Russell menacé par une pénalité moteur, Mercedes cherche le meilleur moment
Alors que Kimi Antonelli devrait être relégué en fond de grille au Grand Prix d'Italie, Mercedes doit encore déterminer quand George Russell devra à son tour purger sa pénalité moteur, l'équipe ne souhaitant pas sanctionner ses deux pilotes à Monza.
Photo de : Eric Le Galliot
Mercedes réfléchit encore à la date à laquelle George Russell devra écoper d'une pénalité moteur d'ici la fin de la saison 2026 de Formule 1, l'équipe s'attendant à ce qu'il connaisse le même sort que Kimi Antonelli au Grand Prix d'Italie.
Le leader du championnat du monde devrait en effet être relégué en fond de grille à Monza, sa course à domicile, en raison du remplacement complet de son unité de puissance.
Cette décision est la conséquence des problèmes de fiabilité rencontrés plus tôt dans la saison, qui ont contraint l'Italien à dépasser son allocation autorisée d'éléments moteur. Antonelli avait notamment abandonné au Grand Prix d'Espagne en juin après une défaillance moteur.
Les écuries de F1 essaient généralement de cibler certaines courses pour effectuer leurs changements d'unité de puissance et purger les pénalités sur la grille lorsque cela est possible. Monza est notamment une destination privilégiée, les caractéristiques du circuit facilitant les dépassements.
C'est pourquoi Antonelli écopera de sa pénalité sur ses terres. Son allocation étant déjà épuisée et une nouvelle unité de puissance étant nécessaire, Mercedes estime pouvoir limiter l'impact de sa rétrogradation en fond de grille.
"Nous avons déjà regretté de l'avoir fait à Monza par le passé, car la dégradation y a été relativement faible ces dernières années", a expliqué Andrew Shovlin, directeur de l'ingénierie piste de Mercedes, dans le podcast de l'équipe Nu Silver Arrows Radio Show.
"Les voitures avaient peu d'appui aérodynamique, donc elles n'étaient pas vraiment bonnes pour profiter de l'aspiration, car elles ne créaient pas un très gros sillage dans cette configuration. Et l'effet du DRS était également très faible."
"C'était le cas par le passé. Aujourd'hui, on a un circuit où l'énergie devient un véritable facteur limitant, avec quatre zones de dépassement. Il est clairement impossible de défendre dans chacune d'entre elles. Et si l'on a une voiture plus rapide, nous pensons qu'il sera relativement facile de remonter."
Le moteur Mercedes possède un avantage sur ses rivaux, notamment en ligne droite.
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
"Mais cela étant dit, comment décidons-nous de l'endroit où effectuer ces changements ? Le point principal, c'est de savoir quand nous avons besoin du matériel", a ajouté Shovlin.
"Nous avons perdu quelques moteurs à combustion interne avec un kilométrage relativement faible. Le plus important est donc de déterminer à quel moment nous devons en changer. Et si cela tombe sur une course où nous ne voulons vraiment pas devoir remonter depuis le fond de la grille, nous envisagerons de l'effectuer plus tôt."
"Il y a aussi un peu cette idée que nous avons une avance dans les deux championnats. Faisons les choses difficiles tant que nous avons cette avance. Nous ne voulons pas nous retrouver, si les écarts se resserrent en fin de saison, à nous imposer toujours plus de pression."
Le sort d'Antonelli étant désormais scellé, Mercedes s'est tournée vers le dilemme concernant la pénalité moteur de George Russell. Si elle peut l'éviter, l'équipe ne souhaite pas que ses deux pilotes soient pénalisés à Monza. Elle se concentre donc sur les circuits qui suivent immédiatement et offrent davantage de possibilités de dépassement.
"Nous n'avons pas encore complètement décidé de la date à laquelle George prendra sa pénalité, mais elle est prévue pour les deux pilotes, car ils ont tous les deux subi des casses moteur", a déclaré Bradley Lord, directeur adjoint de Mercedes.
"Nous avons vu George abandonner au Canada, Kimi à Barcelone. Et George a également connu un problème en Hongrie, à la toute fin de son tour de qualifications. Cela aurait pu avoir un impact bien plus sérieux pour nous si cela s'était produit pendant la course."
"Nous avons donc certaines choses à gérer pour parvenir à la fin de la saison avec le matériel le plus récent et le plus performant possible", a expliqué Andrew Shovlin. "Il faut toujours trouver le bon compromis entre le risque lié à l'utilisation de composants ayant beaucoup de kilomètres et celui de ne pas marquer de points en raison d'une défaillance, par rapport à la pénalité que représente un départ en fond de grille et la remontée qui s'ensuit."
"Il faut déterminer quelle option est statistiquement la plus susceptible de nous permettre de marquer le plus de points au bout du compte."
George Russell (Mercedes)
Photo de: Eric Le Galliot
Sur la base de cette analyse, Bakou devrait être l'un des candidats pour accueillir la pénalité de Russell, compte tenu des caractéristiques similaires à celles de Monza. Le tout nouveau tracé de Madrid reste trop incertain à ce stade, ce qui signifie que Russell pourrait n'avoir qu'à disputer deux Grands Prix, en Italie et en Espagne, avant de purger sa pénalité au Grand Prix d'Azerbaïdjan, fin septembre.
Ensuite, Mercedes pourrait également se tourner vers Sepang, qui accueillera le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie une semaine après Bakou, là encore sur un circuit qui devrait offrir de nombreuses opportunités de dépassement.
Le risque de trop attendre
Mais Mercedes doit aussi déterminer jusqu'à quel point elle peut repousser ce changement moteur et le niveau de risque qu'elle peut accepter en continuant d'utiliser les éléments actuellement montés sur la monoplace de Russell.
"Il y a un certain risque de défaillance à prendre en compte", a ajouté Shovlin. "Ce n'est jamais quelque chose que l'on connaît avec certitude et cette probabilité évolue d'une course à l'autre."
"Chez Mercedes comme chez les équipes clientes, à chaque course, on ajoute des kilomètres aux unités de puissance. À chaque course, elles sont contrôlées et nous essayons de déterminer si les mesures prises précédemment pour corriger certains problèmes ont effectivement permis de les régler."
"Il se pourrait que, dans quelques courses, notre confiance dans la possibilité de faire durer une unité de puissance jusqu'à sa sixième ou sa septième course soit plus élevée qu'elle ne l'est aujourd'hui. À chaque Grand Prix, nous réévaluons nos plans en fonction de ce que nous avons appris et de la confiance supplémentaire que nous avons éventuellement acquise."
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