Pourquoi la survie de la Formule Renault 3.5 est nécessaire

La nouvelle réglementation de la FIA concernant l'attribution de la Super Licence semble avoir été un signe avant-coureur de l'avenir de la Formule Renault 3.5.

Oubliez le maximum de 30 points octroyés au champion de la discipline : certes, c'était un problème, si discutable que la FIA a fini par en accorder 35, mais probablement seulement un facteur secondaire. Non, c'est l'annonce du retour du championnat de Formule 2 de la FIA qui a eu cette conséquence : la Formule Renault 3.5 ne peut plus être gérée comme elle l'a toujours été.

Cela signifie que la simplification de l'échelle des formules de promotion entreprise par la FIA se concrétise, et vu le monopole donné par les instances dirigeantes à la Formule 3 au niveau inférieur, elles ne permettront probablement pas une concurrence à la F2.

Les discussions politiques entre la F2, le GP2 et la FR3.5 ont eu pour conséquence le retrait du soutien de Renault à cette dernière.

Certes, le constructeur français a certainement d'autres raisons : l'annonce coïncide avec les vives rumeurs d'une plus grande implication de Renault en F1, ainsi qu'avec les efforts continus du Losange avec e.dams en Formule E, mais l'arrivée de la F2 et le désir supposé de Renault de s'associer à ce projet ont sûrement joué un rôle là-dedans.

Dans tous les cas, le retrait de Renault ne met pas forcément fin à la FR3.5, mais pourrait être un sacré coup dur pour cette dernière, surtout si elle ne fait plus partie des World Series by Renault.

Dans le fond, l'idée de simplifier le chemin qui mène à la F1 a beaucoup de sens. Après tout, il existe une antichambre claire à l'IndyCar et à la Super Formula, et le programme Road to Indy a été grandement apprécié par les pilotes pour le chemin évident et fiable qu'il représente.

Mais en même temps, il est difficile de ne pas avoir le sentiment que la Formule Renault 3.5 a tiré la courte paille, vu que des pilotes de Formule 1 en proviennent désormais régulièrement.

GP2 vs. FR3.5 : La comparaison impossible

Comparer la FR3.5 et le GP2 est le passe-temps favori des amateurs de formules de promotion depuis bien des années, mais tandis que tous deux ont eu leurs bonnes et mauvaises années, ils ont été, en moyenne, excellents, et très différents, si bien que les comparer n'a que peu d'intérêt, comme l'indique également Pierre Gasly.

Le GP2 a l'avantage d'avoir lieu sur les Grands Prix de Formule 1, et a la réputation d'être particulièrement divertissant avec ses grilles inversées. Les pneus à dégradation rapide signifient que la stratégie et la gestion des gommes sont parfois plus importantes que la vitesse pure, ce qui pourrait être un problème si ce n'était pas également le cas dans la F1 moderne.

La FR3.5, d'un autre côté, est symbolisée par la vitesse pure ; qui aborde le premier virage en tête a toutes les chances de s'imposer. C'est une discipline qui met en avant les prodiges sur un tour, comme l'a montré Carlos Sainz Jr lorsqu'il a rebondi après deux années difficiles en F3 et en GP3 pour dominer la saison 2014 de FR3.5.

Vu que la F1 n'offre pas beaucoup de baquets chaque saison, est-il excessif d'avoir deux championnats juste en-dessous d'elle? En fait, cela a plutôt bien fonctionné ces dernières années, d'autant que passer de l'un à l'autre n'est pas inutile.

Stoffel Vandoorne semble avoir énormément bénéficié d'avoir couru dans les deux séries et semble désormais être un pilote particulièrement complet. Ceux qui marchent sur ses traces, Sergey Sirotkin et Pierre Gasly, devraient en profiter également.

Mais il ne s'agit pas seulement de donner aux jeunes pilotes prometteurs plus de championnats dans lesquels courir, de peur qu'ils abandonnent leurs rêves de Formule 1 et prennent d'autres options. Il y a aussi le fait que la FR3.5 est très bon marché et a permis à des talents au budget restreint de continuer à espérer.

Sans elle, le prix nécessaire à investir dans une saison de GP2 monterait en flèche à cause d'une demande accrue, et des pilotes comme Oliver Rowland, Dean Stoneman et Tio Ellinas seraient probablement sur la touche cette année.

De plus, les antichambres de la Formule 1 ne sont pas source de talent que pour la catégorie reine du sport automobile. De nombreux anciens pilotes de GP2 ou de FR3.5 courent désormais en endurance ou en DTM. Maintenant, avec la Formule E également dans le paysage du sport automobile mondial, il serait très bénéfique au championnat électrique d'avoir un vaste choix de jeunes pilotes ayant fait leurs preuves en formules de promotion.

Quoi qu'il arrive au projet de F2, la FR3.5 doit survivre, quelle que soit sa forme, même s'il lui faut devenir un peu plus modeste.

La grille de F2 ne sera pas aussi grande que celle de F3, où il y a 30 à 35 concurrents à chaque course : ce ne serait pas viable. Et on dirait bien qu'elle ne pourra pas être divisée avec le GP2, les organisateurs de ce dernier ayant reconnu vouloir fusionner avec la F2.

Si la F2 est la seule option au niveau le plus élevé des formules de promotion, elle pourrait devenir une véritable vente aux enchères, vu que la demande sera identique mais l'offre réduite de moitié.

La présence d'une alternative pourrait donc être bénéfique à la discipline, et la FR3.5 devrait être parfaite dans cette optique, sous réserve que quelqu'un assure sa survie.

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Séries Formula V8 3.5 , Formule 2 , FIA F2
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