Témoignagne - Le vibrant hommage de Häkkinen à Coulthard
Mika Häkkinen
David Coulthard félicite Mika Hakkinen après la course
Mika Häkkinen
Mika Häkkinen
Mika Hakkinen félicité par Ron Dennis
Mika Häkkinen
Mika Hakkinen fête son 33ème anniversaire avec David Coulthard
Mika Häkkinen
Mika Häkkinen
Le podium: Le vainqueur Mika Hakkinen avec Michael Schumacher et David Coulthard
Mika Hakkinen et David Coulthard
Mika Häkkinen, vainqueur
Mika Häkkinen
Mika Hakkinen félicité par David Coulthard

En 2015, le double Champion du Monde 1998 et 1999 Mika Häkkinen se raconte en détail au travers de récits publiés sur le site officiel de l'écurie McLaren. Motorsport.com vous en propose la traduction française au fil des semaines, afin de ne pas manquer une miette de l'histoire de ce grand Monsieur de la Formule 1.

Le Finlandais revient cette fois sur la première manche d'un championnat qui l'a sacré Champion du Monde : le controversé Grand Prix d'Australie 1998. Mika Häkkinen nous livre un nouveau récit passionnant et rend au passage un fier hommage à son équipier d'antan, David Coulthard.

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"Si le Grand Prix d'Australie a désormais pris ses quartiers à Melbourne, ce ne fut pas toujours le cas. Entre 1991 et 1995, il eut lieu à Adélaïde, avant de déménager dans l'Albert Park dès 1996. C'est un endroit que j'ai côtoyé en tant que pilote jusqu'en 2001, dernière année de ma carrière en Formule 1.

Je n'ai pourtant remporté le Grand Prix d'Australie qu'une seule fois. C'était en 1998, et je n'ai pas peur de dire qu'il s'agissait d'une victoire controversée. Lorsque nous sommes arrivés à Melbourne avec l'équipe, nous avions conscience que la McLaren-Mercedes MP4-13 allait dominer le championnat. Son aérodynamique était impressionnante, Adrian Newey et son équipe avaient effectué un travail remarquable.

Nous avons vite compris David Coulthard et moi que nous allions occuper la première ligne de ce Grand Prix, et nous avions vu juste : j'ai réalisé la pole position devant DC. Notre supériorité était si évidente qu'elle en était simplement… stupéfiante. Sauf catastrophe, nous allions réaliser le doublé en course également.

Mais Ron Dennis ne voulait pas que nous nous relâchions pour autant. Il nous a confié : "Soyez professionnels les gars, l'un de vous va devenir Champion du Monde cette année mais la saison est longue, alors ne vous causez pas inutilement des problèmes. Surtout pas entre vous, car cela pourrait se terminer par des abandons."

Nous avons alors convenu d'un plan : celui qui serait en tête au premier virage remporterait la course. Je suis resté en tête au départ et tout s'est passé comme prévu : nous dominions facilement le reste du peloton. Notre avantage en termes de performance était tout simplement dévastateur pour les autres.

L'équipe me parlait mais le message n'était pas clair et j'ai dû prendre une décision seul : je suis rentré aux stands.

Mika Häkkinen

Nous n'avions pas besoin d'attaquer. J'essayais donc de ménager ma MP4-13, son moteur, les pneumatiques. David faisait exactement la même chose quelques secondes derrière moi, afin de se tenir à distance suffisante pour laisser l'air entrer dans ses radiateurs et ainsi refroidir sa monoplace.

Tout allait très bien jusqu'à la fin du 36e tour. J'approchais de l'entrée des stands et j'ai entendu l'équipe me communiquer quelque chose à la radio. Le message n'était pas clair et j'ai alors dû prendre la décision seul.

Je suis rentré dans la voie des stands mais j'ai rapidement constaté que l'équipe n'était pas prête. J'ai réalisé que j'avais mal compris le message radio. Ron Dennis m'a alors parlé : "Continue Mika, continue. Ne t'arrête pas. Je répète : ne t'arrête pas !"

J'ai donc poursuivi mon chemin, passant devant mon stand où les mécaniciens étaient encore assis sur leurs chaises au beau milieu du garage. Pendant ce temps, David avait évidemment pris la tête.

J'étais alors deuxième et en colère : pas contre mon équipe mais contre moi-même. Je me suis mis à attaquer, j'ai poussé la voiture à fond et je battais le meilleur tour à chaque passage sur la ligne. Je voulais rattraper DC.

Je suis revenu dans ses échappements et Ron a demandé à David de me laisser passer en lui précisant que, sur base de notre accord, je devais remporter la course puisque j'étais en tête au premier virage.

Je me suis alors souvenu de ce qu'avait fait Carlos Reutemann en 1981 lorsqu'il avait ignoré les instructions de Frank Williams au Brésil, alors qu'on lui demandait de laisser passer Alan Jones. Carlos avait froidement accéléré et il avait remporté la course, même si Williams avait insisté à de nombreuses reprises. La situation était similaire et je pense que David aurait pu ignorer la demande de Ron.

Coulthard est un gentleman. Il était non seulement respecté chez McLaren, mais il était aussi aimé.

Mika Häkkinen

Mais il ne l'a pas fait. Après la course, j'ai remercié David du fond de mon coeur. Ce qu'il avait fait était tout à son honneur, ce qui n'est pas surprenant car cela le caractérise bien. Cela n'a pas dû être facile à réaliser pour lui, mais il l'a fait parce que David est un gentleman.

En réalité, je pense que ce qui s'est passé ce jour-là l'a rendu triste mais a joué à son avantage par la suite. Il venait de prouver aux yeux du monde - à ceux de Ron bien sûr - qu'il était un pilote d'équipe exceptionnel. DC a piloté une McLaren-Mercedes jusqu'en 2004, soit durant neuf saisons au total. Il a remporté douze Grand Prix pour l'équipe de Woking et, durant ce temps, toute l'équipe l'a non seulement respecté mais elle l'a aussi aimé.

J'ai roulé pour McLaren jusqu'à la fin de saison 2001, j'ai donc été l'équipier de David durant six années entre 1996 et 2001. Nous sommes devenus des amis proches durant cette période et c'est toujours le cas aujourd'hui. Lorsque nous sommes à Monaco tous les deux, nous allons souvent prendre un café ensemble pour discuter du bon vieux temps.

David est un gars adorable. C'était aussi un très bon pilote, je pense qu'il a parfois été sous-estimé car il était très rapide. Cette saison 1998 avait été grande et belle pour nous deux, je suis devenu Champion et il a terminé troisième du championnat, mais il était souvent extrêmement rapide.

À Monaco par exemple, il m'aurait battu s'il n'avait pas été victime d'une panne de moteur. Il me poussait dans mes derniers retranchements et même si nous avions une belle avance sur nos concurrents, je ne suis absolument pas certain que j'aurais pu tenir la distance jusqu'à l'arrivée sous sa pression."

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