Chronique Tom Dillmann : "Prêt si le téléphone sonne pour un volant"

Tom Dillmann a continué son séjour européen dans le microcosme des GP2 Series avec des hauts et des bas depuis sa dernière chronique

Tom Dillmann a continué son séjour européen dans le microcosme des GP2 Series avec des hauts et des bas depuis sa dernière chronique. Depuis sa victoire à Bahreïn, le jeune Français avait connu un début plus mitigé à Barcelone et à Monaco. Le championnat demeure une lutte permanente et la suite de ses aventures le menait à Valence avant une impasse sur Silverstone.

Regrets espagnols

Les qualifications à Valence étaient un peu difficiles, mais par rapport aux essais libres où nous étions assez loin des réglages, il y avait une progression. Je m'étais qualifié 12ème, c’était plutôt loin des objectifs mais pas catastrophique connaissant notre bon rythme en course, et il ne faut pas oublier que nous disposons de peu de roulage. En une demi-heure, nous avons fait deux tours rapides pour ne pas user les pneus qui devaient être réutilisés en course. Effectuer trop de kilomètres en piste équivaut à hypothéquer la course. Si, d'entrée de jeu, la voiture n'est pas dans le coup, alors c'est plus difficile.

C’est pour cela que lorsqu’une équipe compte deux pilotes performants, pour compenser le manque de roulage. Avoir un équipier d’expérience et rapide, à l’instar d’autres débutants tels que James Calado et Felipe Nasr, me permettrait de faire progresser mon pilotage après les essais libres et surtout à l’équipe d’enregistrer le double d’informations sur la voiture, afin de progresser plus vite.

En course, je prends un bon départ. Malheureusement, Jolyon Palmer se met en travers et en l'évitant, Stefano Coletti me heurte à l'arrière, ce qui abîme une fixation de mon aileron arrière. J'étais dans les points mais à l'arrêt au stand, l'équipe s'aperçoit du problème, je repars et deux tours après, je perds l'aileron arrière. J'abandonne alors que nous étions dans les points. Mon arrêt avait été anticipé comme Rio Haryanto créait un bouchon, et compte tenu de sa 5ème place finale, c'est dommage. C'est frustrant, surtout que je savais déjà que j'allais très probablement manquer la manche de Silverstone. Le week-end était fichu - même s'il y a une deuxième course qui suit, mais inévitablement la position sur la grille est très éloignée de la tête dans ces cas-là. Il est alors difficile d'espérer grand-chose, sauf conditions spéciales. Et le circuit de Valencia ne se prête pas tant aux dépassements que Bahreïn par exemple. Absence à Silverstone C'est difficile lorsqu'une épée de Damoclès est là pour rappeler que le budget n'est pas éternel, mais je ne me plains pas, j'ai la chance de rouler en GP2 ! J'ai l'habitude de faire face à cette situation. Jusqu'ici, j'ai toujours trouvé des équipes qui m'ont fait confiance bien que je n'apporte peu ou pas d'argent. Quand une équipe dispose d'une voiture où il n'y a pas de pilote qui paie pour y piloter, je suis appelé, c'est valorisant. Ils voient ce que je peux leur apporter. Pendant le meeting de Silverstone, je coachais des pilotes F3 en Allemagne sur le circuit d'Oschersleben. Par miracle, j'ai réussi à trouver un écran dans les stands et j'ai pu voir la course GP2. Depuis Bahreïn, c'est difficile. J'ai appris que j'effectuerais Barcelone et Monaco la veille des essais. Valencia, je ne devais pas rouler mais Ricardo Teixeira est tombé malade à la dernière minute. Malgré cette situation difficile, j'ai pu disputer ces trois meetings, donc de ce point de vue c'est positif. Quelle suite ? J'espère être à Hockenheim, comme Daniël de Jong sera au Brésil pour l'Auto GP. Je suis allé en Italie mardi faire du simulateur chez Dallara pour préparer le meeting. Quelque part, c'est ma course à domicile, comme j'habite à deux heures de route du circuit ! J'y ai couru pas mal de courses en F3, je connais bien le circuit. L'ironie du sort, c'est que s'il pleut en Allemagne, je serais le seul à ne pas avoir roulé sous la pluie en GP2, même si j'aime bien la pluie ! En attendant, en tant que pilote, il faut toujours travailler sa condition physique pour être affûté à tout moment, même lorsque je ne roule pas, pour se tenir prêt si le téléphone sonne pour un volant. Mon entraînement est basique : je cours beaucoup, il y a beaucoup de renforcement musculaire également. Je fais un peu de tout, pour travailler le cardio notamment. Un entraînement comme tous les pilotes font je suppose ! En ce qui concerne le régime alimentaire, je fais attention à ne pas manger trop gras, évidemment je ne vais pas au fast-food ! Je mange normalement, mais j'ai une morphologie qui me permet de manger sans prendre du poids... Pour le moment, certes, mais cela fait 23 ans que cela dure ! Just a regular guy with a regular job Les hobbies en-dehors des courses ? Comme tout un chacun : aller au cinéma, passer du temps entre amis. J'aime bien le basket, je suis la NBA par exemple. Sinon, dès qu'une course est diffusée, je la regarde, qu'il s'agisse d'IndyCar ou de MotoGP par exemple. Je reste un passionné ! Avec les filles, c'est sûr qu'être pilote est plus un avantage qu'un désavantage mais lors d'un week-end de course, la concentration prime, il n'y a pas trop de temps pour s'éparpiller. Mais, clairement, je reçois du soutien des fans sur Twitter et sur Facebook, même sur les circuits. Je fais également un travail de coaching avec l'équipe Lotus en ATS F3. Cela m'occupe assez, Oschersleben le week-end dernier, Spa pour continuer ce week-end. Ayant gagné ce championnat, j'ai accumulé une bonne expérience. L'équipe sait que je peux aider les pilotes sur le pilotage, ou l'orientation des réglages. C'est aussi intéressant pour moi, et apparemment c'est positif puisque je suis encore sollicité et que Lotus a gagné sept courses sur neuf !

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A propos de cet article
Séries FIA F2
Pilotes Ricardo Teixeira , Stefano Coletti , Tom Dillmann , Jolyon Palmer , Rio Haryanto , Felipe Nasr , James Calado
Type d'article Actualités