Le jour où Senna ne s'est pas qualifié pour un Grand Prix

Ayrton Senna a connu une carrière pleine de succès en Formule 1, mais a tout de même manqué la qualification lors d'un seul Grand Prix, en 1984.

Le jour où Senna ne s'est pas qualifié pour un Grand Prix

Ayrton Senna est arrivé au Grand Prix de Saint-Marin 1984 après une expérience difficile au Grand Prix de Belgique, qu'il avait terminé à la septième place. Il était devenu évident lors des premières courses de la saison que la Toleman TG183B n'était plus assez performante, mais l'équipe n'avait pas d'autre choix qu'attendre l'arrivée de sa nouvelle TG184. La frustration de Senna n'était pas arrangée par des pneus Pirelli dont les performances étaient nettement en deçà de celles des Michelin équipant les McLaren, Brabham et Renault, et des Goodyear chaussant les Ferrari et Williams.

Lire aussi :

Le ressentiment du Brésilien à ce sujet n'avait pas été apaisé par les problèmes de gommes se désagrégeant lors de son premier Grand Prix, disputé à domicile. L'explication fournie par le manufacturier avait été celle d'une mauvaise série dans sa production. Senna avait marqué ses premiers points en Afrique du Sud, mais ses difficultés à Zolder (qui s'ajoutaient à des problèmes avec le moteur Hart) le rendaient d'autant plus impatient de voir arriver sa nouvelle monoplace. Toleman avait prévu l'arrivée de sa TG184 pour le Grand Prix de France le 20 mai et Senna faisait du lobbying auprès de son employeur pour quitter Pirelli et passer aux gommes Michelin.

Ayrton Senna

Les discussions se sont rapidement envenimées avec Pirelli, et le paddock d'Imola fut choqué le vendredi en apprenant que Toleman ne roulerait pas pour cette première journée. Un message arrivé par télex depuis le quartier général de l'équipe avait demandé aux employés sur place de ne pas mettre les voitures en piste à cause des différends avec le manufacturier pneumatique. Senna et son équipier, Johnny Cecotto, furent de simples spectateurs en ce début de week-end et allaient devoir faire le nécessaire lors du second jour de qualifications.

En dépit d'une météo mitigée rendant le travail sur les réglages particulièrement difficile, Senna était à l'aise avec le 20e temps le samedi matin lors des seconds essais libres et semblait avoir assez de rythme pour se faire une place sur la grille. La piste séchait rapidement après les averses du matin et il semblait évident que les meilleurs temps seraient signés dans les dernières minutes de la qualification. Mais tout a basculé pour le Brésilien lorsqu'il a connu un problème de pression de carburant qui a immobilisé sa monoplace entre Tosa et Piratella.

Ayrton Senna, Toleman TG183B

Dans l'impossibilité de revenir aux stands pour faire réparer sa monoplace, Senna n'a pas pu signer un temps quand les conditions de piste étaient à leur meilleur niveau. Son temps de 1'41"585 l'a finalement placé à 13"068 de la pole position signée par Nelson Piquet dans la Brabham. La dernière place de la grille a été prise par le débutant autrichien Jo Gartner, qui avait été choisi pour piloter la seconde Osella et peinait à trouver du rythme. Il naviguait à plus de dix secondes de Piquet, soit tout de même deux secondes et demie de mieux que Senna !

Bien que le week-end du Brésilien à Imola fut à oublier sans qu'il en ait été responsable, il a obtenu gain de cause après la course puisque le contrat liant Pirelli à Toleman a été arrêté après la course de Saint-Marin. Lors de la course suivante, en France, Senna a pu profiter de la nouvelle TG184, mais aussi des gommes Michelin, transformant la suite de sa saison, comme il l'expliquait à Dijon, seulement deux semaines après le fiasco d'Imola.

"Vous ne pouvez pas comparer la maniabilité de cette voiture avec celle de la précédente. Je sens que je peux gagner du temps sur n'importe qui dans les virages", avait-il déclaré. Bien que ses espoirs de points en France aient été annihilés par une casse de turbo, tout était en place pour la manche suivante, disputée à Monaco, et où Senna a produit l'une de ses plus belles performances et signé son premier podium.

partages
commentaires
Alonso : Les plans pour 2021 sont "plus ou moins" décidés

Article précédent

Alonso : Les plans pour 2021 sont "plus ou moins" décidés

Article suivant

Ce que les ailerons avant 2020 nous disent sur chaque équipe

Ce que les ailerons avant 2020 nous disent sur chaque équipe
Charger les commentaires
Le "pas en arrière" qui sera bénéfique à la F1 Prime

Le "pas en arrière" qui sera bénéfique à la F1

Ses jours étant apparemment comptés, le MGU-H semble devoir être supprimé des futures règles moteur de la Formule 1, afin d'attirer de nouveaux constructeurs. Bien que cela puisse apparaître comme un changement de direction, les avantages pour les équipes et les fans pourraient faire de cette décision un choix judicieux.

Formule 1
24 sept. 2021
Pourquoi le duel 2021 pour le titre est encore loin du pire Prime

Pourquoi le duel 2021 pour le titre est encore loin du pire

La Formule 1 reprend ses droits pour le Grand Prix de Russie, deux semaines après le dernier épisode du combat entre Max Verstappen et Lewis Hamilton. Alors que les incidents de Silverstone et de Monza ont suscité la controverse, ils manquaient heureusement d'un élément qui, jusqu'à présent, sépare la lutte pour le titre de 2021 des pires exemples de batailles peu glorieuses...

Formule 1
23 sept. 2021
Comment la Formule 1 s'est rendue peu attrayante pour les nouvelles équipes Prime

Comment la Formule 1 s'est rendue peu attrayante pour les nouvelles équipes

Le plafonnement des budgets en Formule 1 a été présenté comme le sauveur de plusieurs équipes et a contribué à garantir leur viabilité pour les investisseurs. Mais il existe déjà un autre mécanisme qui a eu le même effet et qui dissuade fortement ceux qui ont les moyens de créer seuls une nouvelle équipe.

Formule 1
22 sept. 2021
Le défi colossal d'une écurie qui "mérite mieux" Prime

Le défi colossal d'une écurie qui "mérite mieux"

Qui mieux que le directeur technique d'Alfa Romeo pour décrire avec précision les enjeux majeurs auxquels est confrontée l'écurie pour préparer 2022 ? Motorsport.com s'est longuement entretenu avec Jan Monchaux.

Formule 1
20 sept. 2021
Vettel et Schumacher, un lien fort et précieux Prime

Vettel et Schumacher, un lien fort et précieux

Mick Schumacher n'est pas le seul "fils de" à avoir atteint la Formule 1, mais il y est parvenu en l'absence de son père ces dernières années. Pour Sebastian Vettel, Michael a été une idole d'enfance puis un mentor et désormais, l'Allemand joue le rôle de "grand frère" pour Mick. Que sait-on vraiment de la place qu'il occupe dans la progression du nouveau Schumacher ?

Formule 1
19 sept. 2021
L'autre incident du GP d'Italie dont la F1 devrait se soucier Prime

L'autre incident du GP d'Italie dont la F1 devrait se soucier

Le crash de Max Verstappen et Lewis Hamilton a fait les gros titres lors du Grand Prix d'Italie. Le Halo a permis au pilote Mercedes de ne pas être blessé, mais deux jours plus tôt, la Formule 1 avait déjà échappé au pire, cette fois-ci dans la voie des stands.

Formule 1
18 sept. 2021
Daniel Ricciardo, la transformation estivale Prime

Daniel Ricciardo, la transformation estivale

Entre les difficultés du printemps et sa victoire retentissante au Grand Prix d'Italie, Daniel Ricciardo s'est transformé d'une manière quasiment inattendue.

Formule 1
16 sept. 2021
Enrique Bernoldi, le rookie oublié de la cuvée 2001 Prime

Enrique Bernoldi, le rookie oublié de la cuvée 2001

En 2001, Kimi Räikkönen, Juan Pablo Montoya et Fernando Alonso, ayant tous mis fin au règne de Michael Schumacher, ont fait leurs débuts en Formule 1. Le quatrième rookie de l'année, Enrique Bernoldi, n'a pas connu une carrière aussi heureuse.

Formule 1
15 sept. 2021