Pirelli : l'évidence d'un seul arrêt, et le "grand mais" de Monaco
Peu de variations stratégiques sont attendues à Monaco de la part de Pirelli, même si la course peut évidemment réserver des surprises et favoriser des coups de poker.
Forcément, en ayant déjà indiqué que les pneus ultratendres pourraient tenir la distance d'une course et en sachant que l'écart de performance entre les deux gommes les moins dures et la tendre est trop important pour que cette dernière ne soit utilisée en course, les options stratégiques sont très restreintes.
Oui, mais voilà, face aux 20 pilotes se dresse une mer d'incertitude : le circuit de Monaco, son étroitesse et ses scénarios parfois complexes. Et dans ses conditions, les paris toujours très audacieux sur la plupart des autres circuits peuvent apparaître totalement jouables en Principauté, pour peu que l'on ait le sentiment que les tenter ne coûtera pas plus cher que de ne pas les tenter.
Pirelli a établi deux stratégies préférentielles :
- sans surprise, la première et la plus rapide serait un départ en pneus ultratendres pour un premier relais de 28 tours, avant un passage aux gommes supertendres pour le reste de l'épreuve. Cependant, la firme italienne a aussi précisé dans ses communiqués que le passage des composés ultratendres aux supertendres pouvait presque avoir lieu à n'importe quel moment sans que cela ne nuise trop à la performance. Malgré tout, la marque des 28 tours semble être, au vu des dernières analyses du manufacturier, un point de bascule de la gomme violette ;
- ensuite, en précisant qu'elle serait "considérablement plus lente", Pirelli met en avant sa seconde stratégie : deux relais en ultratendres de 22 tours chacun, avant de finir en supertendres.
Dans un tweet, Pirelli écrit : "Mais (et c'est un grand mais), toutes ces stratégies peuvent être très flexibles, permettant aux pilotes de tirer parti des Safety Car et ainsi de suite."
En effet et, par exemple, il existe aussi la possibilité de voir un pilote s'élancer en supertendres en espérant profiter de faits de courses à son avantage, qui rendraient possible une remontée en étirant au maximum ce relais. Ou alors, au contraire, alors en faisant le choix hyper agressif de n'utiliser ces gommes que pour quelques tours (voire un seul), avant de monter les ultratendres en espérant aller jusqu'au bout pour profiter des arrêts et d'éventuelle(s) voiture(s) de sécurité pour jouer sa partition.
Tout cela relève du domaine de l'hypothétique, mais rares sont les éditions du Grand Prix de Monaco sans intervention du Safety Car : entre 2003 et 2015, il a pris la piste à 20 reprises, avec comme seules éditions "épargnées" 2007 et 2009.
La donne pourrait toutefois être grandement influencée par le fait que la procédure de Virtual Safety Car a été instaurée et démocratisée depuis deux saisons, l'édition 2016 ayant eu recours à ce type de neutralisation trois fois sur quatre. La seule apparition de la voiture de sécurité réelle l'an passé avait eu lieu au départ, pour lancer les F1 sur une piste détrempée.
"Un pitstop constitue clairement la stratégie optimale, mais il y a potentiellement la possibilité de tenter un coup de poker en s’élançant en supertendres et en espérant l’intervention de la voiture de sécurité", conclut ainsi Mario Isola, responsable de la compétition Pirelli.
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