Ferrari n'a pas fait une "erreur" en appelant Sainz au stand trop tôt

Mattia Binotto, directeur de la Scuderia Ferrari, assure que les stratèges de l'équipe n'ont pas commis une "erreur de jugement" en demandant à Carlos Sainz d'effectuer un undercut, ce dernier refusant l'arrêt pour prolonger son relais.

Ferrari n'a pas fait une "erreur" en appelant Sainz au stand trop tôt

Dépassé par Nicholas Latifi et Yuki Tsunoda avant le second départ du Grand Prix de Hongrie, Carlos Sainz évoluait en cinquième position dans le 22e tour et ne parvenait pas à trouver l'ouverture sur les deux pilotes le précédant en dépit d'un rythme plus compétitif. Ferrari s'apprêtait alors à rappeler le pilote espagnol au stand dans une tentative d'undercut : quelques instants auparavant, Lewis Hamilton avait prouvé l'efficacité de cette stratégie en dépassant Max Verstappen et Daniel Ricciardo après leur arrêt.

Néanmoins, l'appel "box, box" de Ferrari n'a pas reçu un accueil positif côté Sainz, qui a immédiatement répondu : "Non, les gars. J'ai encore beaucoup de rythme, non." Et l'Espagnol a eu raison de tenir tête à son équipe car l'overcut de la Scuderia a très probablement été plus efficace que l'undercut. Cinquième avec 18,5 secondes de retard sur Esteban Ocon, leader de la course, Sainz est rentré au stand dix tours après son refus en ne comptant plus que 12 secondes de retard sur le Français et, surtout, en conservant la troisième place.

Interrogé sur les échanges entre le stand et le pilote au moment de l'arrêt initialement prévu, Mattia Binotto a tenu à préciser que l'écurie n'avait pas fait "une erreur de jugement", le directeur ajoutant : "Ce sont des conclusions auxquelles nous arrivons ensemble, donc avoir une discussion à la radio, c'est notre façon d'aborder la question pour nous assurer d'arriver à la bonne conclusion dans certaines conditions."

"Et je pense que nos stratégies ont toujours été bonnes, elles ont été appliquées non seulement grâce aux stratèges mais aussi grâce à la contribution des pilotes qui sont ceux qui conduisent la voiture et qui connaissent les conditions de piste. Donc, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une erreur de jugement parce que la décision finale a été prise par les stratèges. Le pilote a donné son avis, nous avons revu nos simulations, nous avons conclu que c'était le bon choix. Donc, dans l'ensemble, je suis satisfait de cette communication. Encore une fois, cela montre à quel point l'équipe travaille très bien."

Sainz contraint de lever le pied

Muni de gommes dures en bonne santé grâce à l'overcut, Sainz paraissait un temps comme un sérieux prétendant à la victoire. Le pilote Ferrari a confirmé qu'il avait un rythme suffisamment bon pour remporter la course jusqu'à ce qu'une forte dégradation des pneus et une constante préoccupation du niveau de carburant n'aient enterré ses derniers espoirs.

"Nous avons eu des difficultés depuis le début du week-end avec les pneus durs, c'est un pneu sur lequel nous n'avons pas été performants", a regretté Sainz. "J'ai dû attaquer beaucoup plus pour essayer de défendre contre Hamilton, puis les gommes se sont dégradées et j'ai dû économiser beaucoup de carburant, ce qui ne m'a pas aidé à rester sur le podium. Si vous m'aviez dit [après les qualifications] que je me battrais pour le podium, j'aurais signé tout de suite. Mais en voyant [les pilotes] devant moi, je pense que nous aurions dû nous battre pour la victoire."

Sainz a révélé qu'il avait "envisagé" de volontairement lever le pied en fin de parcours afin de conserver sa position au moment de la lutte entre Fernando Alonso et Lewis Hamilton pour la quatrième place. À ce moment de la course, le pilote Alpine contenait le septuple Champion du monde mais ne bénéficiait pas du DRS dans les lignes droites. Ainsi, Sainz a sérieusement réfléchi à laisser son compatriote entrer dans sa zone DRS pour lui donner une meilleure vitesse de pointe face à Hamilton. Néanmoins, cette stratégie aurait également augmenté les chances d'Alonso de le dépasser.

"En tant que pilote, j'envisage toutes sortes de scénarios pour rester devant", a indiqué l'Espagnol. "Mais je devais économiser le carburant et j'étais vulnérable dans le dernier virage parce que je luttais contre mes pneus. Et à cause de cette combinaison, j'ai pris la décision de ne pas risquer ma position [en laissant revenir] Fernando. On ne saura jamais si ce choix était le bon, mais sur le moment, je me devais de jouer la sécurité en m'éloignant de Fernando pour économiser du carburant."

Propos recueillis par Jonathan Noble

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