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Victor Martins dévoile les coulisses de son rôle chez Williams en F1

Champion de Formule 3 en 2022, Victor Martins n'est pas encore parvenu à atteindre la Formule 1. Mais il est désormais pilote d'essais et de développement chez Williams. Lors du Grand Prix de Belgique, il a raconté à Motorsport.com tout ce que son travail implique.

Victor Martins, Williams

Photo de : Clive Rose / Getty Images

Victor, parlons de votre rôle chez Williams actuellement, est-ce que vous pouvez expliquer quel impact vous avez sur la voiture ?

Je peux avoir un impact sur la voiture, après est-ce qu'il est direct ? Je ne peux pas dire parce qu'il y a quand même beaucoup de personnes dans l'équipe, beaucoup de départements, beaucoup de choses à améliorer, à analyser, donc direct je dirais non.

Par contre, faire partie du développement, oui, que ce soit principalement au simulateur, tester avant chaque week-end la gestion d'énergie sur le circuit en question, anticiper l'arrivée d'Alex [Albon] et Carlos [Sainz] pour qu'ils travaillent sur d'autres choses peut-être plus importantes pour eux. Mais avoir un impact direct sur changer une suspension, non, parce que je n'ai pas testé la voiture aujourd'hui en vrai.

Mais je vais accélérer ce développement, je vais essayer d'utiliser mon expérience pour viser les retours les plus clairs et les meilleurs possibles. Par contre, pour avoir une relation assez proche avec Carlos et Alex pour comprendre quels sont les axes de travail sur la voiture, ce qui est bon, pas bon, ce qu'il faut améliorer, le focus où le mettre, c'est important pour moi de passer du temps ici, pour ensuite retourner à l'usine et donner des bons retours, me concentrer sur les bonnes choses pour la FW48 cette année.

Mais c'est aussi bien de mon côté pour ma carrière de continuer à apprendre une équipe de F1, d'avoir un pied en F1 aussi en tant que réserve sur quelques courses, donc je prends ça positivement.

Victor Martins était réserviste pour Williams à Spa-Francorchamps.

Victor Martins était réserviste pour Williams à Spa-Francorchamps.

Photo de: Clive Rose / Getty Images

Est-ce que ça ne complique pas un peu les choses d'être dans le simulateur sans avoir testé la voiture en vrai ?

Oui, ça complique, après on sait à quel point c'est dur de rouler en vrai dans la voiture. Faire des TPC ce n'est pas possible, faire des EL1, on n'a pas beaucoup d'opportunités, il n'y a pas beaucoup de temps, ce ne sont pas des choses faciles à avoir en tant que pilote. Donc oui j'aimerais bien, j'ai envie de dire que je pousse tous les jours et j'espère tous les jours avoir des opportunités comme celle-ci.

Mais j'ai quand même assez de retours et assez d'expérience pour regarder, écouter en piste ce qu'il se passe sur la voiture, les reproduire au simulateur, les ressentir, comprendre et savoir quelle direction prendre. Bien sûr que demain, si je peux avoir l'opportunité de rouler, ça apporterait énormément à tout le développement du simulateur, de la voiture, de la corrélation, enfin un peu à tout le monde en fait, tous les départements.

Est-ce que l'équipe vous a déjà donné une idée de si à un moment dans l'année vous alliez pouvoir prendre le volant ?

Pour le moment, en EL1, non, ce n'est pas forcément programmé. J'ai quelques jours en TPC, j'ai déjà fait une journée à Silverstone un peu plus tôt dans l'année, mais ce n'est pas avec cette voiture-là. Pour l'instant, non, je n'ai pas forcément quelque chose de prévu.

Mais encore une fois, la F1 ça peut changer, ça peut évoluer, il ne faut pas se précipiter, s'acharner. Il faut juste faire le travail quand il faut, être professionnel, donner les bons retours, avoir la bonne relation et peut-être qu'un jour on me la donnera avant la fin de l'année.

Victor Martins avait roulé en essais libres l'an dernier à Barcelone.

Victor Martins avait roulé en essais libres l'an dernier à Barcelone.

Photo de: Clive Rose / Getty Images

Vous développez aussi un simulateur spécifique au programme de jeunes pilotes, comment on développe ça par rapport à un simulateur classique ?

Finalement ça se rejoint un peu tous les deux, parce que dans le simulateur que je fais pour cette année, pour la FW48, on essaye de reproduire les mouvements de la voiture, les problèmes, les forces et les faiblesses, le feeling pour la développer. Le simulateur pour le développement des jeunes, on essaye de se rapprocher le plus possible de ce qu'une voiture fait sur circuit, donc en fait ça se rejoint assez naturellement.

Mais on va travailler sur des modèles par exemple des catégories inférieures, F3, F2, pour essayer de reproduire un peu tout ce qu'ils peuvent avoir dans les jeunes catégories. Mais en fait il y a des liens, c'est pareil à la fin, c'est juste à moi d'apporter mon expérience F2, F3, des pneus, des Pirelli, de la voiture, des moteurs, comment ça se passait, comment ils se comportaient, tout ça pour les remodéliser, les reproduire.

Est-ce que l'intérêt finalement c'est principalement d'avoir deux simulateurs qui peuvent être utilisés en même temps l'un que l'autre ?

Oui. En même temps, par exemple sur un week-end non, mais à l'usine oui, dans la semaine, je ne sais pas, un mardi, il y a le simulateur qui travaille sur la FW48 pour tout le développement durant l'année, et en même temps à quelques mètres, un simulateur qui tourne pour aider les jeunes pilotes.

Oui c'est le but, mais ce n'est pas du tout le même objectif et le même programme, ni le même projet derrière en fait. Il y en a un  pour la F1, il y en a un pour les jeunes pilotes de l'académie, donc c'est deux choses quand même différentes, mais oui ils peuvent rouler au même moment.

Victor Martins roule sur deux simulateurs à Grove.

Victor Martins roule sur deux simulateurs à Grove.

Photo de: Clive Rose / Getty Images

Alex Albon a dit qu'il y avait déjà pas mal de ressources qui étaient dévouées à la FW49, est-ce que vous travaillez aussi dessus ?

Oui, après c'est vrai qu'on est quand même un bon groupe de pilotes, donc on a différentes tâches et différents objectifs. Moi, je trouve en tout cas que je suis plus dédié au développement sur l'instant présent, actuellement sur la FW48, donc ça va être le soutien en course, par exemple hier j'étais encore au simulateur pour préparer ce week-end et avoir les derniers ajustements sur la gestion de l'énergie.

Je vais être plus là-dessus, mais j'ai pu tester quelques fois dans l'année ce qui arrivera les années suivantes, et comment elles se comportent par rapport à celle de cette année, et les directions à prendre. Je pense qu'il y a un bon nombre d'ingénieurs qui sont dédiés à ce développement-là, mais c'est vrai que quand on est dans une écurie de F1, on a à travailler avec beaucoup de personnes qui sont sur différents sujets.

On est énormément dans une équipe de F1, donc ça fait beaucoup de personnel, beaucoup de sujets, beaucoup de choses à analyser, donc on évolue constamment en fait. On découvre de nouvelles choses tous les jours, même dans mon rôle de test et développement au simulateur.

Le pilote français évoque un apprentissage quotidien.

Le pilote français évoque un apprentissage quotidien.

Photo de: Clive Rose / Getty Images

Vous disiez plus tôt que c'est une bonne chose pour votre carrière. Est-ce que ça veut dire que vous pensez encore à la F1 et quelles perspectives d'avenir avez-vous ?

Je ne cache pas que je pense encore à la F1, mais je pense à la F1 autant qu'au WEC par exemple, ou à la Formule E, parce que ce sont pour moi les trois catégories les plus importantes et les plus convoitées dans le sport auto par les meilleurs pilotes dans le monde. Donc oui, je mets autant d'importance à garder un pied en WEC, mettre un pied en FE et mettre un pied en F1.

Oui ça reste un objectif, ça reste un rêve d'atteindre la F1, c'est pourquoi je garde ce pied-là avec Williams, ce rôle-là parce qu'il m'apporte beaucoup en tant que pilote sur le côté personnel, sur comment aborder, apprendre des nouvelles choses sur l'ingénierie, sur la voiture. Par exemple, le côté électrique de la F1 peut m'apporter de belles choses si je vais en FE plus tard dans ma carrière.

Il y a beaucoup de liens entre toutes ces catégories, certains systèmes en Hypercar se rapprochent beaucoup de systèmes en F1, donc je peux aussi apporter des choses que j'apprends avec Alpine. C'est bénéfique quoi qu'il arrive pour ma carrière et ça peut me donner un jour, on ne sait jamais, une chance de rouler en F1.

Victor Martins aura-t-il un jour sa chance en F1 ?

Victor Martins aura-t-il un jour sa chance en F1 ?

Photo de: Clive Rose / Getty Images

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