Aly Horma (Circuit de Marrakech) : "Le Maroc reste une option"

Alors que Marrakech n’a pas assuré sa place au calendrier de la Formule E pour la saison 2019-20 après trois éditions disputées dans le pays, Aly Horma, président de Marrakech Grand Prix, affirme que le Maroc demeure sur les rangs, à condition de se donner les moyens de lutter face aux nouvelles villes candidates pour accueillir le championnat électrique.

Aly Horma (Circuit de Marrakech) : "Le Maroc reste une option"

Après avoir œuvré au retour d’une compétition de sport automobile de niveau mondial au Maroc – le Grand Prix de Marrakech de WTCC à partir de 2009, disputé sous la réglementation WTCR depuis 2018 sur le circuit urbain Moulay El Hassan spécialement créé –, Aly Horma et son équipe ont réussi le tour de force de faire venir la Formule E en début de saison 2016-17.

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Après trois éditions couronnées de succès, Marrakech, qui constituait la seule étape en terre africaine de la saison, n'apparaît toutefois pas au calendrier définitif de la campagne 2019-20, même si une épreuve reste à déterminer. Dans le même temps, de nouvelles villes ont fait leur apparition : Jakarta, la capitale indonésienne, ainsi que Séoul, la capitale sud-coréenne, qui accueilleront ainsi la Formule E pour la première fois.

 

Malgré cela, Aly Horma, président de Marrakech Grand Prix, affirme que la cité de l’Atlas reste ouverte à la venue de la Formule E. "Nous ne figurons pas dans le calendrier, mais Marrakech demeure une option pour la Formule E", explique ainsi l'intéressé à Motorsport.com.

"La Formule E est venue à Marrakech au moment de la COP22 qui s'était tenue en 2016 au Maroc. Il s'agissait d'un événement d'envergure pour le pays, et l'occasion était parfaite. Nous avions, depuis, signé des accords pour reconduire l’épreuve pour un an, lors des deux saisons suivantes."

"Dès la première venue de la Formule E à Marrakech, les acteurs du championnat ont aimé la ville. Les écuries, les pilotes, tout le monde était unanime pour apprécier l'accueil, l'offre hôtelière, qui ont permis à ce rendez-vous de s'inscrire sur plusieurs années", continue Aly Horma. "Et puis il est rare qu'un circuit urbain puisse être fermé durant deux, voire trois jours en cas de journées d'essais, et nous sommes dans la capacité de le faire."

Pourtant, les dirigeants de l’épreuve marocaine ont rapidement été confrontés à la concurrence de certaines grandes villes, de plus en plus nombreuses, souhaitant elles aussi rejoindre le calendrier de la Formule E.

 

"La Formule E a le vent en poupe, plusieurs villes ont manifesté leur intérêt pour accueillir la série. Il s'agit de projets qui ont mûri depuis plusieurs années et qui arrivent aujourd'hui à maturité, et Marrakech en fait les frais."

Le Maroc a quelque chose dans les mains qu’il serait vraiment dommage de gâcher

Aly Horma, président de Marrakech Grand Prix

"Nous sommes des amis de la Formule E, et nous serions heureux d'accueillir à nouveau la série. Nous demeurons fermement une option, mais il faut être clairs : ce qui manque à Marrakech, c'est véritablement une question d'investissement. La Formule E coûte ce qu'elle coûte, et il convient d'effectuer un tour de table avec les parties concernées dans notre pays afin de nous donner les moyens de lutter face à ces candidatures de villes de plus en plus nombreuses. Il y a des conditions à remplir au Maroc pour faire revenir la Formule E, à nous de faire le nécessaire."

Parmi ces conditions, le développement de la mobilité électrique dans le pays, qui a pourtant amorcé sa transition technologique depuis plusieurs années.

"L'électrique n'est de loin pas étranger au Maroc", continue Aly Horma. "Le pays fait partie des champions en Afrique, si ce n'est le champion, en termes d'énergies renouvelables, avec notamment la centrale solaire de Noor, inaugurée en 2016, ou le parc éolien de Tarfaya, pour ne citer que ces installations."

"Néanmoins, dans la vie de tous les jours, la mobilité électrique, même si elle constitue un sujet d'actualité, ne fait pas encore partie du quotidien, en raison du fait notamment que les infrastructures ne sont pas encore en place au Maroc. Il y a encore du travail à réaliser afin que la Formule E s'installe durablement dans notre pays, et que nous puissions rivaliser avec des cités d'envergure qui sont déjà bien avancées dans ce domaine, comme Jakarta ou encore Séoul."

Oliver Turvey, NIO Formula E Team, NIO Sport 004

"Le Maroc a quelque chose dans les mains qu’il serait vraiment dommage de gâcher", conclut Aly Horma. "Nous avons eu la chance de recevoir la Formule E durant trois ans après la COP22, il est dommage de la perdre aujourd’hui."

"L’autre danger est que nous tardions à faire revenir la Formule E et que nous perdions ce lien privilégié au fil des ans avec ses responsables, et que nous finissions par être considérés comme des prétendants 'classiques' comme ces villes nouvellement candidates et qui n’ont jamais accueilli le championnat auparavant."

"C’est dommage car il y a véritablement un atout stratégique au Maroc pour un grand nombre de constructeurs, qui sont nombreux à être présents ici au Maroc comme PSA ou Renault, pour ne citer qu’eux. Nous avons prouvé avec le WTCR, que nous accueillons à Marrakech depuis 2009, que nous sommes capables d’organiser des épreuves de niveau mondial."

Oliver Turvey, NIO Formula E Team, NIO Sport 004
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