Chronique Leclerc - Le titre à trois courses du but !

Charles Leclerc a remporté le titre de Formule 2 à Jerez, à trois courses du terme de la saison, malgré une incompréhension qui a failli retarder son sacre.

Le week-end dernier à Jerez, je suis officiellement devenu Champion de Formule 2 : une belle réussite pour l'équipe Prema et moi, d'autant que nous y sommes parvenus à trois courses du but. Tout ne s'est pas passé comme nous le souhaitions cette saison, nous avons parfois manqué de chance, donc c'est vraiment incroyable de décrocher le titre tôt, c'est un grand soulagement.

La course lors de laquelle nous l'avons remporté était stressante, sûrement la plus stressante de la saison, car elle était particulièrement serrée, et parce que je voulais absolument m'assurer du titre. En même temps, l'an dernier, quand j'ai remporté le titre GP3, mes sentiments étaient mitigés, car j'avais abandonné. Ici, j'ai remporté le championnat et la course, c'est bien mieux !

Charles Leclerc, PREMA Powerteam devance Luca Ghiotto, RUSSIAN TIME au départ

Avant le week-end, nous étions bien conscients que la pole et la victoire en Course Principale suffiraient pour le titre, et c'était notre unique objectif. Les qualifications ont été cruciales, car il est très difficile de dépasser à Jerez.

Nous avons utilisé trois trains de pneus neufs en qualifications, un de mediums et deux de tendres. Je pense que nous avions le potentiel pour faire la pole, même sans utiliser autant de pneus, mais cette stratégie m'a donné un peu plus confiance dans la voiture et m'a permis de signer la pole position plus aisément.

Le départ a été un autre point important et s'est très bien passé. Tout le premier relais, en tendres, a été très solide, nous avons creusé un écart d'environ 11 secondes.

Mais le relais en mediums n'a pas été aussi bon. Nous avons étudié la situation et avons trouvé le problème, qui est plutôt spécifique au circuit et ne devrait pas nous handicaper à Abu Dhabi. Mais nous allons travailler pour le résoudre de toute façon, pour le bien de l'équipe, au cas où le championnat retournerait à Jerez à l'avenir.

J'ai perdu une grande partie de l'avantage que j'avais acquis lors de ce relais, et notre rival pour le titre, Oliver Rowland, réduisait l'écart rapidement. Mais je ne suis pas sûr qu'il m'aurait rattrapé en temps normal : je pense qu'il a attaqué très fort initialement et a essayé de me faire répondre et user mes pneus.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam en parc fermé

Puis la voiture de sécurité est intervenue. Cela m'a beaucoup inquiété : je savais que certains pilotes étaient sur une stratégie différente et auraient des pneus bien plus frais à la fin. J'étais inquiet pour la victoire, mais je savais que mon principal objectif était de rester devant Oliver, dont les pneus étaient probablement dans un état similaire.

Les derniers tours se sont néanmoins avérés très difficiles. Il y a eu une erreur de timing, et mes ingénieurs m'ont dit juste après la voiture de sécurité : "Dernier tour, Charles, dernier tour."

J'ai attaqué comme un fou pendant un tour, j'ai franchi la ligne d'arrivée et j'ai entendu : "Ok, il y a eu une erreur, il faut que tu continues". C'était un gros problème. Je ne comptais pas sur des tours supplémentaires et mes pneus étaient vraiment en train de surchauffer. Et ça ne faisait qu'empirer.

Au lieu d'un tour après le restart, j'ai dû en faire quatre. Donc mes pneus étaient complètement finis à la fin de la course. C'était très stressant, mais nous avons tenu bon pour remporter la victoire et le championnat.

Parce que nous nous sommes concentrés sur l'obtention du titre en qualifications et en Course Principale, nous étions désavantagés pour la Course Sprint. Le tour de qualification en pneus mediums les a beaucoup usés, et puisque nous prenions le départ avec ce train de pneus, nous avions décidé de faire un arrêt au stand pour en changer.

Mais la rapidité avec laquelle les mediums se sont usés nous a quand même surpris ; nous avons sous-estimé l'impact de ce tour qualificatif. Par conséquent, nous avons chaussé les tendres plus tôt que prévu.

J'ai attaqué comme un fou, parce que je voulais vraiment le podium. Malheureusement, depuis le début du week-end, il était très dur de prédire quand le pneu allait s'effondrer, c'était toujours très inattendu. J'ai soudain perdu l'adhérence dans le dernier tour, et quand elle est partie, elle ne revient pas.

C'est dommage de n'avoir fini que septième, mais nous savions que la course allait être difficile en raison de notre approche pour le week-end.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam et Antonio Fuoco, PREMA Powerteam fêtent le titre avec leur équipe

Franchement, ça fait bizarre d'être déjà Champion. C'est difficile de réaliser, et je pense que je ne me rendrai compte que je suis Champion qu'après le dernier meeting.

Mon esprit est déjà porté sur Abu Dhabi et nos perspectives de victoire, sur comment nous pouvons dominer le week-end. Prema a encore un championnat des équipes à gagner. C'est très serré, et c'est très important pour moi, car j'adorerais récompenser l'écurie de son travail exceptionnel cette saison.

Je veux aussi vraiment signer la pole position, car j'ai l'opportunité de réaliser le nouveau record de poles en GP2/F2 avec neuf. Et vu comme nous avons été très rapides toute l'année, je ne vois pas pourquoi nous n'y parviendrions pas.

 
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A propos de cet article
Séries FIA F2
Événement Jerez
Circuit Circuito de Jerez
Pilotes Charles Leclerc
Équipes Prema Powerteam
Type d'article Chronique