Bianchi revient sur son contrat avec Ferrari

A 20 ans, Jules Bianchi a effectué son baptême de la Formule 1, cette semaine sur le circuit de Jerez de la Frontera, au volant d’une Ferrari F60

A 20 ans, Jules Bianchi a effectué son baptême de la Formule 1, cette semaine sur le circuit de Jerez de la Frontera, au volant d’une Ferrari F60.

Le Français n’était pas convié pour un essai sans lendemain, aux côtés d’autres jeunes espoirs auxquels la session andalouse était réservée, mais pour écrire le premier chapitre de sa collaboration avec la mythique écurie transalpine avec laquelle il a signé un contrat portant sur plusieurs années.

Pour la première fois depuis Jean Alesi, un Français lie sa destinée avec la Scuderia Ferrari. En Espagne, le nouveau jockey du cheval cabré a fait forte impression, sans se laisser enivrer par l’environnement de Jerez. Retour sur une semaine qui restera gravée dans la mémoire du membre de l’Equipe de France FFSA, ainsi que sur trois éléments fondateurs : le contrat Ferrari, les premiers essais, le GP2.

-LE CONTRAT :

Jules, quand et comment se sont effectuées les négociations et la signature du contrat ?


"Ma visite dans le paddock de F1 m’avait permis de prendre contact avec plusieurs écuries, dont la Scuderia Ferrari. La saison se passait bien pour moi en F3 Euro Series et il était temps de penser à préparer l’avenir. Comme toujours mon manager, Nicolas Todt, s’est occupé de tout l’aspect administratif, je m’occupais de la piste ! Le contrat a été signé il y a quelques semaines, à Genève."

Etre choisi par une écurie aussi prestigieuse que Ferrari avant même d’avoir roulé est surprenant et en même temps c’est un choix qui témoigne de la confiance de la Scuderia et de la qualité de vos prestations depuis vos débuts en sport automobile.


"Oui, c’est vrai, c’est une belle marque de reconnaissance, j’ai encore un peu de mal à trouver mes mots, j’ai la tête pleine des essais qui viennent de se terminer !"

Avez-vous parfois la sensation que tout va très vite, voire trop ? Vos débuts en sport automobile ne remontent qu’à 2006 !


"C’est vrai que ça va très vite, mais quand on roule le but est d’arriver en F1, un pilote aime que ça aille vite sur et en dehors de la piste… tant qu’il n’y a pas de sortie de piste ! Je suis totalement serein par rapport à tout ce qui m’arrive, je suis très content, ravi, mais je garde les pieds sur terre et je suis bien entouré."

Vous êtes le premier pilote français à piloter une voiture rouge depuis Jean Alesi. C’est un beau clin d’œil puisqu’il est votre capitaine dans l’Equipe de France FFSA…


"C’est clair, c’est très beau, mais il ne faut pas s’arrêter sur ce clin d’œil sympathique avec mon capitaine FFSA, sinon on n’avance pas assez et qui n’avance pas recule dans ce sport. Jean m’a parlé de Ferrari, ses conseils et son vécu sont toujours précieux, c’est une encyclopédie du sport et de Ferrari, l’avoir à mes côtés était une chance inestimable."

-LES ESSAIS :

Venons-en aux essais proprement dit. Vous connaissiez le circuit pour y avoir roulé en GP2 quelques semaines auparavant, vous aviez donc une bonne base de comparaison : quelle est la différence principale entre les deux monoplaces ?


"Ce sont deux bêtes complètement différentes ! La F1 va beaucoup plus vite, elle a plus d’adhérence… en bref tout est mieux, un peu démesuré par rapport à la voiture du GP2 qui est pourtant déjà exceptionnelle. L’écart entre GP2 et F1 est identique à celui qu’il y a entre F3 et GP2 si l’on fait abstraction des freins en carbone dont dispose la voiture du GP2."

Un grand classique : avez-vous eu mal au cou, avec plus de 200 tours couverts ?


"Oui, forcément. Les deux premiers jours, je pensais avoir très mal le lendemain, mais en fait ça allait mieux que ce que je craignais. Ma préparation physique est bien adaptée mais il faut que je m’entraîne plus. L’une de mes satisfactions est d’avoir justement effectué ces 200 tours sans faire d’erreur. Je ne pensais pas que ce serait le cas mais plus on roule et plus on est à l’aise dans la voiture. Je n’ai jamais demandé à arrêter même lorsque je ressentais quelques douleurs qui finalement n’altéraient pas mon pilotage ni ma concentration. Ces sensations étaient fabuleuses et il fallait en profiter au maximum ! L’écurie m’a parfois demandé 'On arrête à la fin de ce tour ? ', ma réponse était ' Non on continue !'"

Arrive-t-on à livrer le meilleur de soi lorsque l’on concrétise la première partie d’un rêve d’enfant, à savoir rouler pour Ferrari qui est votre écurie de cœur ?


"Je n’ai pas réalisé avant de prendre le volant. J’ai réalisé ce qu’il m’arrivait une fois sur place. J’ai gardé la tête froide, j’ai essayé de faire abstraction de ce que représentaient ces essais pour rester concentré sur ce que l’écurie me demandait de faire. J’étais impressionné, mon cœur battait fort, mais je pensais juste à conduire et pas au fait que j’étais en train de réaliser un rêve."

L’écurie vous a-t-elle donné des consignes particulières ?


"Le premier jour, on a roulé pour moi, pour que je prenne mes marques et que je m’adapte à l’auto, le second les conditions étaient très différentes. L’écurie m’a laissé le temps dont j’avais besoin pour me sentir à l’aise. Elle ne m’a donné qu’une recommandation : ne pas sortir de la piste, apprendre progressivement. Honnêtement, je me suis senti à l’aise instantanément."

Avec un jour de recul, que pensez-vous de vos essais ? Se sont-ils déroulés comme vous l’espériez ?


"Oui, même mieux car je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. Le changement était énorme par rapport à toutes les expériences précédentes. J’étais un peu dans le flou avant mes premiers tours de roue. J’ai réussi à faire tout ce qu’il fallait, notamment le deuxième jour, sans chercher l’exploit."

Le sport automobile se nourrit de chiffres et de chronomètres, pourtant le deuxième jour vous avez dû vous concentrer principalement sur les longs relais avec beaucoup d’essence à bord, est-ce frustrant pour un jeune pilote qui pense souvent avant tout au temps au tour ?


"Si, bien sûr, mais je n’appellerais pas ça de la frustration. En tant que pilote on préfère faire le meilleur temps à chaque fois qu’on roule, mais ce n’était pas le moment de se pencher sur cette question, contrairement à d’autres. Ce sera peut-être un objectif une prochaine fois, lorsque tous les fondamentaux auront été bien acquis."

Quand vous reverra-t-on au volant d’une Ferrari ?


Je ne sais pas, le programme n’est pas totalement défini. Maintenant il est temps de se concentrer sur le GP2 !

D’un point de vue personnel, être le premier Bianchi d’une longue dynastie de pilotes à être un pilote Ferrari officiel doit faire chaud au cœur…


"Oui bien sûr, c’est beau, c’est émouvant, c’est difficile à exprimer… il faut en profiter mais ne pas se monter la tête sinon on redescend vite !"

-LE GP2 :

Le GP2 reste votre priorité, quel est le programme des semaines à venir ?


"Oui c’est ma priorité. Je vais m’entrainer intensément pour être prêt dès le premier rendez-vous de la saison. Dans les prochaines semaines, j’essaierai également de trouver où déménager pour pouvoir me rapprocher de Ferrari."

La pression de la presse est grandissante, comment vous y préparez-vous ?


"C’est clair, ça change ! Beaucoup de gens sont venus me parler à Jerez ; j’essaie de rester moi-même, la communication fait partie du travail de pilote et je l’assume."

Vous avez assuré la succession de Nico Hülkenberg en F3 Euro Séries en remportant le titre dans sa foulée, mais il a placé la barre très haut en doublant la mise en GP2. Le titre est-il votre objectif en 2010 ?


"Je vais faire au mieux, comme cette année, je ne change pas de mentalité. Je ferai ce que je sais faire de mieux et on verra si les morceaux du puzzle s’emboîtent aussi rapidement que pour Nico. Je ne me fixe pas d’objectif précis car par exemple, si je dis vouloir être dans les trois premiers, ça veut dire que je n’ose pas franchir la dernière marche. Quand on pense pouvoir être 3ème, pourquoi ne pas viser la première place ?"

Connaissez-vous la défaite et comment la gérez-vous ?


"Bien sûr, j’ai eu deux coups durs cette saison, à Brands Hatch et à Macao récemment. Je la gère en l’oubliant le plus rapidement possible. Je ne repense pas à ce qui est arrivé ou ce qui aurait pu arriver. Je tourne la page et me concentre à fond sur le prochain rendez-vous."

Quels seront vos principaux adversaires en GP2 ?


"Il y a énormément de bons pilotes en GP2, mais je dirais Van Der Garde, Bird, quelques redoublants sont inquiétants comme Villa, Nunes, Rodriguez et j’en oublie…"

Faites-vous relâche pour les fêtes ? Quel est votre menu préféré ?


"Oui, je me laisse aller un peu. Mon plat favori ? La pasta bien sûr, y compris à Noël ! "

[Communiqué de la FFSA]

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