Selon Wolff, Red Bull commet une "erreur stratégique"

Toto Wolff est persuadé que Red Bull Racing commet une erreur en n'utilisant pas le même pétrolier que Renault pour l'exploitation de son unité de puissance.

Sur la grille actuelle de la Formule 1, Red Bull Racing est la seule écurie cliente à ne pas utiliser le même fournisseur de carburant et de lubrifiants que son motoriste. L'écurie de Milton Keynes a choisi ExxonMobil plutôt que BP/Castrol, qui est pourtant le partenaire de Renault.

Autre client du Losange, McLaren a recours cette saison aux produits de BP/Castrol, mais utilisera en 2019 ceux de Petrobras, avec qui un accord de sponsoring a déjà été conclu pour l'année qui vient.

Mercedes et Ferrari, qui fournissent des moteurs à Williams et Force India pour l'un, à Sauber et Haas pour l'autre, imposent à leurs clients de recourir au même pétrolier, à savoir Petronas et Shell. Directeur de Mercedes, Toto Wolff assure que cela permet aux équipes de bénéficier de tout le développement réalisé au banc d'essai, ainsi que de l'optimisation de l'unité de puissance. À l'inverse, Red Bull doit payer pour son propre temps passé sur le banc d'essai de Renault à Viry-Châtillon lorsque le moment est venu de valider une nouvelle spécification soumise par ExxonMobil.

"ExxonMobil est capable de réaliser un carburant de pointe, tout comme BP/Castrol ou n'importe lequel des meilleurs dans ce domaine", admet Toto Wolff auprès de Motorsport.com. "L'erreur stratégique, c'est d'opter pour un accord commercial plutôt que de s'assurer d'avoir la même spécification de carburant que l'équipe d'usine."

"Nos équipes [clientes] ont toujours utilisé Petronas, à l'exception de McLaren [par le passé]. Ça n'a jamais été remis en question, car stratégiquement, il faut s'assurer d'être sur les mêmes niveaux de performance, et donc d'avoir les mêmes fluides que l'équipe d'usine. Nous utilisons tous les mêmes carburants, car nous calibrons nos moteurs pour une spécification d'essence précise. En utilisant différents calibrages en piste, on n'apprend rien. Ça complique la vie d'avoir différentes spécifications. C'est une philosophie." 

Toto Wolff insiste sur le calcul à faire dans ce domaine entre le volet économique et le volet performance, qui ne doit selon lui pas être négligé.

"La dépense nette sera bien plus basse que la valeur globale de l'accord commercial", admet-il quant aux heures de banc d'essai à financer, comme le fait Red Bull. "Néanmoins, il faut peser le pour et le contre entre le bénéfice financier et le déficit stratégique de ne jamais avoir une coopération étroite entre le fournisseur de carburant et d'huile et l'équipe d'usine. Ce que je dis, c'est que les relations entre une équipe d'usine et son pétrolier seront toujours plus intenses. Il faut allouer cette capacité de banc d'essai et mesurer les intérêts."

Propos recueillis par Adam Cooper

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