Russell s'est fait "une frayeur à la Maldonado"

Dominé tout le week-end par Nicholas Latifi, George Russell a bien rebondi lors de la Q2 malgré "une frayeur à la Pastor Maldonado", les deux hommes offrant à Williams son meilleur résultat d'ensemble depuis 2018.

Russell s'est fait "une frayeur à la Maldonado"

George Russell 12e, Nicholas Latifi 14e. Ce Grand Prix d'Émilie-Romagne a une saveur de renaissance pour une écurie Williams qui n'avait pas été à pareille fête depuis Monza 2018, où Lance Stroll et Sergey Sirotkin s'étaient qualifiés dixième et 12e respectivement. Surtout, c'est un vrai rebond après Bahreïn, où la FW43B était clairement la neuvième force du plateau.

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Cependant, de manière curieuse, le rapport de force généralement à sens unique entre les deux pilotes Williams s'est inversé. Une fois n'est pas coutume, Latifi a devancé son coéquipier lors de deux des trois séances d'essais libres ; le Canadien a même pris l'avantage sur Russell lors d'une phase des qualifications pour la première fois de sa carrière, deux dixièmes plus rapide en Q1. Le Britannique a cependant puisé dans ses ressources et signé un époustouflant dixième temps en pneus mediums lors de la première salve de chronos en Q2, avant qu'une amélioration en tendres ne lui octroie cette 12e place.

"J'ai abordé ce week-end en pensant que c'était notre chance de passer en Q3 et de marquer des points, mais après chaque séance [d'essais libres], je me disais que j'aurais de la chance de sortir de la Q1", commente Russell. "Nicholas avait l'avantage sur moi à chaque tour pendant tout le week-end, je ne comprenais pas pourquoi. Je trouvais que je pilotais bien, la sensation était bonne, et il était juste plus rapide que moi, de trois ou quatre dixièmes à chaque fois. Même en Q1, je me suis qualifié de justesse."

"Soudain en Q2, tout a pris vie, la voiture était géniale. Je voulais que mon second train de pneus soit un medium, car j'étais dixième ou onzième en mediums, ce qui était relativement surprenant. Nous avons choisi les tendres et amélioré de trois dixièmes. Et cela restait un très bon tour. Bref, dans l'ensemble, je suis vraiment content d'avoir fait 12e en Q2, c'est mieux que ce à quoi je m'attendais avant la séance. Mais j'ai beaucoup de choses à revoir pour comprendre pourquoi je n'avais le rythme lors d'aucun tour ce week-end avant le moment crucial."

Du côté de Dave Robson, directeur performance chez Williams, c'est la perplexité qui règne. D'abord quant au retournement de situation opéré par Russell, lorsque nous lui demandons ce qui a changé pour lui en Q2 : "Je ne sais pas, à vrai dire. Nous savons qu'il est capable de sortir un tour quand ça compte vraiment, et je pense que ça a joué. Je crois qu'il était véritablement surpris hier : Nicholas a commencé sur les chapeaux de roue et était compétitif dès le début, et je pense que ça a peut-être un peu perturbé George, mais il a progressivement réduit l'écart au fil du week-end et a juste signé un bon tour."

Nicholas Latifi, Williams FW43B

Justement, Robson ne comprend pas non plus comment Latifi a atteint un tel niveau de performance par rapport à d'habitude : "Je ne suis pas sûr, à vrai dire… Il est extrêmement bon depuis le moment où il est sorti du garage en EL1. Son rythme ainsi que toute son attitude et son comportement sont particulièrement bons. Bien sûr, il a fait une erreur en EL3, et ça ne l'a pas du tout perturbé. Quand il a repris la piste une fois que nous étions plus ou moins satisfaits de la voiture, il a retrouvé le rythme d'emblée. Il était complètement calme, il semblait avoir beaucoup de marge mentalement – il prenait du plaisir à piloter et ça venait facilement pour lui. Pourquoi c'est un peu mieux ce week-end, je n'en suis pas sûr à 100% ; il sera intéressant de voir comment ça se passera demain, puis au Portugal."

Et ces qualifications auraient pu connaître un tout autre dénouement pour Latifi, qui a été indirectement sauvé par… l'accident de Yuki Tsunoda. Car deux heures et demie avant le début de la séance, le pilote Williams a effectivement percuté le mur après avoir perdu le contrôle dans la chicane Villeneuve.

"J'ai failli rater la Q1 après l'accident en EL3", confirme l'intéressé. "Certes, nous avons repris la piste pour faire des tours, mais il restait des sortes de vérifications qui devaient être faites sur la voiture, et au moment du drapeau rouge, le fond plat n'était toujours pas sur la monoplace. Sans ce drapeau rouge, je n'aurais même pas pris la piste, donc j'ai eu un peu de chance." Il précise : "Même après mon accident en EL3, mon premier tour était quand même plus rapide qu'avant. Quand on a cette confiance, qu'on connaît la limite, c'est juste très facile d'y retourner."

Et Russell lui-même aurait pu subir un autre sort, après avoir connu un moment d'égarement quand il a activé le boost moteur au début de son premier tour de Q1, avec une excursion dans les graviers à la clé. "Il n'est pas secret que Mercedes a quelques difficultés avec le déploiement de l'énergie via la batterie", souligne l'Anglais. "Et chaque mètre [gagné] en donne un [d'utilisation de l'énergie] à la fin du tour. Je voulais donc adopter ce mode aussi tard que possible, au milieu du [dernier] virage, avant de réaccélérer. Les pneus étaient un peu froids, je n'étais pas complètement concentré. Cela a contribué à une frayeur à la Pastor Maldonado !"

Russell va désormais espérer concrétiser sa belle performance en course, mais aussi lors des prochains Grands Prix. "Nous avons un train de mediums tout neuf à utiliser, ce qui sera à notre avantage. La voiture a vraiment l'air meilleure en conditions de course qu'en qualifications. Nous avons la monoplace la plus rapide en ligne droite. C'est donc prometteur. Mais ce rythme est représentatif de la voiture. C'est peut-être l'un de nos meilleurs circuits, mais c'est là que j'espère et m'attends à me situer pendant la majeure partie de la saison : en Q2, et parfois dans la bataille pour la Q3", conclut-il.

Propos recueillis par Adam Cooper et Alex Kalinauckas

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