Rosberg sait qu'il a mis Mercedes "dans une position très difficile"

Nico Rosberg est revenu sur son titre 2016 ainsi que sur sa retraite de la Formule 1 et les raisons qui l'ont conduit à prendre cette décision.

Invité dans les locaux de Canal+ pour un numéro exceptionnel de Formula One lui étant consacré, Nico Rosberg s'est penché sur son année, au terme de laquelle il a pu remporter sa première - et a priori unique - couronne mondiale aux dépens de Lewis Hamilton.

Ce titre, c'était son rêve, celui aussi d'égaler son père, Keke Rosberg, vainqueur du championnat en 1982. "Depuis que j'ai six ans, que j'ai commencé à rouler en kart, j'imagine que c'est inspiré par le succès de mon père aussi. Après, c'est devenu mon propre rêve. Cela a été très, très clair, toute ma carrière. Ce n'était pas qu'un rêve, il y avait aussi la victoire de Monaco. J'ai réalisé ces deux choses."

Quand il s'agit d'essayer d'analyser le moment où la saison a définitivement basculé de son côté, il met en avant le Grand Prix de Singapour, qu'il a remporté - malgré une fin de course sous la menace de Daniel Ricciardo - sans être menacé par un Hamilton en retrait.

"C'était un Grand Prix clé, une période très importante dans le championnat. Lewis avait repris le commandement avant l'été, et après l'été, je suis revenu très, très fort, j'ai pu gagner beaucoup de courses et reprendre beaucoup de points. À Singapour, ça a basculé définitivement. C'était vraiment l'un des plus beaux et plus forts week-ends de ma carrière."

Une semaine plus tard, malgré tout, il y avait le Grand Prix de Malaisie lors duquel le Britannique a subi une casse moteur - le seul abandon de la saison d'une Mercedes sur problème mécanique en course - alors qu'il était en tête et que l'Allemand était, lui, englué dans le peloton après un accrochage au premier virage.

Reste que, au terme de la dernière épreuve de la saison et après un dernier épisode de la rivalité avec son équipier, Rosberg est devenu champion du monde. Une réussite récompensée individuellement mais qui est évidemment le fruit d'un travail collectif, aussi bien professionnel que personnel.

"Dans notre sport, c'est vraiment un effort d'équipe. Non seulement la petite équipe qui est directement autour de moi, mais aussi le reste. C'est normal d'être reconnaissant, envers mon ingénieur mais aussi ma femme, qui a vraiment tout fait. La famille était vraiment derrière cette année."

"Personne n'est irremplaçable"

Mais forcément, depuis le 2 décembre, les événements ont pris une tournure totalement inattendue puisque le champion du monde 2016 a annoncé sa retraite peu avant d'être honoré lors du Gala de la FIA, à Vienne. Une nouvelle qui a pris de court tout le monde et qui, finalement, ne tenait qu'à un fil : celui qui sépare les idées des actes.

"L'idée était là, mais c'est une grosse différence entre avoir l'idée et faire le pas, car c'est un grand changement de la vie. Je me sens vraiment en réussite, j'ai accompli mes rêves et ma mission. Cela me semble juste de partir maintenant que je suis au sommet pour toujours avoir le souvenir que ma plus belle course était la dernière, que le plus haut niveau où je peux arriver, c'est le dernier."

"La vie a tellement d'autres choses à offrir, par exemple la famille, c'est la plus belle chose dans la vie. En faisant du sport de haut niveau, spécialement de la manière dont je l'ai fait, la famille, c'est loin derrière."

Une décision dont il savait qu'elle allait mettre son employeur - avec qui il collaborait depuis sept saisons - dans une situation compliquée car totalement imprévisible, d'autant plus qu'une prolongation de contrat avait été signée en cours de saison.

"Je savais que je les mettais dans une position très difficile, ça a été très dur pour moi. Je les remercie de leur compréhension, ils me soutiennent et ça, c'est top. Personne n'est irremplaçable, mais sûrement, au court terme, ça va être difficile. On était vraiment une superbe équipe comme ça. Mais je suis sûr qu'ils vont faire le bon choix."

Et justement, a-t-il des informations sur le pilote le mieux placé pour lui succéder ? "Je ne sais pas. Je sais que ce sont Wehrlein et Bottas qui sont en première ligne en ce moment. Ils sont tous deux de bons candidats." Est-il associé à la décision de la marque à l'étoile ? "Pas du tout, mais je suis un peu."

La fin de l'ère Hamilton-Rosberg

Quel que soit son remplaçant dans le baquet de la future W08 Hybrid, il scellera définitivement la fin d'une ère, celle du duel au sommet entre Hamilton et Rosberg, au volant de trois des monoplaces les plus dominatrices de l'Histoire de la discipline reine. Une rivalité qui a eu ses épisodes marquants, comme celui de l'accrochage dans le premier tour en Espagne, cette année.

Quand les images lui sont présentées, il affirme ne pas les avoir beaucoup revues puis, après la caméra embarquée sur son équipier, il lance : "Il est quand même resté à fond sur la pédale, même en étant dans l'herbe, ça ne le dérangeait pas ! C'était un moment très difficile en interne, mais l'équipe a très, très bien géré. Ils ont accepté qu'après deux ans et demi de bataille, il y a forcément un moment où ça va se passer."

Puis, c'est ensuite à l'épisode qui a sans doute donné le coup d'envoi de la tension en interne entre les deux hommes qu'il lui est demandé de réagir : son tout-droit dans l'échappatoire lors des qualifications du Grand Prix de Monaco 2014, quand les drapeaux jaunes déployés pour son erreur ont empêché Hamilton de terminer son ultime tour lancé.

Le Britannique et une partie de l'opinion avaient la conviction que l'Allemand était volontairement parti à la faute pour s'assurer la pole position ; il avait toutefois été blanchi par les commissaires de course après enquête. "Ça, c'était un moment difficile, c'est sûr. Avec l'opinion des autres et tout ça, ce n'était pas évident. Heureusement, on a les datas, donc c'était simple à passer et à oublier."

Après deux saisons de défaite face à Hamilton, il est finalement parvenu à l'emporter : "Mon rêve à moi, c'était de devenir une fois champion du monde. C’est vraiment une grosse satisfaction, spécialement parce que lui, que j’ai pu battre, c’est un des meilleurs."

Du coup, l'année prochaine, et maintenant que leur rivalité sportive s'est éteinte, pourra-t-il être un supporter de celui qui a été l'un de ses meilleurs amis et de ses meilleurs ennemis ? "C'est même possible ! À voir. Cela peut augmenter encore un peu ce que j'ai réussi à faire moi, si lui gagne le titre. Donc je vais peut-être lui souhaiter de bien faire."

Au-delà, il ne sait pas encore de quoi 2017 sera fait même s'il ne souhaite pas s'éloigner du monde du sport automobile. "Je suis ouvert à tout. J'aimerais bien rester proche de notre sport, j'ai toujours la passion pour notre sport. Bien sûr, ça restera pour toujours. C'est beaucoup la passion pour notre sport automobile, je trouve qu'il est toujours fantastique. Il y a vraiment eu du spectacle."

Avec Benjamin Vinel

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Séries Formule 1
Pilotes Lewis Hamilton , Nico Rosberg
Équipes Mercedes
Type d'article Actualités
Tags avenir, champion, retraite, rivalité