Il est trop tard pour maintenir les Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite
L'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite 2026 est attendue dans le courant du week-end.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
À la suite de discussions lors du Grand Prix d'Australie le week-end dernier, la F1 s'était donné un délai de dix jours pour prendre une décision finale sur le sort des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite. Un calendrier largement dicté par la logistique du fret vers le Moyen-Orient, alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran continue d'embraser la région.
Les deux courses sont jumelées afin d'optimiser la logistique complexe de la F1. Il serait donc difficile d'en organiser une sans l'autre, même s'il est entendu qu'il subsistait un certain espoir de sauver d'une manière ou d'une autre l'épreuve de Djeddah.
Une partie du fret des équipes et de Pirelli se trouve déjà à Bahreïn, puisqu'il n'a jamais quitté le pays après les essais hivernaux. Mais avec un Grand Prix prévu le 12 avril, cela signifie que le reste du matériel devrait partir très prochainement. Maintenir le Grand Prix d'Arabie saoudite impliquerait également que le personnel puisse se rendre à Bahreïn afin de transférer une partie du fret de l'autre côté de la frontière.
Cette échéance, qui suit immédiatement le Grand Prix de Chine organisé ce week-end, approche désormais et il n'y a plus d'espoir que la F1 puisse la respecter.
La situation au vendredi 13 mars
La F1 va devoir tourner le dos au Moyen-Orient en raison de la situation géopolitique.
Photo de: Peter Fox / Getty Images
Au moment d'écrire ces lignes vendredi soir, la guerre dans la région s'est poursuivie et s'est même intensifiée. Jeudi, l'Iran a frappé des réservoirs de stockage de carburant et de pétrole à Bahreïn, deux semaines après avoir attaqué le quartier général de la cinquième flotte de la marine américaine, à seulement quelques kilomètres du centre-ville de Manama et à proximité immédiate de l'aéroport.
Le transport maritime international à travers le détroit stratégique d'Ormuz est également fortement perturbé, avec des informations faisant état de navires touchés au large des Émirats arabes unis et de la ville portuaire irakienne de Bassora. Le trafic aérien reste lui aussi fortement affecté, toutes les opérations de vol à l'aéroport international de Bahreïn étant actuellement suspendues, même si les aéroports saoudiens de Djeddah et de Riyad fonctionnent pour l'essentiel normalement.
Depuis le début du conflit le 28 février, lorsque les États-Unis ont supprimé le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, les hostilités ne se sont pas calmées et il n'existe toujours aucune indication claire sur la durée possible du conflit. Cette incertitude devrait désormais contraindre les dirigeants de la F1 à agir, plusieurs informations indiquant que les deux Grands Prix vont être annulés. D'après les informations de Motorsport.com, une décision finale sera prise dans les prochaines 48 heures.
Pourquoi une alternative n'a jamais vraiment eu de sens
Impossible de remplacer deux Grands Prix dans un calendrier chargé.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
La perte de ces deux courses au calendrier 2026 signifie qu'il n'y aura aucun Grand Prix de F1 en avril, ouvrant un intervalle de six semaines entre les rendez-vous du Japon et de Miami.
Les premières rumeurs laissaient entendre que la F1 pourrait simplement organiser des épreuves en Europe, comme elle l'avait fait de manière impressionnante pendant la pandémie de Covid-19. Cependant, et comme nous l'avions déjà expliqué, cela n'aurait guère de sens sur les plans logistique et commercial.
La première manche européenne de 2026 est actuellement prévue le 7 juin à Monaco. Ajouter à la dernière minute des courses sept ou huit semaines plus tôt sur des circuits comme Portimão ou Imola provoquerait un énorme casse-tête logistique pour la F1, la FIA et les organisateurs.
Les promoteurs devraient conclure des accords d'urgence avec les autorités locales et constituer une équipe réduite pour exploiter le circuit, alors que les exigences d'un Grand Prix de F1 moderne nécessitent généralement presque toute une année de préparation.
Il y a ensuite la question de la billetterie, qui serait difficile à mettre en place et à promouvoir avec un délai aussi court. Avec un nombre limité de spectateurs payants, il y aurait peu d'incitation pour un promoteur à payer une redevance d'organisation qui ne vaudrait pas tous ces efforts.
On ne sait pas quels accords la direction de la F1 a conclus avec les organisateurs bahreïniens et saoudiens, mais perdre ces deux courses - qui paient ensemble des droits d'accueil bien supérieurs à 100 millions d'euros - constituera inévitablement un coup financier et affectera également les finances des équipes. Mais comme l'a déclaré le PDG de McLaren, Zak Brown, en Australie : "Je pense que vu ce qui se passe, cela ne nous dérange pas si cela a un petit impact financier".
Comme expliqué, cet argent ne pourrait de toute façon pas être récupéré par des remplacements à court terme. Les choses seraient peut-être différentes si le nombre total de courses en 2026 devait passer sous la barre des 22, car c'est le minimum que la F1 doit organiser pour honorer ses contrats télévisés.
Mais même sans Bahreïn ni l'Arabie saoudite, la F1 atteindra encore ce chiffre cette année. Et la discipline dispose de beaucoup plus de temps pour réfléchir aux Grands Prix de fin de saison au Qatar et à Abu Dhabin ainsi qu'à d'éventuelles solutions de repli.
S'exprimant jeudi à Shanghai, le septuple champion du monde Lewis Hamilton a déclaré qu'il faisait confiance au patron de la F1, Stefano Domenicali, pour "faire ce qui est juste pour nous tous". Il semble désormais très probable que la F1 n'ait de toute façon pas d'autre choix, alors que la situation reste sombre au Moyen-Orient.
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