Quand Valentino Rossi flirtait avec la F1 et Ferrari

Directeur de l'écurie Mercedes, Toto Wolff a récemment proposé à Valentino Rossi un test en Formule 1. La superstar du MotoGP aurait-elle envisagé une carrière sur quatre roues il y a dix ans ?

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Valentino Rossi visite le circuit de Fiorano : Valentino Rossi et Michael Schumacher
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Valentino Rossi dans la Ferrari F2008
Valentino Rossi teste la Ferrari F2008
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C'est il y a plus de dix ans que Valentino Rossi, légende du MotoGP, a participé à des essais de F1 pour Ferrari aux côtés d'autres pilotes, tournant à sept dixièmes de Michael Schumacher. Cela ouvrait la porte à un choix de carrière qui aurait fait sensation s'il s'était concrétisé.

Pour la première fois, un Rossi peu expérimenté sur quatre roues était en piste avec Michael Schumacher, Fernando Alonso, Jenson Button, Felipe Massa, Nico Rosberg, Juan Pablo Montoya, Ralf Schumacher, Robert Kubica, Mark Webber et les autres. Voilà qui paraît un peu surréaliste désormais !

"Je ne lui ai donné aucun conseil, il n'en a pas besoin", commentait Schumi. Ce dernier avait signé un chrono de 1'11"640 alors que Rossi, au volant d'une spécification de voiture et de moteur plus ancienne, avait tourné en 1'12"362. Il était dans le coup, c'est certain, mais seuls les ingénieurs pourraient témoigner de son véritable potentiel.

Rossi a régulièrement flirté avec la F1, puisqu'il a testé pour Ferrari à plusieurs reprises entre 2004 et 2010. La plupart du temps, le motif officiel était "juste pour le fun" : deux légendes des sports mécaniques italiens associées pour une partie de plaisir mutuelle. Mais Rossi a toujours été un compétiteur féroce. Juste pour le fun ? Je doute qu'il sache ce que ça veut dire quand la visière est abaissée !

Quant à sauter le pas pour un baquet de titulaire, aussi étrange que cela paraisse aujourd'hui, Rossi aurait pu s'associer à Ferrari en Formule 1.

Certains affirment que cela a failli arriver. Par exemple, le père de Rossi a déclaré que son fils avait été "très, très proche" de le faire vers 2006, 2007. C'est une ère où l'on pouvait frapper fort, comme l'a prouvé Lewis Hamilton, si l'on faisait suffisamment d'essais – ce qui ne posait pas problème à l'époque.

Par la suite, Luca di Montezemolo, patron de Ferrari, a affirmé qu'il aurait engagé Rossi dans une troisième voiture si le règlement l'avait permis. Et on peut se dire que Rossi y aurait réfléchi sérieusement, vu l'opportunité.

L'avant-goût

C'est à Fiorano en avril 2004 que Rossi a testé une Ferrari F1 pour la première fois, portant même l'un des casques de rechange de Schumacher au lieu du sien.

"C'était une journée très enthousiasmante pour moi", avait-il déclaré à l'époque. "Piloter une F1 a été une expérience exceptionnelle, et c'était génial pour moi de suivre les traces de Schumacher pendant une journée."

Schumacher, qui était présent aux essais, a commenté : "Bien sûr, il lui a fallu un moment pour s'habituer, mais il était très impressionnant en fin de journée. Je sais qu'il a fait du karting, mais en fin de compte, quand on a la course dans le sang, on sait quoi faire."

Rossi a fait des essais similaires à Fiorano en 2005, cette fois avec Marc Gené pour le conseiller, et a clairement pris du plaisir : "Je voulais mieux comprendre la Formule 1 ; c'était intensif et intéressant. J'ai parcouru beaucoup de kilomètres, et j'ai commencé à comprendre le comportement de la voiture." On a le sentiment qu'il aurait aimé continuer...

Les essais de Valence

Après un autre test de fin de saison cette année-là, ses premiers tours de roue en public ont été effectués lors des essais de pré-saison 2006 à Valence, au volant d'une voiture à moteur V10 bridé. Les pilotes Ferrari, Michael Schumacher et Felipe Massa, pilotaient des voitures différentes ; toute comparaison directe était donc impossible.

"Je dois dire que je me suis senti à l'aise et que je n'ai pas eu de problème particulier ; peut-être dois-je m'exercer un peu à piloter sous la pluie", avait lancé Rossi sur un ton malicieux après être parti en tête-à-queue lors de son seul tour sur piste humide.

C'est peut-être à ce moment-là que Rossi a été le plus proche d'une arrivée en F1. L'Italien avait manqué de peu un nouveau titre en MotoGP en 2006, battu de justesse par Nicky Hayden, mais a affirmé que les tests en F1 (plus de 1000 km de roulage !) "ne l'avaient pas distrait".

Ce que personne ne savait alors, c'est que les jours de Schumacher chez Ferrari étaient comptés. Kimi Räikkönen allait arriver en 2007 et remporter le titre à sa première tentative avec la Scuderia. Le contrat de Rossi touchait à sa fin, mais il en a signé un nouveau avec Yamaha en juin 2006 pour remporter deux titres MotoGP supplémentaires.

Imaginez si des décisions différentes avaient été prises à ce moment-là. Les conséquences auraient été gigantesques pour le monde du sport auto et moto.

Rossi a fait son retour au volant d'une Ferrari quelques années plus tard, pilotant la F2008 grâce au programme Corse Clienti sur le Mugello et à Barcelone. Mais là, ça avait vraiment l'air d'être pour le plaisir, pas comme ces essais sérieux en 2006.

La dernière chance de Rossi ?

"Vale aurait été un excellent pilote de Formule 1, mais il a choisi un chemin différent", commentait Stefano Domenicali après le test le plus récent de Rossi, en 2010. "Il fait partie de notre famille et c'est pourquoi nous avons voulu lui donner cette opportunité."

"Nous sommes contents d'être à nouveau ensemble ; Ferrari et Valentino Rossi, deux symboles italiens."

Mais peut-être que la dernière véritable opportunité de courir en F1, pour Rossi, s'est présentée en 2009, suite à la blessure de Felipe Massa en Hongrie. Lorsque son remplaçant Luca Badoer a connu des difficultés lors des deux courses suivantes, Rossi s'est mis à réfléchir, n'ayant rien à perdre...

"J'ai discuté avec Ferrari quant à courir à Monza", commentait le champion moto. "Mais sans essais... cela n'aurait pas été logique. Nous avions déjà décidé qu'arriver en Formule 1 sans essais était plus risqué que fun. On ne peut pas y aller et comprendre la voiture entièrement en trois jours."

Il n'a pas tort. Et la Ferrari de 2009 n'était pas un foudre de guerre. Mais la F2007 ? Elle a remporté plus de la moitié de ses courses, six avec Kimi Räikkönen et trois aux mains de Felipe Massa. À se demander ce qui aurait pu se produire s'il avait fait une John Surtees...

Conclusion

Imaginez une saison 2007 où Lewis Hamilton et Valentino Rossi auraient tous deux fait leurs débuts en Formule 1. Ça aurait été génial ! S'ils avaient fait autant d'essais de pré-saison l'un que l'autre, il aurait été fascinant de voir comment leurs carrières auraient tourné.

Rossi aurait-il pu atteindre le même talent sur quatre roues que sur deux ? Il demeure l'un des pilotes les plus compétitifs en MotoGP, et l'association Rossi/Ferrari aurait certainement contribué à la médiatisation de la F1 – au détriment de celle du MotoGP, qui aurait été privé de son pilote le plus bankable.

À quel point ces sept dixièmes de retard sur Schumacher étaient-il représentatifs lors de ces essais à Valence ? Rossi a-t-il considéré que c'était trop ? Voyait-ils des choses qu'il ne pouvait émuler sur les données de Schumacher ?

En fin de compte, il n'a pas voulu en faire une réalité. Après tout, la passion pour la moto, c'est sa vie. Et quand on voit un champion du monde de F1 prendre sa retraite à l'âge de 31, la décision de Rossi de courir au plus haut niveau jusqu'à la quarantaine est encore plus impressionnante.

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