Quand Vettel prenait un nouveau départ avec Ferrari

Les débuts de saison sont toujours excitants, chacun à leur façon. Le cru 2020 ne manque déjà pas de dramaturgie et représentera une saga passionnante à suivre, notamment dans les coulisses de la discipline. Retour sur ce qui animait le lancement de la campagne 2015, avec un changement majeur dans l'équipe la plus scrutée au monde.

Quand Vettel prenait un nouveau départ avec Ferrari

En 2015, l'une des grandes questions alimentant la spéculation des membres du paddock et des observateurs concernait -déjà- le niveau de Sebastian Vettel : fraîchement passé chez Ferrari pour donner une nouvelle dimension à sa carrière jusqu'alors bercée par le cocon Red Bull, l'Allemand avait-il encore le mojo ?

Car c'est un rêve de gosse que réalisait Vettel, en rejoignant Melbourne paré de la combinaison rouge de l'équipe Ferrari, celle-là même qui l'avait fait fantasmer pendant l'ère de gloire incarnée par la redoutable armada placée autour de son héros et inspiration Michael Schumacher. Pourtant, le quadruple Champion du monde était bien loin de faire l'unanimité au sein de la communauté F1.

Des questions incessantes se posaient du fait que celui-ci avait disposé de machines particulièrement abouties au cours de sa carrière avec Red Bull Renault lui ayant valu quatre couronnes mondiales. Certes, Vettel avait vaillamment pris le dessus sur Webber pour y parvenir. Un équipier non seulement moins soutenu politiquement et techniquement en interne, mais qui avait aussi rencontré les plus grandes difficultés à exploiter les particularités de l'ère en question, à savoir des gommes pneumatiques Bridgestone compliquées à exploiter avec son style de pilotage et szq conséquences néfastes à ses sensations au niveau du train arrière provoquées par le diffuseur soufflé ; deux points particulièrement appréciés de Vettel.

"Baby Schumi", néanmoins, ne pouvait cacher qu'au-delà de l'attrait évident que peut représenter Ferrari pour tout pilote de Grand Prix, c'était aussi à Daniel Ricciardo que cherchait à échapper celui qui avait rencontré à son tour un mal fou à s'adapter aux nouvelles motorisations hybrides introduites en 2014 et la perte de ce comportement qu'il aimait tant dans ses monoplaces.

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Le temps d'un changement d'air était plus que nécessaire au maintien de sa réputation et une équipe Ferrari légendaire mais à la peine, n'ayant pas rencontré le succès mondial avec Fernando Alonso et nécessitant du travail, constituait, selon son conseiller particulièrement attentionné Bernie Ecclestone, une occasion en or de redorer son blason et légitimer les couronnes acquises grâce à de possibles autres succès en rouge validant d'une certaine manière un passé presque trop prémâché.

"L'année dernière [2014] a été difficile et il y a eu beaucoup de travail - par conséquent, je n'aurai peut-être pas autant de temps que d'habitude pour rire et plaisanter", souriait Vettel en arrivant à Melbourne. "Mais commencer cette année [2015] est une autre histoire : un nouveau défi, une nouvelle équipe, tout est nouveau. Je me sens très motivé. Je ne suis pas en train de dire que j'étais à terre l'année dernière et que c'est la raison pour laquelle je n'étais pas performant. Je donnais tout ce que j'avais et ce n'était sûrement pas suffisant."

"J'ai passé du temps durant l'hiver pour aller à Maranello plusieurs fois. De ce que j'ai vu, c'est vraiment impressionnant. Le potentiel est énorme. Beaucoup de gens partent, beaucoup de gens arrivent, et beaucoup de gens sont promus à différents endroits. Cela va donc prendre du temps, mais je pense que la motivation est grande", poursuivait-il, conscient de la tâche à mener, et rappelant que Ferrari se qualifiait alors déjà de "jeune équipe".

Mais plus que tout, c'est une grande bouffée d'oxygène que prenait Vettel, en dépit de la pression liée inévitablement au statut de pilote Ferrari. "Je suis assez heureux là où je suis et me sens vraiment différent. Je ne regrette pas le temps que j'ai passé chez Red Bull. J'avais une très, très bonne relation avec les gens là-bas, mais je pense - pour résumer - que Ferrari est quelque chose de spécial."

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