Wolff - "Je ne peux pas attendre indéfiniment"

Les chances de Susie Wolff d'obtenir un baquet de titulaire en Formule 1 pour 2016 semblent très maigres.

Pilote d'essais Williams, Susie Wolff a participé à quatre séances d'essais libres depuis l'an dernier : à Silverstone et à Hockenheim en 2014, à Barcelone et à Silverstone cette saison.

Malgré des chronos convaincants, il semble peu probable que Williams titularise Wolff l'an prochain : l'équipe britannique devrait reconduire Felipe Massa et Valtteri Bottas.

Il paraît également irréaliste de voir Wolff trouver un baquet au sein d'une autre équipe, et la jeune femme ne cache pas qu'à l'âge de trente-deux ans, elle ne peut pas passer le reste de sa carrière à attendre une hypothétique opportunité en Formule 1.

"Je ne peux pas attendre ma chance sur la touche indéfiniment," confie-t-elle à CNN. "On ne dirait pas qu'il y aura beaucoup d'opportunités d'être sur la grille l'an prochain. Cela va être un hiver de réflexion parce que soit ça se fait, soit ça ne se fait pas."

"Je suis très ambitieuse mais aussi très réaliste. Cela va être dur. Cela va être très dur," ajoute Wolff au sujet de ses chances pour 2016.

Claire Williams, directrice de l'écurie dans laquelle évolue Wolff, se montre évasive quant aux perspectives d'avenir de l'Écossaise.

"Susie doit continuer à travailler dur," déclare Williams. "Elle doit s'assurer d'être le package entier qu'elle peut être. Pour l'instant, Susie est notre pilote d'essais. Nous verrons où elle se retrouve à la fin de la saison."

Prise de court par Adrian Sutil

Susie Wolff a subi un coup dur en début de saison, lorsque Valtteri Bottas s'est blessé au dos et a dû déclarer forfait pour le Grand Prix d'Australie après en avoir disputé les qualifications. Le Finlandais ne pouvait pas être remplacé à Melbourne, mais sa participation à l'épreuve malaisienne était en doute.

Williams disposait alors de deux pilotes d'essais débutants, à savoir Wolff ainsi que le pilote GP2 Alex Lynn, mais a décidé de recruter Adrian Sutil en tant que pilote de réserve, de façon à maximiser les chances de points en cas de remplacement au pied levé. Bottas a finalement disputé le Grand Prix de Malaisie, mais la situation a logiquement été difficile à accepter pour Wolff.

"Ce n'était pas le meilleur moment de ma carrière," reconnaît-elle. "C'était certainement dur. Ma première pensée a été pour Valtteri, qui est un bon ami, mais étant une pilote de course égoïste, je me suis ensuite demandé si j'allais avoir ma chance."

"Quand Adrian a été annoncé, évidemment, ce n'était pas génial pour moi. Cela m'a juste déterminée davantage à faire du bon travail quand je monte dans la voiture."

Wolff se montre réaliste, et reconnaît comprendre la position adoptée par l'équipe quant au remplacement de Bottas, compte tenu des enjeux.

"Il faut voir les deux points de vue," relativise l'Écossaise. "Si je me mets à la place de l'équipe, ils avaient une voiture assez rapide pour le podium et ils avaient une pilote d'essais qui n'avait jamais disputé de course de F1 auparavant. Ils voulaient quelqu'un qui ait de l'expérience des courses de F1, et je comprends cet argument."

39 ans sans femme au départ

Trente-neuf ans sans qu'une femme ait pris le départ d'un Grand Prix de Formule 1, vingt-trois ans sans qu'une femme ait été engagée pour un GP de F1 : les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Aussi Wolff pose-t-elle deux questions rhétoriques : "Une femme peut-elle courir à ce niveau, à notre époque? Il y a eu des pionnières par le passé, mais pourquoi n'y a-t-il pas eu de femme depuis si longtemps?"

Les facteurs sont nombreux, mais on ne peut qu'espérer que lorsqu'une femme démontrera qu'elle détient le talent nécessaire, la Formule 1 lui ouvrira ses portes.

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