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Actualités

Steiner : Le modèle Minardi manque à la F1

Selon le directeur de Haas F1, l'absence de petites équipes ferme la porte de la discipline aux jeunes pilotes, privés de point d'entrée.

Fernando Alonso, Minardi
Patrick Friesacher retrouve sa Minardi PS04
Guenther Steiner, team principal Haas F1 Team
Ukyo Katayama, Minardi M197
Fernando Alonso, Minardi M01
Guenther Steiner, team principal Haas F1 Team
Fernando Alonso, Minardi M01
Antonio Giovinazzi, Haas F1
Charles Leclerc, Ferrari
Justin Wilson, Minardi
Fernando Alonso, Minardi
Fernando Alonso, Minardi

Tandis que le plateau F1 s'est réduit cette année à dix équipes suite à la faillite de Manor, les opportunités pour les jeunes pilotes, déjà très réduites, se sont elles aussi amincies. La disparition successive, ces dernières années, des petites équipes qu'étaient également Caterham et HRT a rétréci le champ des possibilités quand, dans le même temps, le milieu de grille s'est suffisamment resserré pour qu'aucune écurie ne soit aujourd'hui totalement à la traîne.

Aux yeux de Günther Steiner, directeur de l'écurie Haas F1, cette situation permet certes d'offrir une bagarre musclée en milieu de peloton – bien que l'écart avec les top teams reste une préoccupation – mais freine paradoxalement l'accession à la catégorie reine pour des jeunes pilotes. Ce qu'a longtemps fait Minardi, condamné à la dernière place et à des exploits mais faisant débuter en F1 des talents comme Fernando Alonso, Giancarlo Fisichella ou encore Mark Webber, manque à la pyramide actuelle selon Steiner.

"La difficulté pour les jeunes pilotes, c'est qu'ils doivent être au bon endroit au bon moment", fait-il remarquer. "Il n'y a rien d'autre que l'on puisse faire pour ça, actuellement on ne peut même pas acheter un baquet. Quand Minardi était là, Minardi était peut-être content d'être dernier, c'était leur devoir d'amener des pilotes. Peut-être qu'ils n'étaient pas heureux d'être derniers mais ils pouvaient vivre avec ça car c'était leur business model : faire évoluer des pilotes, c'est un bon business model."

"C'est comme quand Ricciardo a piloté la HRT [en 2011], on savait qu'il n'allait rien faire du tout, mais ça lui a donné de l'expérience et ça n'existe plus. C'est peut-être une bonne chose que nous n'ayons plus ces équipes [de fond de grille], mais c'est peut-être aussi une mauvaise chose…"

Pas de filet pour les top teams

L'absence de point d'entrée dans une équipe de fond de grille pose également des problèmes aux écuries de pointe, qui peuvent difficilement préparer le terrain pour l'avenir. Si Red Bull Racing peut compter sur Toro Rosso – née du rachat de Minardi à Faenza –, les autres cadors n'ont pas ce luxe. Mercedes est parvenu à placer Esteban Ocon et Pascal Wehrlein ces deux dernières saisons, mais Ferrari est par exemple en manque de solution pour des jeunes pilotes tels que Charles Leclerc ou Antonio Giovinazzi. À tel point que la Scuderia discute avec Sauber quant à la possibilité de faire de l'écurie suisse son Junior Team.

"Je crois qu'ils sont tous les deux [Leclerc et Giovinazzi] de bons garçons, avec un très bon potentiel", constate Steiner, qui a vu les deux rouler dans le baquet Haas lors de séance d'essais libres. "Entre Ferrari et Mercedes, les prochains bons pilotes viendront de l'un d'eux. Mais la manière d'obtenir un baquet est difficile ; la Formule 1 est très difficile à cet égard. De la F2 à la F1, c'est un niveau différent, c'est un immense écart. Il faut un peu d'apprentissage. Mettre Charles ou Antonio directement dans une Ferrari, c'est un gros risque. Ça peut bien se passer, mais il y a de plus grands risques que cela se passe mal, car les attentes sont tellement élevées. La F1 est tellement complexe, on fait des erreurs quand on est jeune car on n'a pas d'expérience. On ne peut pas acheter cette expérience, il faut du temps."

 
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