Chronique Sirotkin - Viser la victoire ne marche pas toujours

Dans sa dernière chronique de la saison 2016, Sergey Sirotkin revient sur le week-end où il a obtenu la troisième place du championnat GP2 au nombre de victoires, à Abu Dhabi.

Chers lecteurs de Motorsport.com,

La campagne 2016 de GP2 vient de prendre fin, et la dernière manche a été difficile, à l'image de la saison.

Dès les essais libres, nous avons eu quelques problèmes, et il m'a fallu un peu de temps pour m'adapter. Je ne suis toujours pas en mesure d'expliquer, même à moi-même, pourquoi c'est tellement plus difficile de passer d'une Formule 1 à une GP2 que l'inverse. Mais c'est comme ça, et après mes essais avec Renault au Brésil, il fallait que je me réhabitue au GP2.

Au début des essais, je faisais des erreurs, je manquais les points de freinage et j'avais des problèmes d'électronique, comme à Monza et en Malaisie. Au final, il a fallu désactiver quelques canaux pour éviter les problèmes techniques ; ce n'était pas une solution optimale, mais ça a fonctionné.

Je me suis donc classé neuvième, ce qui n'était pas représentatif. J'avais fait mon tour avec des pneus très usés. Par conséquent, nous étions rapides, et les qualifications l'ont prouvé.

Je pense toujours que nous étions encore plus rapides que Pierre Gasly, qui a fait la pole position, et qu'il nous en a manqué un peu à cause d'une erreur dans la mise en température des pneus. Si le tour s'était fini trois virages plus tôt, nous aurions été en pole. Mais les pneus arrière se sont dégradés à la fin du tour, et les deux derniers virages m'ont coûté autour d'une demi-seconde.

Bataille avec Markelov

Lors de la course principale, Pierre était très rapide en pneus supertendres, et il n'était pas possible de le poursuivre. Les qualifications nous avaient donné l'espoir d'être rapides en course, mais nous avons été handicapés par le manque de roulage en conditions de course en essais libres, ainsi que par l'absence d'essais de départ de ma part. Par conséquent, Pierre a pris un excellent envol par rapport à moi.

Lors de l'arrêt au stand, nous sommes passés derrière Artem Markelov. Nous étions loin d'être les seuls à nous arrêter au sixième tour, et j'ai perdu énormément de temps à laisser passer les autres voitures dans les stands, dont Artem. Le temps que nous avons perdu nous a également coûté cher en fin de course, lorsque mon coéquipier Nobuharu Matsushita s'est retrouvé devant avec une stratégie alternative.

J'ai passé la majeure partie de la course avec Artem, et je dois souligner son mérite, il a fait une très bonne course. Au début, je n'essayais pas vraiment de lui mettre la pression, je restais juste dans la zone DRS pour économiser mes pneus en restant proche.

Je pensais que nous étions plus rapides, mais il est parvenu à creuser l'écart alors que nous dépassions des voitures plus lentes. Il les rattrapait juste avant la ligne droite et utilisait le DRS pour doubler, tandis que je devais attendre plus longtemps, roulant derrière ceux qui avaient la stratégie alternative dans le sinueux troisième secteur.

L'équipe et moi avons compté : chaque voiture dans le trafic m'a coûté entre une seconde et demie et deux secondes. Et c'était également mauvais pour les pneus : il a fallu doubler en virage et non en ligne droite.

Je me suis rapproché d'Artem en fin de course, mais mes pneus étaient légèrement en moins bon état. Notre seul espoir de le dépasser aurait été qu'il parte à la faute. Mais il a fait une très bonne course et, contrairement à bien d'autres, n'a commis aucune erreur.

En arrivant dans les derniers tours, j'avais utilisé toutes les ressources disponibles pour essayer de retenir ceux qui avaient opté pour un arrêt tardif et qui me rattrapaient. Finalement, j'ai conservé la quatrième place. Cela aurait pu être mieux, mais cela ne sert à rien d'être agacé ou de rejeter la faute sur quelqu'un.

Un podium décevant

En course sprint, j'ai pris un bon départ. Celui de samedi était mon premier essai, et pour la deuxième course, nous étions mieux préparés : j'ai pris la deuxième place.

Cependant, j'ai ensuite commis une erreur tactique qui nous a non seulement coûté nos chances de victoire, mais aussi la deuxième place. Par conséquent, même si j'ai obtenu la troisième place du championnat grâce aux points du meilleur tour en course, j'étais très déçu.

Il restait environ huit tours quand j'ai vu que Johnny Cecotto avait perdu du terrain sur moi. La dégradation des pneus était élevée, et j'ai vu que j'étais moi-même à la limite, mais à ce moment-là, je me suis dit que les autres l'avaient déjà atteinte.

Alex Lynn, qui était devant, semblait perdre en rythme également, et j'ai décidé de l'attaquer. Lors des trois ou quatres tours suivants, mes pneus, qui avaient l'air d'être en meilleur état que ceux de mes rivaux, étaient désormais plus usés. La dégradation a été très soudaine, même si ce genre de choses s'est produit assez souvent cette année.

Je voulais désespérément remporter la dernière course, et ça avait l'air bien parti. Mais j'ai perdu toutes mes chances lors de ces trois ou quatre tours, et le reste de la course a été vraiment dur, au point de ne pas pouvoir résister à Cecotto.

C'est triste que la saison se soit finie ainsi. Mais cela a souvent été comme ça cette année, quand j'en voulais simplement trop.

Parce que je ne voulais pas finir deuxième, j'ai failli perdre la troisième place du championnat. Pendant toute la saison, j'ai fait tout ce que je pouvais pour gagner au lieu de m'efforcer de préserver une deuxième place ou une troisième place çà et là.

Viser la victoire à chaque course a parfois marché. Mais parfois non.

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A propos de cet article
Séries FIA F2
Pilotes Sergey Sirotkin
Équipes ART Grand Prix
Type d'article Chronique