Rosberg assure ; Hamilton échoue avec sa stratégie décalée

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Rosberg assure ; Hamilton échoue avec sa stratégie décalée
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
29 nov. 2015 à 14:42

Lewis Hamilton a osé quelque chose de différent en seconde moitié du GP d'Abu Dhabi, se positionnant comme l'animateur de la course, remportée par Nico Rosberg de manière conventionnelle.

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06
Sebastian Vettel, Ferrari SF15-T
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W06
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team
Sergio Perez, Sahara Force India F1 VJM08
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB11
Romain Grosjean, Lotus F1 E23
Jenson Button, McLaren MP4-30
Un Union Jack avec l'inscription
Felipe Massa, Williams FW37
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06

Toute la grille fait le choix de s’élancer en composé pneumatique supertendre, à l’exception de Vettel (P15), Ericsson (P17), Grosjean (P18 après une pénalité de cinq places pour changement de boîte), Stevens (P19) et Merhi (P20, partant de la pitlane), qui disposent des tendres.

Hamilton a beaucoup de difficulté à s’élancer et se retrouve à devoir protéger face à Räikkönen au premier virage. Un accrochage dans le premier secteur voit Maldonado perdre le contrôle de sa Lotus après un contact avec la Sauber de Nasr, et échouer contre Alonso, engendrant une crevaison sur l’avant droit de la McLaren et un bris de suspension fatal à la Lotus. Les commissaires estiment que le contact initial entre les deux Sud-Américains est dû au tassage de Nasr par Alonso et pénalisent le double Champion du Monde d’un drive through.

Le premier tour est nerveux dans le peloton et offre des manœuvres de dépassement à la pelle et beaucoup de batailles très rapprochées. Les Red Bull, Toro Rosso et Willams se frottent à de nombreuses reprises, faisant le jeu de Nico Hülkenberg, qui monte P5 ; Sainz gagne trois positions dans les deux premiers virages.

Rosberg boucle le premier tour devant Hamilton, Räikkönen, Pérez, Hülkenberg, Ricciardo, Massa, Sainz, Kvyat et Bottas. P12 derrière Verstappen, Vettel tient le rythme du petit train qui se forme derrière Massa.

Rosberg creuse l'écart, contact dans les stands!

Une belle passe d’armes oppose Ricciardo et Hülkenberg, tournant à l’avantage de l’Australien pour le gain de la P5. De son côté, Nico Rosberg se creuse immédiatement une solide avance sur Hamilton et pointe 5s devant son rival après dix tours. 

La valse des arrêts aux stands bat son plein pour chausser les pneus tendres. Un cafouillage coûteux intervient dans la ligne des stands, alors que Williams relâche Bottas quand Button rejoint son emplacement chez McLaren : le Finlandais endommage son aileron avant dans le contact et doit faire tout un tour avant de regagner de nouveau son stand pour des réparations. La seconde sentence tombe quelques instants plus tard, avec une pénalité de 5s de la part des commissaires.

Leader, Rosberg passe aux stands au T11, une boucle avant Hamilton. Le N°44 ressort en 3e position, derrière Vettel qui doit encore observer son premier arrêt après être parti avec le composé tendre. Hamilton doit passer l'Allemand pour ne pas concéder plus de temps à Rosberg et réalise sa manœuvre au T14. Son retard sur Rosberg est de 7'0s au terme du 15e passage. 

 

 

Hamilton lance l’offensive

Rosberg gère parfaitement son avance et n’a pas à particulièrement pousser pour garder Hamilton sous contrôle jusqu’au 20e passage. Le Britannique reprend certes une seconde en cinq boucles, mais pointe encore à 5s au 20e tour, alors que la nuit prend le pas sur le jour.

Mais une autre seconde est vite trouvée par Hamilton avec trois meilleurs tours consécutifs, et l’écart passe à 2.5s à l’abord du 25e tour!

Les efforts de Vettel et de Grosjean, tous deux sur des stratégies décalées, portent leurs fruits. Les deux hommes font durer leur train de tendres aussi longtemps que possible tout en réalisant de bons temps au tour. Vettel s’arrête au T24 et chausse de nouveau les tendres, indiquant un dernier arrêt pour un sprint final en supertendre.

Rosberg sait qu’il doit réagir s’il ne veut pas se retrouver avec un encombrant problème en la personne de Hamilton dans ses rétroviseurs : par ces températures en baisse et en dépit de pneus au même stade de vie, l’Allemand ne peut empêcher son rival de le reprendre par grosses poignées de dixièmes. Est-ce la différence de vieillesse des deux moteurs Mercedes qui fait la différence?

Mercedes autorise des stratégies différentes; Rosberg sous pression?

Pour éviter de voir Hamilton dans la zone d’activation du DRS et de se trouver vulnérable à une attaque en piste, Rosberg, cérébral, entre aux stands pour passer les supertendres au T31.

Il est important de noter que ce choix, sur les GP précédents, signifiait que Hamilton aurait été obligé de s’arrêter au tour suivant en dépit de son aise avec les pneus. Mais ce dimanche, Mercedes laisse les deux pilotes en découdre à leur guise et choisir leurs stratégies, permettant à Hamilton de rester en piste, pendant que Rosberg use ses supertendres et aligne les meilleurs tours. 

Le doute sur la possibilité de voir Hamilton s’arrêter pour un dernier arrêt commence vraiment à se former à 15 tours de l’arrivée, alors que Rosberg pointe à 11s. S’il doit s’arrêter, Hamilton dispose en sortant de supertendres plus frais de 10 tours que ceux de Rosberg, mais également d’un retard avoisinant les dix secondes.

Confirmation arrive par radio quand Hamilton, décidé à faire le show, demande à son muret des stands si les pneus tiendront jusqu’au bout. "Ce serait un vrai pari, je ne pense pas; il n’y a aucune garantie", lui répond son ingénieur.

C’est donc au T421 que Hamilton passe aux stands...mais fait le choix difficilement compréhensible de passer les tendres au lieu des supertendres. 

Rosberg serein en fin de course

Ce choix étonnant offre le commandement à Rosberg avec 12s d'avance et 13 tours à couvrir avec des pneus similaires mais plus avancés dans leur usure de dix tours. 

Au panache, Hamilton a beau aligner les tours "qualif" et faire tomber l'écart tour après tour, le delta de performance entre les tendres neufs et usés n'est pas suffisant pour espérer aller chercher la victoire : revenu à 8s au 47e des 55 tours, l'Anglais ne lâche rien jusqu'à la ligne d'arrivée mais ne peut placer Rosberg sous pression dans les ultimes passages. L'Allemand signe son premier triplé de victoires consécutives en carrière.

Remarquable fin de course de Romain Grosjean, qui collecte son audace stratégique en fin de course avec les pneus supertendres en remontant dans les points et finissant dans les roues de Massa. 

 Formule 1 - Grand Prix d'Abu Dhabi 2015
 PiloteEcurieTempsPts
01   N. Rosberg   Mercedes 55 tours 25
02   L. Hamilton   Mercedes +8.2 18
03   K. Räikkönen   Ferrari +19.4 15
04   S. Vettel   Ferrari +43.7 12
05   S. Pérez   Force India +63.9 10
06   D. Ricciardo   Red Bull +65.0 8
07   N. Hülkenberg   Force India +93.6 6
08   F. Massa   Williams +97.7 4
09   R. Grosjean   Lotus +98.2 2
10   D. Kvyat   Red Bull +102.1 1
11   C. Sainz   Toro Rosso +103.2  
12   J. Button   McLaren + 1 tour  
13   V. Bottas   Williams + 1 tour  
14   M. Ericsson   Sauber + 1 tour  
15   F. Nasr   Sauber + 1 tour  
16   M. Verstappen   Toro Rosso + 1 tour (+20s)  
17   F. Alonso   McLaren + 2 tours  
18   W. Stevens   Manor + 2 tours  
19   R. Merhi   Manor + 3 tours  
    P. Maldonado   Lotus Abandon  
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À propos de cet article

Séries Formule 1
Événement GP d'Abu Dhabi
Catégorie Course
Lieu Yas Marina Circuit
Auteur Guillaume Navarro