Symonds - La structure horizontale de Ferrari ne fonctionnera pas

Directeur technique de Williams et artisan de la réorganisation de l'écurie britannique pour retrouver l'avant du peloton depuis 2014, Pat Symonds pose un regard sceptique sur la manière dont la Scuderia Ferrari s'est restructurée ces derniers mois.

Depuis le départ de James Allison, l'équipe de Maranello a fait le choix de ne pas le remplacer par une recrue de poids, confiant les rênes de l'organigramme technique à Mattia Binotto, via une promotion interne, tout en donnant davantage d'importance aux différents groupes de travail mis en place.

Aux yeux de Symonds, ce modèle qualifié de "structure horizontale" par Sergio Marchionne et Maurizio Arrivabene est voué à l'échec s'il ne bénéficie pas d'une orientation claire portée par un leader incontesté. 

"Cette idée ne fonctionne pas, croyez-moi", assure Pat Symonds dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. "McLaren a récemment mis en place une structure non pyramidale, mais en F1, il y a des ingénieurs et des techniciens qui ont des opinions fortes. Il y a des gens dont on sait comment ils travaillent dans les équipes, mais ils ont aussi besoin de prendre des décisions individuelles pour indiquer la direction à suivre. Ross Brawn était formidable pour ça chez Ferrari, comme l'était Rory Byrne, qui est toujours à Maranello. Ferrari peut le faire, mais il leur faut un leader fort." 

Et le Britannique d'ajouter que le départ de James Allison a inévitablement une incidence de taille : "Je ne connais pas les problèmes internes, mais j'ai travaillé de nombreuses années avec James et j'ai un énorme respect pour lui. C'est quelqu'un d'intelligent, un super ingénieur et un leader pour l'équipe. Je crois qu'aujourd'hui, Ferrari irait mieux s'il était toujours là."

Tandis que Ferrari prépare sa mue pour 2017 sans recrutement majeur pour son staff, en dépit d'approches manquées auprès de Ross Brawn, à qui un rôle de consultant avait été proposé, Pat Symonds raconte qu'il a lui aussi flirté plusieurs fois avec un départ pour Maranello.

"Oui, à trois reprises : la première quand Brawn est allé chez Ferrari en 1996", répond-il. "Mais j'étais chef ingénieur chez Benetton et j'allais devenir directeur technique, donc je ne pouvais pas partir. Ensuite en 2012, avec Stefano Domenicali, et enfin en 2014, quand j'étais déjà chez Williams. Mais, à chaque fois, pour différentes raisons, j'ai pensé que ce n'était pas le bon endroit pour moi."

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