Salo : Les pilotes comprennent souvent que les commissaires ont raison

Après une saison 2019 faite de polémiques, Mika Salo est revenu sur le rôle des commissaires (et du commissaire-pilote en particulier) en estimant que la plupart du temps les pilotes comprenaient les décisions prises à leur encontre.

Salo : Les pilotes comprennent souvent que les commissaires ont raison

La saison 2019 de Formule 1 a été marquée par quelques incidents majeurs qui ont concerné des luttes pour la victoire et qui ont dû être tranchés par les commissaires pour savoir s'il y avait, oui ou non, une infraction au règlement. Trois cas en particulier viennent à l'esprit : Vettel/Hamilton au Canada, Leclerc/Verstappen en Autriche et Leclerc/Hamilton en Italie.

Tous ont, dans un sens ou dans un autre, suscité au minimum de vifs débats et au maximum de la polémique. Tous ont interrogé à la fois sur les moyens dont disposaient les commissaires pour prendre des décisions mais également sur l'interprétation des règles à appliquer dans pareilles circonstances. En cela, le tout premier incident a sans doute été le catalyseur d'une grogne et a influé sur un changement d'approche qui s'est matérialisé d'abord dans le second accrochage puis confirmé dans le dernier, avec la fameuse philosophie du "let them race" ("laissez-les se battre") qui a semblé irriguer de façon irrégulière les choix des commissaires.

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Mika Salo, ancien pilote Tyrrell, Ferrari, Sauber ou encore Toyota dans les années 1990-2000, participe depuis 2012 à certaines décisions prises en tant que commissaire-pilote, c'est-à-dire en tant que quatrième membre du collège chargé d'appliquer le règlement, censé apporter à la réflexion son expérience et sa vision de pilote. L'an passé, le Finlandais a ainsi officié à ce poste lors des Grands Prix d'Azerbaïdjan, de Monaco et de Singapour.

Interrogé dans le cadre du podcast Motorsport Dream, Salo a d'abord expliqué qu'il avait été difficile pour les pilotes de comprendre que le rôle du commissaire-pilote était justement de les aider. "Il a fallu du temps pour que les pilotes comprennent que j'étais en fait de leur côté. À chaque fois que j'ai un logo de la FIA sur ma chemise, [ils pensent] que je travaille pour la FIA et ce n'est pas le cas. Mais de nos jours, c'est bien plus facile et désormais les gars viennent me parler, me demander mon avis."

Les décisions prises à l'encontre d'un pilote sont rarement bien accueillies par l'intéressé dans un premier temps, ce qui donne lieu à des sorties médiatiques parfois salées, qui ne reflètent pas toujours ce qui ressort d'une analyse plus froide. "Souvent, quand deux pilotes ont un problème l'un avec l'autre, ils viennent dans notre bureau, très rapidement ils se rendent compte de ce qui n'allait pas. Donc même dans la chaleur du moment, ils peuvent dire quelque chose de stupide devant la presse mais ils voient avec nos preuves que nous avions raison."

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Comme souvent face à des décisions arbitrales et dans un contexte de polémique, d'aucuns reprochent tout à la fois aux commissaires de mettre trop de temps à décider d'une sanction, quand d'autres arguent qu'ils le font trop rapidement. Au Canada l'an passé, la décision de sanctionner Sebastian Vettel avait été prise en moins d'un quart d'heure quand il avait fallu trois heures en Autriche pour décider de ne pas infliger de pénalité à Max Verstappen. Salo précise : "Ça dépend si c'est clair ou pas. Souvent, c'est très clair. Si ça affecte la course, nous devons prendre la décision immédiatement. Mais parfois, si deux voitures s'accidentent, par exemple, et qu'elles abandonnent toutes les deux, [il ne] sert à rien d'enquêter plus avant. On peut s'en occuper après la course. C'est ce que nous faisons assez souvent."

Et quand les faits le réclament, il faut parfois aller dans le détail des images et des données disponibles. Une plongée qui ralentit forcément la prise de décision. "Ce sont deux heures [de course] très chargées pour nous. Nous avons beaucoup d'angles de caméras, il faut beaucoup enquêter sur un grand nombre de choses qui se passent. Ce ne sont pas seulement des règles de pilotage, il y a également des questions techniques, ce que les équipes font, il y a énormément de choses. Nous avons plus de 300 angles de caméras dans la salle des commissaires, nous avons aussi les données en temps réel, nous avons les radios de chaque écurie en direct. Et nous ne sommes que trois, donc c'est un moment très chargé."

Quand il lui est finalement demandé si les critiques formulées par les fans pouvaient avoir le moindre impact sur la manière dont les décisions étaient rendues, Salo de répondre de façon sentencieuse : "Nous avons accès à tout. Nous ne nous trompons jamais."

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