Stroll prévient : si le package de Hongrie tourne mal, un nouveau moteur ne suffira pas
Attendu avec un important package d'évolutions en Hongrie, Aston Martin jouera gros avant la trêve estivale. Pour Lance Stroll, le Hungaroring dira si les problèmes de l'AMR26 peuvent être corrigés et si l'équipe peut encore relancer sa saison.
Photo de : James Sutton / LAT Images via Getty Images
En Hongrie, la semaine prochaine, théâtre du dernier Grand Prix avant la trêve estivale, Aston Martin introduira un important package d'évolutions. Ces nouveautés viseront avant tout à corriger les faiblesses du châssis de l'AMR26, tandis que les prochaines améliorations du moteur Honda n'arriveront qu'après les vacances d'été, à Zandvoort.
L'ampleur de ce package est telle que l'on peut presque la décrire comme une véritable version B de l'Aston Martin. Le châssis, dont le poids a été réduit, tout comme celui de la boîte de vitesses, a d'ailleurs dû repasser les tests d'homologation de la FIA.
Interrogé jeudi dans le paddock de Spa sur les points positifs de l'AMR26 dans sa configuration actuelle, Lance Stroll n'a pas cherché à masquer sa frustration : "Nous ne pouvons qu'aller de l'avant, donc c'est déjà positif. Mais honnêtement, la situation est assez catastrophique. Il n'y a rien que nous apprécions sur cette voiture. Elle n'a aucun point fort. Nous ne pouvons que progresser."
Le Grand Prix de Grande-Bretagne a parfaitement illustré les difficultés rencontrées par Aston Martin. Plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant le Canadien en proie à un immense sous-virage, au point de tourner le volant jusqu'en butée dans le rapide virage de Copse.
"Nous avons surtout un manque de stabilité à l'entrée des virages et au freinage dans les portions lentes et moyennes", expliquait Stroll. "Ensuite, nous souffrons d'une sorte de décrochage aérodynamique : le flux entre l'avant, le fond plat et l'aileron avant décroche, ce qui nous fait complètement perdre l'avant dans les virages rapides. Nous avons donc plusieurs limites."
"J'essayais surtout de donner davantage d'informations aux ingénieurs de Silverstone qui travaillent sur l'aérodynamique [en tournant le volant au maximum dans certains virages]. Certains décrochages aérodynamiques sont très difficiles à identifier uniquement à partir des capteurs de pression ou des données. Je voulais donc leur expliquer plus précisément ce que nous ressentons dans la voiture. Ce n'est pas toujours visible dans les données."
Revenant sur le package attendu en Hongrie, Lance Stroll a détaillé les objectifs techniques de l'équipe : "Nous espérons améliorer certaines caractéristiques de la voiture, gagner en appui bien sûr, mais aussi corriger plusieurs de ces défauts aérodynamiques que nous traînons depuis longtemps. Nous voulons simplement obtenir une voiture plus saine et plus agréable à piloter."
Aston Martin compte beaucoup sur son package de Hongrie.
Photo de: Manuel Eletto / Getty Images
Si le moteur Honda semblait jusqu'ici constituer le principal handicap d'Aston Martin, l'équipe souffre également d'un important déficit d'appui aérodynamique. Interrogé sur un éventuel lien entre le manque de puissance et le sous-virage de la monoplace, Lance Stroll a assuré que les deux problèmes étaient indépendants.
"Je pense que ce sont deux problèmes distincts", a-t-il confié. "Nous avons beaucoup de travail sur la motricité et le comportement du groupe propulseur. Nous manquons simplement de puissance, mais nous avons aussi énormément de problèmes d'équilibre et d'appui. Nous devons trouver beaucoup plus d'appui aérodynamique."
La Hongrie comme ultimatum
Stroll a enfin fait de la Hongrie un véritable juge de paix pour Aston Martin. Sur un circuit où le châssis prime largement sur la puissance, le package d'évolutions devra démontrer son efficacité. Dans le cas contraire, selon lui, même les futures améliorations du moteur Honda ne suffiront pas à remettre l'équipe dans le match.
"La Hongrie sera un excellent test", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas un circuit très dépendant de la puissance, mais plutôt du châssis. Si nous sommes encore très lents là-bas, alors l'évolution moteur prévue à Zandvoort ne résoudra évidemment pas tous nos problèmes."
"C'est un circuit où il faut de l'appui et une bonne balance. Si nous sommes nettement plus compétitifs en Hongrie, ce sera un très bon signe pour la suite de la saison."
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