TEOS candidat pour fournir le châssis de Formule E en 2018

L'entreprise française, filiale de Mecachrome, a décidé de répondre à l'appel d'offre de la FIA pour la fourniture du châssis qui sera utilisé par le championnat de monoplaces électriques à partir de 2018.

TEOS Engineering, qui a conçu le nouveau moteur utilisé cette année en GP3 Series, se lance un nouveau défi en posant sa candidature pour prendre part au championnat de Formule E à partir de sa cinquième saison (2018/2019). Une catégorie de sport automobile que l'entreprise basée en région parisienne surveillait du coin de l'œil depuis un moment déjà, mais pas seulement.

La Formule E est actuellement le championnat monoplace le plus innovant et le plus dynamique. Nous nous sommes retrouvés dès le début dans leur approche et avons depuis cherché des solutions pour y prendre part d'une façon ou d'une autre”, dit en effet Benoît Lestoquoy, responsable du bureau d'études et qui supervisera la conception de ce futur châssis, à Motorsport.com. “Avant même son lancement, nous avions déjà pris part à plusieurs appels d'offres pour d'autres sous-ensembles.”

Le plus étonnant au premier abord, dans ce projet qui sera géré par Pierre-Julien Hubert, directeur des études, est de voir TEOS se porter candidat pour la partie châssis du plus jeune des championnats de la FIA. Un choix qui s'explique davantage par les spécificités de la discipline que par une réelle volonté de départ.

Malheureusement, la partie motorisation, qui constitue historiquement notre cœur de métier, est aujourd'hui réservée aux constructeurs, et bien que nous possédions la technologie, nous ne pourrions nous lancer dans un tel programme sans l'appui d'un constructeur”, explique Benoît Lestoquoy. “Nous avons donc cherché d'autres domaines où nos compétences pouvaient avantageusement être mises à contribution.”

Ce choix n'est pas synonyme pour autant de saut dans l'inconnu, car si la spécialité de TEOS reste les différents types de groupes propulseurs, l'univers du châssis n'est pas forcément un domaine étranger dans les rangs de la société.

Nous avons notamment au sein de nos équipes des “anciens” du châssis qui étaient plus qu’enthousiastes à l'idée de répondre à cet appel d'offre. Avec les compétences et expériences de nos partenaires pour compléter les nôtres, nous sommes certains d'avoir proposé un dossier solide. Comme souvent dans ce métier, c'est une histoire de passion avant tout !”

Un changement radical

Comme le démontrent les illustrations fournies par TEOS Engineering, son projet au design résolument futuriste, s'il était choisi par la FIA, marquerait un changement radical par rapport au châssis Spark utilisé depuis le lancement du Championnat de Formule E en 2014 et qui le sera encore pour les trois prochaines saisons.

Nous pensons que l'un des principaux défis sera de proposer une monoplace vraiment innovante”, décrypte Lestoquoy, “en rupture avec les “classiques” du genre tout en conservant les marqueurs qui font une monoplace, comme stipulé au cahier des charges de la FIA. La difficulté sera donc de trouver où placer la barre.”

Le cahier des charges est assez “serré” en ce qui concerne les performances aérodynamiques de la voiture, en particulier pour la traînée. Le concept que nous proposons est volontairement agressif sur ce point, et un gros travail de CFD [dynamique des fluides assistée par ordinateur] sera fait.”

Nous nous sommes efforcés “d'oublier” les monoplaces actuelles, pour ne garder que quelques marqueurs stylistiques et repartir d'une feuille blanche. L’autonomie sera augmentée, ce qui se traduit par l'intégration d'une batterie plus volumineuse, mais également par une aéro plus soignée afin de réduire les pertes dues à la traînée. En terme de sécurité, le cahier des charges à également été durci.”

Des défis à relever

Autant de facteurs qui viendront s'ajouter à d'autres identifiés pour Motorsport.com par le responsable de la conception.

L'intégration du GMPe [groupe motopropulseur électrique] en général et de la batterie en particulier représente également un enjeu majeur, qui devra être pris en considération dès le début de la conception”, dit-il. “Il ne s'agit pas de modifier une monoplace à moteur thermique pour y adapter un GMP électrique, mais de la concevoir autour de ce mode de propulsion. Une bonne collaboration avec le fournisseur de batterie qui sera sélectionné, ainsi qu'avec les constructeurs engagés, sera essentielle, et promet d’être passionnante.”

Enfin, n'oubliant pas que les monoplaces seront gérées par des teams privés, il nous faudra rechercher le meilleur compromis technico-économique possible pour que la discipline reste viable pour les équipes tout en restant une vitrine technologique pour les constructeurs. C'est là un de nos points forts, comme nous l'avons prouvé dans le passé avec la conception des moteurs GP3 et bientôt GP2.”

Un investissement sur l'avenir

L'éventualité d'un échec ne pouvant être écartée, TEOS compte malgré tout, dans un tel cas, capitaliser à l'avenir sur ce qui est bâti aujourd'hui en s'investissant dans d'autres projets si l'entreprise n'avait finalement pas la préférence de la FIA qui devrait communiquer son choix le 24 juin prochain.

Nous pensons avoir réuni une équipe intéressante avec ce consortium : beaucoup de compétences, une passion et un esprit d'innovation partagé. Nous sommes convaincus d'avoir de belles choses à faire ensemble. Si ce n'est pas sur ce projet, ce sera probablement sur un autre.”

Bien que nos activités ne s'y limitent pas, la compétition en général et le sport automobile en particulier restent le moteur principal pour beaucoup d'entre nous. Nous continuerons donc à nous y investir, et les projets d'avant-garde, comme le championnat Formula E et Roborace, nous intéresseront toujours.”

Propos recueillis avec Benjamin Vinel et Sam Smith

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Séries Formule E
Type d'article Actualités
Tags appel d'offre, chassis, fourniture