Steiner ne s'arrête pas aux propos de Grosjean : "J'y suis habitué"

S'il ne serait pas contre des commentaires plus filtrés, Günther Steiner relativise les propos tenus par Romain Grosjean à l'issue du Grand Prix d'Espagne et appelle à une prise de recul raisonnée chez Haas.

Steiner ne s'arrête pas aux propos de Grosjean : "J'y suis habitué"

En dehors du point accroché avec opportunisme en Hongrie, Haas vit un début de saison 2020 galère avec une monoplace aussi peu performante que compréhensible dans ses variations de rythme. Le week-end du Grand Prix d'Espagne en a été la démonstration avec un vendredi prometteur puis une course désastreuse, au terme de laquelle Romain Grosjean a laissé transparaître toute sa frustration et son abattement. "S'il y a un endroit où c'était l'enfer, c'était bien là", a déclaré le Français en décrivant également une voiture "inconduisible" avant de conclure : "Vendredi, le long run était d'enfer, les runs qualifs étaient d'enfer, faciles, pas de problème, la voiture faisait ce que je voulais. Là, honnêtement, c'était peut-être la pire voiture que j'aie conduite de ma vie".

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Les propos hauts en couleurs sont devenus une habitude dans le clan Haas, si ce n'est une marque de fabrique. Alors, invité à réagir à ces commentaires, Günther Steiner n'a pas eu l'attitude d'un directeur d'équipe surpris. "J'y suis habitué", a-t-il fait remarquer. "Nous ne devrions pas connaître ces hauts et ces bas. Nous devons mettre les choses en perspective. Nous savons que nous n'avons pas la meilleure voiture et les mots ne me touchent pas vraiment. Nous devons faire ce qu'il faut. Nous savons où nous en sommes. Nous devons juste faire mieux. Peut-être que les mots n'aident pas, mais je peux vivre avec."

Au-delà des mots choisis, Steiner remet en question la manière d'établir le constat et de le formuler, exhortant ses troupes à le faire avec davantage de recul et de rationalité.

"Nous devrions filtrer un peu ces commentaires sur le moment, c'est comme le pire et le meilleur, c'est facile à dire", déplore-t-il. "Nous savons que nous n'avons pas la meilleure voiture. Et avoir la meilleure voiture un jour et la pire un autre, c'est quelque chose que nous devons prendre avec précaution. Nous devons étudier pourquoi nous avons perdu autant de performance entre vendredi et dimanche. Les chronos du vendredi étaient véritables. Et [dimanche] nous ne pouvions tourner qu'à deux secondes des chronos de vendredi. C'est donc très étrange."

"Nous devons entrer dans les données aéro puis voir si nous pouvons trouver quelque chose, ce que ça peut être. Mais je ne tire pas de conclusions hâtives. Le meilleur, le pire, l'entre-deux, etc… Nous devons travailler. Il est certain que nous n'avons pas la meilleure voiture. Mais nous devons essayer de comprendre pourquoi il y a eu soudainement cette grande différence entre vendredi et dimanche."

La marge de manœuvre chez Haas reste réduite à peau de chagrin. L'écurie américaine compose avec une monoplace qui ne reçoit pas la moindre évolution depuis le début de la saison et cette situation devrait durer. Tenter de comprendre son comportement et d'agir avec ce qui existe déjà est donc quasiment l'unique levier sur lequel agir.

"Ce que l'on peut penser, c'est qu'il y aura un changement de réglementation moteur au prochain Grand-Prix, espérons-le", rappelle Steiner en faisant allusion à l'interdiction future des différents modes moteur. "Comme je l'ai dit auparavant, cela pourrait peut-être faire des différences ou niveler un peu les choses. Pour le reste, nous essayons toujours de tirer le meilleur de la voiture avec les réglages. C'est la seule chose que nous pouvons faire pour le moment. J'en suis parfaitement conscient. Et c'est ce que nous continuerons à faire afin d'en comprendre davantage pour l'année prochaine. Nous pourrons définir ce que nous voulons de la voiture pour l'année prochaine, quand faire certains développements, une fois que nous connaîtrons la réglementation pour l'an prochain."

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