Chronique Leclerc - Une victoire, un abandon et un titre plus jouable

Une cinquième pole position et une quatrième victoire en cette saison 2017 de Formule 2 permettent à Charles Leclerc d'être satisfait de son week-end autrichien, malgré un abandon en Course Sprint.

Bien que le meeting autrichien se soit conclu par un accident malheureux en Course Sprint, je suis vraiment content de ce week-end.

C'est dommage que l'équipe Prema et moi ayons manqué des points importants dans la seconde manche, mais le rythme était très bon, donc c'était bien plus positif que négatif. Le crash, nous n'y pouvions rien, et maintenant, il faut passer à autre chose, surtout que nous avons creusé l'écart au championnat.

De façon générale, la campagne se passe très bien, mais je ne pense pas vraiment au championnat pour l'instant. Je suis très content de l'écart, mais il faut rester concentré, travailler et maximiser les opportunités, car les autres progressent.

Oliver Rowland, DAMS, Charles Leclerc, PREMA Powerteam

Pole numéro 5

J'avais bon espoir d'être performant au Red Bull Ring parce que c'est un circuit qui me convient vraiment. Il a quelque chose de spécial : il y a tous les types de virage, donc c'est très complet, mais c'est aussi très petit, cela me rappelle un peu le karting, car le tour n'est pas si long.

Nous avons signé le meilleur temps des essais libres et des qualifications avec une bonne avance, malgré la concurrence féroce pour la pole, en particulier de la part de Sérgio Sette Câmara. On voyait qu'il était très rapide, surtout dans les deux premiers secteurs. J'avais l'avantage dans le secteur 3, mais si Sérgio était parvenu à finir son meilleur tour, l'écart aurait pu être bien plus faible, et il aurait même peut-être été devant.

Or, il a ensuite été pénalisé, et c'est mon coéquipier Antonio Fuoco qui m'a accompagné en première ligne. Le voir là n'était pas vraiment une surprise, nous nous y attendions. Sa saison ne s'était pas passée comme prévu jusqu'alors, mais c'est un très bon pilote.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam, auteur de la pole position

Arrivée serrée

En essais libres et en qualifications, nous avons vu que la dégradation pneumatique était très élevée, et nous étions inquiets pour le composé supertendre. Nous avons donc pris la décision d'un départ en tendres, pour éviter d'utiliser les supertendres avec beaucoup de carburant, ce qui aurait provoqué une énorme dégradation.

Nous sommes restés en tête au départ de la première course, mais n'étions pas sûr du nombre de tours que nous pouvions faire sur le train de pneus que nous avions. Je savais qu'il fallait qu'ils durent, donc j'ai essayé de les ménager autant que possible, malgré la pression des pilotes qui me suivaient.

Après 12 ou 13 tours, mon ingénieur m'a informé des temps au tour d'Oliver Rowland – il s'était arrêté quelques boucles plus tôt, étant sur une stratégie supertendre-tendre. J'ai donc essayé d'attaquer et de faire les mêmes chronos que lui, et à ce stade, le rythme était très, très bon.

Les tendres ne se sont pas tellement dégradés, même vers la fin de la course, donc nous sommes peut-être rentrés au stand un tour trop tôt. Et nous ne nous attendions vraiment pas à ce qu'Oliver et son coéquipier Nicholas Latifi, qui était sur la même stratégie, remontent si vite.

DAMS est compétitif en course depuis le début de la saison, et leur stratégie était peut-être meilleure pour cette course. De plus, leurs deux pilotes ont l'expérience du GP2, et ils ont probablement mieux géré les pneus que moi. Je pense devoir encore travailler là-dessus.

À la fin, notre rythme a chuté en supertendres, mais heureusement, il n'y a pas eu de tour supplémentaire, et j'ai franchi le drapeau à damier en vainqueur. Un tour de plus, et ça aurait pu être la course de Nicholas.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

Un accident malheureux

En Course Sprint, j'ai pris un excellent départ, probablement mon meilleur de la saison pour le 0 à 100. J'étais juste derrière Antonio, et dès qu'il s'est décalé vers la droite, j'ai vu une voiture qui avait calé, juste devant moi.

Je n'ai pas eu de temps pour réfléchir, juste assez pour l'éviter. C'était très, très serré, et l'accident aurait pu être violent, donc dans des moments comme ça, je pense vraiment que l'entraînement des réflexes que nous faisons chez Ferrari porte ses fruits. Cela nous a coûté quelques places, parce que l'autre côté de la grille n'a pas eu à s'en soucier, mais ce n'était pas un grand désastre et nous étions en bonne position.

Il y a eu une voiture de sécurité, après laquelle j'ai pris un bon restart en dépassant Jordan King avec l'aspiration au virage 3, avant de me rapprocher d'Oliver et d'Antonio.

Antonio a tenté de passer Oliver par l'extérieur au virage 4 où, pour être honnête, on ne s'attend normalement pas à un dépassement par l'extérieur. Oliver n'a pas vraiment laissé de place – je pense qu'il ne s'y attendait pas – et Antonio, surpris, a dû freiner tout de suite.

Je suis très bien sorti du virage, donc j'étais juste derrière, et je n'ai pas eu le temps de réagir et de l'éviter. Cet abandon était malheureux, car la course se faisait en pneus tendres, et notre rythme était très bon avec ce composé, suffisamment bon pour au moins jouer le podium.

Après avoir vu des images de cette situation, je pense que c'était plus un incident de course qu'autre chose. Je ne pense pas qu'Antonio ait eu tort d'essayer, c'est juste dommage que nous ayons été au mauvais endroit au mauvais moment, mais ça arrive.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

La lutte pour le titre est bien partie

La prochaine étape est Silverstone, un autre circuit que j'aime vraiment. J'y ai gagné pour ma première année en F3, et le meeting GP3 s'y est très bien passé pour moi également. Avec ces virages rapides, ce devrait être un circuit génial où piloter dans une Formule 2. Nous espérons rattraper les points perdus dimanche, bien que je sois satisfait de mon avance actuelle.

Au début de l'année, mon objectif était de remporter ce championnat, parce que c'est mon approche pour chaque catégorie où je cours. Je savais que ce serait extrêmement difficile parce que c'est un championnat dur, où l'expérience des pneus Pirelli est extrêmement bénéfique.

L'objectif n'a pas changé depuis le début de l'année. À ce stade, il paraît bien plus réaliste, mais le chemin à parcourir reste long.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

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