-ce une pression supplémentaire ou un atout ?


Je préfère être dans la position de favori, mais j’ai encore beaucoup à apprendre, notamment les circuits, et ça ne jouera pas en ma faveur. On m’attendra plus qu’à Dubaï, c’est certain, mais je ne ressens en tout cas pas de pression négative. Je me sens mieux avec l’étiquette de quelqu’un qui peut aller vite.

Le plateau sera quasiment le même qu’en GP2 Asie, en quoi le championnat européen sera-t-il différent ?


Quatre pilotes se rajoutent au plateau et un autre, mon équipier, change d’écurie, il sera l’un des grandissimes favoris après deux saisons de GP2. Ça sera différent car tout le monde connaît mieux l’Europe alors que l’Asie était une découverte. Il faut aussi et surtout mettre le doigt sur un set-up de base.

Vous avez roulé à Barcelone en essais privés. Est-ce un bon circuit pour débuter la saison ?


Oui. C’est un circuit de base où l’on a fait des essais et où tout le monde a pu s’étalonner cet hiver. C’est un beau circuit, malgré la chicane qui remplace la dernière grande courbe à droite. Barcelone avait été une de nos meilleures journées d’essais, la voiture y était bien. De mon côté, j’ai beaucoup progressé en GP2 Asie par rapport aux derniers essais, je me sens donc en confiance.

Il faisait souvent très chaud en Asie, les températures seront probablement plus fraîches en Europe. Est-ce un paramètre important pour vous ?


Oui, j’espère que les températures monteront d’un cran pour que les conditions de piste soient meilleures que lors de nos essais de Barcelone. Les pneus étaient froids, on n’a pas de couverture chauffante et j’avais fait deux tête-à-queue en sortant des stands car la voiture était difficile à maîtriser. Il faut pouvoir chauffer les pneus sur un tour pour pouvoir faire un bon temps en suivant ; lorsqu’il faut quatre tours les pneus perdent de leur jus, le pilote aussi.

Le succès aidant, les sollicitations sont certainement de plus en plus nombreuses. Comment arrivez-vous à gérer cet aspect de votre métier ?


Ça va, ce n’est pas trop dérangeant et je préfère que ce soit dans ce sens là. Je reçois beaucoup de félicitations, c’est agréable et ça encourage à continuer.

Et la F1 dans tout ça ?


C’est trop tôt. Pour le moment avec Renault les choses sont claires, la voiture est encore en pleine phase de développement et les titulaires ont besoin de rouler. De plus, je n’avais pas vraiment le temps de rouler en F1 car mon programme était chargé. On verra à la mi-saison du GP2 ce qu’on peut envisager.

Source : FFSA

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