Chronique Delétraz - Pas l'envol que j'espérais !

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Chronique Delétraz - Pas l'envol que j'espérais !
Louis Delétraz
Par : Louis Delétraz
4 août 2018 à 17:09

Louis Delétraz espérait poursuivre sur sa lancée après une série de résultats convaincants en Formule 2 mais a finalement décollé sur la monoplace d'un adversaire, comme il le relate dans sa dernière chronique pour Motorsport.com.

Le Hungaroring, où nous courions le week-end dernier, est un circuit que je connais bien. J'y ai signé une victoire en Formule Renault 2.0, puis un podium en Formule V8 3.5, mais cette fois, les résultats n'ont pas été à la hauteur de nos attentes.

Entretemps, chaque écurie avait droit à un maximum de 100 kilomètres d'essais de départ pour tester le nouvel embrayage de la F2 : le système d'opération et les cartographies ont changé afin de réduire le nombre de calages. Avec Charouz, nous avons décidé de nous rendre sur l'EuroRing, piste située à 30 minutes de Budapest. Elle est minuscule, mais parfaite pour faire des départs.

Ce jour-là, nous en avons effectué sept, tous corrects. Le système est désormais bien plus réactif : auparavant, si l'on était trop proche ou trop loin du point de friction en lâchant l'embrayage, le système ne suivait pas le rythme. Désormais, l'embrayage réagit vraiment à ce que l'on fait à la palette. La Formule 2 a été efficace pour améliorer la situation.

 

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Il faisait particulièrement chaud en Hongrie pour notre week-end de course. Personnellement, je n'ai jamais utilisé le système de boisson en Formule 2. Je l'avais testé l'an dernier, en essais libres à Bahreïn, et l'eau était bouillante au bout d'un tour. Par conséquent, je m'en passe ; cela me fait gagner du poids pour placer davantage de lest, et en étant bien préparé physiquement et correctement hydraté, cela ne pose pas de problème. D'autant que nos courses sont plus courtes qu'en Formule 1 – une heure pour celle du samedi, par exemple.

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En qualifications, je ne me suis classé que dixième, malgré une voiture plutôt bien équilibrée et un tour assez bon. C'était décevant, car depuis quelque temps, nous nous battons constamment pour le top 5. Nous n'étions qu'à deux dixièmes de la cinquième place. Nous n'avons pas été très performants, mais la dixième place nous laissait des chances pour la première manche. Il y avait quand même du pain sur la planche pour améliorer les réglages !

Il pleuvait au départ de la Course Principale, et mon envol a été tout bonnement affreux. J'ai mis trop de pré-charge et j'ai eu eu beaucoup de patinage, si bien que j'ai failli ne pas m'élancer. J'ai donc perdu des places. Puis, dans le deuxième secteur, Maximilian Günther s'est accroché avec un concurrent et avait l'aileron avant bloqué sous sa monoplace. Il allait 50, voire 60 km/h moins vite que moi dans le virage 9, mais avec les projections d'eau, il m'était invisible. Je l'ai aperçu au dernier moment et j'ai tenté de l'éviter, sans succès – j'ai décollé sur lui !

Ni lui ni moi ne sommes responsables de cet incident de course, qui a néanmoins cassé mon aileron avant ainsi que plusieurs autres pièces sur la voiture. Malgré ces dégâts, nous avons fini l'épreuve avec peu de dégradation et un rythme qui était étonnamment bon. J'ai même signé le quatrième meilleur tour en course, alors que contrairement à beaucoup de nos rivaux, nous n'étions pas en supertendres.

 

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Cette dix-septième place m'a condamné à la même position sur la grille de départ de la Course Sprint. Il allait y avoir énormément de dégradation avec les températures élevées, et je partais avec George Russell, leader du championnat, derrière moi – une très bonne référence. J'ai éprouvé quelques difficultés à dépasser Nicholas Latifi, mais quand Günther a rencontré un problème devant lui, je les ai doublés tous deux.

J'avais un bon rythme avec peu de dégradation ; Russell m'a passé à quelques boucles du but, mais je suis remonté de la douzième à la neuvième place dans les cinq derniers tours. C'était une belle bataille avec le pilote de réserve Mercedes, j'ai fini cinq dixièmes derrière lui ; il m'a peut-être manqué un tour pour reprendre l'avantage car il avait usé ses gommes plus que moi. C'était une course très positive, mais ce n'est pas le résultat que nous voulions. C'est un week-end à zéro point alors que nous étions compétitifs.

Cette saison, il y a déjà quatorze pilotes qui sont montés sur le podium, ce ne sont jamais les mêmes qui marquent des points ; c'est pourquoi le classement est très serré. Je suis neuvième à 17 unités de la huitième place et à 52 longueurs du top 5. Ce dernier doit être l'objectif, car la vitesse du top 5, nous l'avons sans aucun doute, et tout est possible en Formule 2. Allons chercher quelques trophées de plus.

 

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Quant à la trêve estivale, pas de vacances exotiques pour moi ! Je vais me reposer à Genève, voir ma famille et mes amis, poursuivre ma préparation physique et rendre visite à l'équipe en République tchèque afin de préparer les courses de Spa-Francorchamps et de Monza, des pistes que j'adore. J'attends ça avec impatience. Ce n'est pas le moment de se relâcher !

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À propos de cet article

Séries FIA F2
Pilotes Louis Delétraz
Équipes Charouz Racing System
Auteur Louis Delétraz
Type d'article Chronique