Vibreurs : la FIA inflexible, des équipes veulent du gravier

Les dégâts occasionnés par les vibreurs du circuit Paul Ricard posent un problème économique pour les écuries. Mercedes et Red Bull plaident pour un retour des bacs à gravier à plus long terme.

Vibreurs : la FIA inflexible, des équipes veulent du gravier

La FIA n'a pas cédé, les vibreurs du Paul Ricard ne changeront pas ! Au cœur de nombreuses discussions pendant et après les essais libres du Grand Prix de France, notamment en raison des dégâts provoqués sur les monoplaces, les éléments disposés pour définir les limites de piste sur le circuit du Castellet seront toujours en place pour la suite du week-end.

Lors de la première séance vendredi, le directeur sportif de Mercedes, Ron Meadows, avait été le premier à soulever le problème auprès de la direction de course après un passage de Valtteri Bottas sur les vibreurs jaunes, souvent comparés à des "saucisses". La question financière a été directement mise en lumière, ce à quoi le directeur de course Michael Masi a répondu que ces vibreurs existaient déjà lors de l'édition 2019 du Grand Prix. Dans l'après-midi, même scénario et même requête du clan Red Bull Racing après un passage de Max Verstappen sur ces éléments jaunes,  jugés trop rudes envers les F1.

Lire aussi :

Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat autour des limites de piste, de leur surveillance et des solutions pour les faire respecter. Qui plus est à l'aube d'un double rendez-vous en Autriche, où le Red Bull Ring est réputé pour susciter des controverses en la matière et où des vibreurs agressifs ont déjà endommagé bien des monoplaces.

Vendredi soir au Castellet, le sujet a été abordé lors du traditionnel briefing des pilotes, Michael Masi promettant de se pencher sur la question. La conclusion du directeur de course semble toutefois très claire, avec le choix du statu quo. Aucune modification n'a été apportée aux notes ce samedi si ce n'est une surveillance accrue des limites au virage 6, qui vient s'ajouter à celle déjà en place pour les virages 1-2, 3-5 et 8-9.

"Nous sommes vraiment justes par rapport à ce que nous dépensons avec le plafond budgétaire", a fait remarquer Toto Wolff, directeur de Mercedes, à Motorsport.com. "Si l'on perd un fond plat à cause d'un vibreur, c'est frustrant, mais ce n'est la faute de personne. Nous devons trouver des solutions ensemble pour éviter que les voitures aillent trop hors de la piste. Et d'un autre côté, ne pas casser un châssis."

"La surveillance électronique n'est pas géniale, la surveillance visuelle ne l'est pas non plus. Il faut avoir des facteurs qui font payer le prix si l'on passe trop large, mais de préférence pas avec un coût financier. Peut-être rester coincé dans un bac à gravier, en revenant à des solutions simples. Mais ceci étant dit, la simplicité peut aussi créer des complications, en matière de sécurité par exemple."

Toto Wolff rappelle également que la problématique des limites de piste est très fluctuante et varie d'un tracé à l'autre, permettant de dissocier les bonnes des mauvaises idées. "Nous devons peut-être nous pencher sur les circuits les plus récents et voir comment y avoir une course spectaculaire comme nous en avons vues au Mugello, à Portimão et même à Imola ; en tirer les leçons et peut-être pas réinventer la roue", plaide-t-il.

Pour Christian Horner, directeur de Red Bull Racing, le retour des bacs à gravier pourrait en effet constituer l'une des meilleures solutions afin de régler tout ou partie du problème.

"Je pense qu'il est important de trouver un équilibre", insiste-t-il. "Le problème est que les vibreurs, tels qu'ils sont disposés, ne sont pas immédiatement visibles par les pilotes, donc ça les invite à y aller. Ce serait bien de trouver quelque chose qui n'endommage pas trop la voiture, mais qui pénalise en temps. C'est pourquoi je pense que le gravier serait probablement une meilleure solution à long terme, car il y aurait une pénalité physique sans endommager les ailerons avant, ce qui est très onéreux."

Pour l'écurie de Milton Keynes, la problématique est exactement la même qu'à Brackley, avec un plafond budgétaire qui, depuis cette année, vient contraindre la production de pièces, surtout après avoir déjà subi de gros dégâts à Bakou avec l'accident de Max Verstappen. "C'est très dur car la consommation de pièces est élevée, nous n'avons pas de gros stocks en raison du plafond budgétaire", prévient Christian Horner. "C'est un exercice d'équilibre permanent, et il y a trois courses à venir sur des circuits qui affectent les ailerons avant."

Propos recueillis par Adam Cooper

partages
commentaires
Bottas ou Russell : Mercedes pourrait attendre l'hiver

Article précédent

Bottas ou Russell : Mercedes pourrait attendre l'hiver

Article suivant

Aston Martin impressionné par la mémoire de Vettel

Aston Martin impressionné par la mémoire de Vettel
Charger les commentaires
L'avantage inattendu de la course sprint Prime

L'avantage inattendu de la course sprint

Le test des courses sprint en Formule 1 à Silverstone a suscité des réactions mitigées samedi, mais il restait à savoir quel serait son impact sur le Grand Prix de dimanche. Alors que les fans s'émerveillaient du départ de Fernando Alonso, une leçon clé permettait d’anticiper l’accident survenu à Copse le lendemain.

Formule 1
25 juil. 2021
Les conséquences cachées du crash de Verstappen Prime

Les conséquences cachées du crash de Verstappen

Les limitations budgétaires mises en place en 2021 n'ont de cesse d'amener les équipes de pointe à devoir faire de nouveaux compromis pour limiter les dépenses. Ceux-ci sont particulièrement ressentis en situations d'accidents causant d'importants dégâts.

Formule 1
24 juil. 2021
Comment Lawrence Stroll va faire gagner Aston Martin Prime

Comment Lawrence Stroll va faire gagner Aston Martin

Lawrence Stroll est un homme qui aime obtenir ce qu'il veut. Et, en ce moment, ce qu'il veut par-dessus tout, c'est faire de son équipe de Formule 1, Aston Martin, des gagnants et des Champions du monde.

Formule 1
22 juil. 2021
Théo Pourchaire : ses débuts en F2, ses espoirs de titre... et son permis ! Prime

Théo Pourchaire : ses débuts en F2, ses espoirs de titre... et son permis !

Après un week-end bien chargé avec trois courses à Silverstone, quoi de mieux qu'une escale dans le studio londonien de Motorsport.tv ? Théo Pourchaire nous a fait le plaisir de nous rendre visite et s'est exprimé sans tabou sur un grand nombre de sujets, qu'il s'agisse de Formule 1, de Formule 2... ou de son permis de conduire !

FIA F2
21 juil. 2021
Les notes du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021 Prime

Les notes du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021

Après le Grand Prix de Grande-Bretagne, dixième manche de la saison 2021, nous avons attribué les notes suivantes aux pilotes.

Formule 1
19 juil. 2021
Qualifs Sprint : ce qu'il faut garder et ce qu'il faut changer Prime

Qualifs Sprint : ce qu'il faut garder et ce qu'il faut changer

Au Grand Prix de Grande-Bretagne, la Formule 1 a organisé ses premières qualifications sous la forme d'une course sprint. Il est difficile de tirer des conclusions après un seul essai mais nous trouvons déjà des points positifs et des zones à améliorer.

Formule 1
18 juil. 2021
La F1 de 2022 vue par les pilotes Prime

La F1 de 2022 vue par les pilotes

La présentation du modèle à l'échelle 1 mettant en lumière les changements pour la saison 2022 était avant tout un événement dédié aux spectateurs et fans de F1. Mais il a aussi intéressé les pilotes.

Formule 1
17 juil. 2021
Ce que le concept de 2022 nous apprend sur le futur de la F1 Prime

Ce que le concept de 2022 nous apprend sur le futur de la F1

Sur le circuit de Silverstone, théâtre du Grand Prix de Grande-Bretagne, la Formule 1 a dévoilé un modèle à l'échelle 1 d'une monoplace répondant à la réglementation de la saison 2022.

Formule 1
16 juil. 2021