Portrait - Pierre Gasly, espoir de Red Bull (2/3)

Membre du Red Bull Junior Team, Pierre Gasly est parmi les Français les plus prometteurs de sa génération, et on peut légitimement s'attendre à le voir en Formule 1 d'ici quelques années. Dans ce deuxième volet de notre interview avec lui, Gasly évoque son arrivée au sein du Red Bull Junior Team, sa très belle saison de FR3.5 l'an passé et ses débuts en GP2 Series chez Caterham.

Motorsport.com : Comment avez-vous eu l’opportunité de rejoindre le Red Bull Junior Team?

Pierre Gasly : J’avais déjà l’option en 2012 chez R-Ace, j’étais déjà en contact avec Helmut en 2012. Au final, ça ne s’est pas concrétisé. Ça a été dur pour moi ; ça m’a redonné du mental pour 2013 pour leur montrer qu’ils avaient fait une erreur, ça m’a reboosté encore plus. Après, à la fin du championnat, j’ai encore eu l’occasion de le voir et je suis enfin rentré dans le Junior Team après ce titre en FR2.0, donc c’est surtout grâce aux résultats que j’ai eus pendant la saison.

C’est donc Red Bull qui a décidé de vous placer chez Arden en Formule Renault 3.5.

On avait le choix en début d’année entre Arden et d’autres teams. Au final, j’avais testé avec eux, je m’étais senti bien dans l’équipe, un bon soutien de la part de tous les mécanos et de tous les ingénieurs. Je me sentais vraiment bien dans l’équipe, donc j’étais content de leur choix et de ce qu’ils m’avaient proposé.

Pourquoi pas DAMS, par exemple?

Parce que je n’ai pas forcément eu l’opportunité d’aller chez eux. Comme je l’ai dit, pendant les tests, je n’avais pas testé avec DAMS, j’avais seulement testé avec Tech 1 et avec Arden. Je m’étais bien senti avec Arden, j’aimais bien leur philosophie de travail et je me sentais bien dans la voiture aussi, ce qui est le plus important.

Comment s’est-elle passée, cette saison 2014?

Elle s’est passée plutôt bien. Première année en FR3.5, ce n’est jamais facile, il y a un très gros step entre la FR2.0 et la FR3.5. Je pense qu’on a fait une saison plutôt solide, il nous manquait la victoire. On a été plein de fois deuxième, vraiment proches de l’avoir, et on n’a pas trop concrétisé, mais je pense qu’on a montré de la vitesse tout au long de la saison.

J’ai pris de l’expérience parce que dans cette voiture, le potentiel est énorme. Plus la saison va, plus on est à l’aise avec la voiture. Faire deuxième dès la première saison en FR3.5 derrière Carlos [Sainz Jr] qui était avec DAMS et qui avait déjà fait quelques courses l’année d’avant, c’était plutôt pas mal. Après, c’est sûr que ça aurait été mieux d’aller chercher quelques victoires.

Pour vous, c’était aussi l’année du bac. Comment gère-t-on le bac quand on est pilote de course?

Ça a été assez dur. Au final, je l’ai eu avec mention, mais ça demandait beaucoup de travail personnel. Ce n’était pas simple du tout parce qu’en FR3.5, il y avait quand même un entraînement physique à respecter et qui demande beaucoup de travail. Pour concilier les deux, ce n’était pas simple du tout, ça demandait beaucoup d’efforts personnels, c’est usant. Au final, on l’a fait, ça s’est bien passé et je suis content de l’avoir fait.

Était-ce difficile de voir Red Bull choisir Verstappen, puis Sainz, pour rejoindre Toro Rosso?

Ça ne fait jamais plaisir, surtout que dans le Junior Team, entre Carlos [Sainz] qui était en tête du championnat, je devais être deuxième, et Alex [Lynn] qui était en tête de la GP3, on n’a pas trop compris. Même si Max, après, de son côté, a fait le boulot, il a montré de belles choses. Mais c’est vrai que j’étais un peu surpris.

Après, ça me rebooste encore plus, plutôt qu’autre chose. Ça ne m’a pas abattu, je me suis dit qu’il fallait que je fasse encore plus de travail et du meilleur boulot si je voulais y arriver, que ce n’était pas suffisant. J’ai décidé de travailler encore plus.

Justement, Alex Lynn a décidé de quitter le Junior Team. Comprenez-vous sa décision?

Pas forcément. Ce n’est pas ce que j’aurais fait. Je me sens très bien chez Red Bull, je sens qu’ils font le maximum de leur côté pour me donner le meilleur environnement pour réussir. Il y a beaucoup de soutien, que ce soit au niveau du simulateur, les informations que l’on peut avoir à travers l’équipe de F1.

Red Bull est la meilleure chose qui puisse m'arriver

Pierre Gasly

Je trouve qu’à l’heure actuelle, c’est la meilleure chose qui puisse arriver pour moi. Maintenant, il faut que j’essaie d’utiliser ça du mieux possible pour montrer des belles choses en GP2 et être le prochain à pouvoir faire le step vers la F1.

Ensuite, il y a eu les débuts en GP2 chez Caterham pour les trois derniers meetings de 2014. Il n’y a pas eu beaucoup de résultats, mais c’était sûrement une expérience très utile pour cette année?

Ça n’a vraiment pas été facile avec Caterham parce que déjà, ce n’est jamais facile d’arriver dans un team en milieu de saison. C’est encore moins facile d’arriver dans un team où il n’y a pas d’argent et qui se casse la figure à la fin de la saison. On va dire qu’à ce niveau-là de la GP2, ça ne peut pas fonctionner si l’équipe n’a pas un minimum de moyens. Ça a été fait un petit peu à l’arrache et ça s’est vu, il y a plein de choses où ça manquait de professionnalisme.

Ça m’a donné de l’expérience, mais ça a été difficile quand même parce que le potentiel, on l’a vu pendant l’hiver, ce que ça a donné quand je suis passé chez DAMS. Je ne suis pas devenu bon du jour au lendemain. C’était un peu frustrant d’être derrière avec Caterham.

Après, ça fait toujours de l’expérience en plus, mais mentalement, il fallait s’accrocher parce que j’essayais d’être à 200% et de donner le maximum, mais quand on sent que l’équipe pense à l’année prochaine et à ce qui lui va lui arriver, ce n’est pas simple de construire quelque chose sur trois courses. Ça n’a pas été très simple.

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Séries FIA F2
Pilotes Pierre Gasly
Type d'article Interview
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