Interview - Dillmann a vite pris ses marques

Actuel animateur du championnat de Formule Renault 3.5, qu'il dispute au sein de l'équipe Jagonya Ayam with Carlin (il occupe le 6e rang du classement provisoire), Tom Dillmann a profité de la trêve estivale pour prendre part pour la première fois à un test en Formule E, au sein du Team Aguri. 10e de la séance du mardi, le pilote français s'est confié à Motorsport.com à l'issue de cette première expérience en monoplace électrique. 

 

Tom, comment t’es-tu retrouvé à tester en Formule E à Donington pour Aguri ? 

C’est en fait un ingénieur avec lequel j’avais déjà travaillé qui m’a recommandé auprès de Aguri. L’équipe m’a appelé la semaine dernière pour les premiers tests de Donington, je suis allé les voir et j'ai fait un peu de simulateur, puis j’étais sur le circuit lundi pour suivre la première journée avec eux [Salvador Duran était dans le baquet lors de la journée du lundi NDLR], avant de boucler trois tours sous la pluie pour valider ma position de conduite. Mardi, ce fut à mon tour d’être en piste. 

Niveau conduite, on se situe entre la monoplace et le GT.

Tom Dillmann.

 

Par rapport à ton expérience assez riche maintenant en monoplace, que ce soit la Formule Renault 2.0, la Formule 3, le GP2 ou aujourd’hui la Formule Renault 3.5, la monoplace de Formule E t’a-t-elle semblée à part ?

Pas vraiment non, ce n’est pas si différent, cela reste une voiture. Une fois que tu es dedans, c’est pareil. Bien sûr, en termes de pilotage, elle ne se comporte pas de la même façon qu’une monoplace "classique". Il y a tout d’abord le poids à gérer : avec 900 kg en comptant le pilote, c’est une voiture tout de même assez lourde et il faut en tenir compte. Niveau conduite, on se situe entre la monoplace et le GT. Après, il fallait assimiler le système de récupération d’énergie sur les freins arrières, la voiture est parfois un peu imprévisible au freinage, mais rien de grave. Rien ne m’a vraiment surpris.

 

Quelles furent tes sensations mardi au volant de la voiture ?

Cela ne va pas très vite, c’est certain, mais c’est aussi une voiture qui n’est pas facile à conduire. Il faut aussi dire que Donington n’est pas vraiment un circuit fait pour la monoplace de Formule E, mais en ville, entre deux murs, cela doit être effectivement très sympa.

 

La Formule E, c’est un challenge qui t’attire ?

Complètement. Déjà c’est une discipline d’avenir, qui est amenée à se développer et à grandir. On voit que plusieurs constructeurs sont fortement impliqués aujourd’hui, avec Renault, DS ou Audi, et c'est très intéressant dans l'optique de devenir pilote professionnel. Et  puis le niveau des pilotes présents est très élevé, avec des anciens pilotes de Formule 1, des actuels pilotes de LMP1, c’est un sacré niveau, et c’est cela qui rend la compétition sympa. 

 

Comment se situe l’équipe Aguri face à la concurrence ?

On est pas les mieux armés, c’est certain. Aujourd’hui, Renault, Audi, DS et Mahindra développent leur propre moteur. Dragon et Venturi arrivent avec des évolutions sur le bloc commun. Quant à Aguri, la base est exactement la même que l’an passé, sans évolution. Mais d’un autre côté c’est un moteur qui a prouvé sa fiabilité. Et on peut quand même optimiser le software, il y a donc quand même des choses à faire avec cette voiture.

 

Quelle suite à donner à ce premier test ?

Je ne sais pas, je sais que l'équipe va continuer à évaluer des pilotes sur les prochains tests, on devrait être fixés dans peu de temps. Dans tous les cas, ce roulage m’aura permis d’avoir une première approche de cette voiture, c’est positif pour le futur. Si jamais je dois rouler à nouveau, j’aurai déjà cette première expérience.

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