Vergne : "Je n'ai pas la voiture pour gagner le titre"

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Vergne :
Par : Benjamin Vinel
18 janv. 2018 à 08:40

Classé dans le top 5 des trois premières courses de la saison 2017-18 de Formule E, Jean-Éric Vergne n'est qu'à 11 points de la tête du championnat. Mais le titre, il n'y pense pas.

Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah, Maro Engel, Venturi Formula E
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jose Maria Lopez, Dragon Racing, Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jose Maria Lopez, Dragon Racing, Jean-Eric Vergne, Techeetah.

B.V., Marrakech - Deuxième et quatrième à Hong Kong, cinquième à Marrakech, Jean-Éric Vergne engrange les points avec constance, ce qui lui permet de faire partie du trio de tête qui a creusé l'écart à l'issue de la course marocaine, à onze longueurs de Felix Rosenqvist et sept de Sam Bird.

"Pour l’instant, je ne pense pas au titre, j’essaie de marquer le plus de points possibles", tempère Vergne pour Motorsport.com. "Aujourd’hui, je n’ai très clairement pas la voiture pour gagner le titre. Je pense ce serait vraiment faux d’être focalisé sur le titre aujourd’hui."

"Je ne suis pas débile : si je peux marquer des points, je vais aller les marquer, je ne vais pas m’accrocher débilement pour aller gagner une position ou un podium. J’essaie de penser aux intérêts de l’équipe et à moi-même, et à la fin de l’année, le plus de points, c’est quand même ce qu’il y a de mieux."

Si Vergne a des doutes sur ses chances de titre, c'est en effet parce qu'il peine parfois à hisser la Techeetah en haut de grille, ce qui le contraint à remonter en course. Auteur de la pole position lors de la première manche à Hong Kong, il avait dû se contenter de la deuxième place en course. Il est remonté de la huitième à la quatrième place le lendemain, et de la 13e à la cinquième à Marrakech. Son coéquipier André Lotterer, quant à lui, est encore plus loin en qualifications.

Toujours est-il que c'est en accumulant des résultats similaires qu'un certain Lucas Di Grassi a remporté le titre la saison dernière, avec dix arrivées dans le top 5 en 12 courses. "Exactement, je pense qu’il faut marquer des points tout le temps", poursuit le Français à l'évocation de cet exemple. "La Formule E est difficile, beaucoup de monde fait des erreurs. Il y a pas mal de problèmes techniques aussi chez certaines équipes parce qu’on commence à pousser la technologie de ces voitures au maximum."

"Ça fait neuf courses que je suis dans les points non-stop, c’est important d’être toujours là. Après, je pense que cette année, ça ne va pas être suffisant, parce qu’il va falloir gagner des courses, il va falloir marquer des gros points ; pour l’instant, je n’en ai pas la possibilité."

Techeetah est à la peine

Techeetah dispose pourtant d'un groupe propulseur Renault qui a fait ses preuves en Formule E. Bien que la discipline soit monotype, c'est le châssis que Vergne pointe du doigt comme la faiblesse de la structure chinoise.

"Tous les autres se sont beaucoup améliorés ; on s’est améliorés, mais pas assez", estime le tricolore lors d'un point presse. "Ça commence à devenir de plus en plus difficile. Il faut qu’on travaille énormément sur le châssis. On a travaillé beaucoup sur l’énergie, je pense que c’est une chose qu’on arrive maintenant à bien gérer. Je pense que le châssis est vraiment le point faible de notre voiture. Il nous manque du grip."

"C’est une formule monotype, tout le monde a les mêmes [voitures], mais les gens peuvent penser que les performances doivent être les mêmes, ce n’est pas vrai. Il y a tellement de choses qu’on peut faire sur une monoplace, la géométrie des roues, la hauteur de caisse, les suspensions, les freins…"

"Pour être honnête, depuis l’an dernier, on n’a pas fait grand-chose sur le châssis, on n’en a jamais réellement eu besoin, et maintenant que tout le monde s’améliore, c’est vraiment notre point faible. Si on veut rester au niveau où on était l’an dernier, il va falloir qu’on améliore beaucoup."

Or, Techeetah souffre particulièrement de son statut d'écurie cliente. Ne construisant pas son groupe propulseur, l'équipe n'a pas droit au même nombre de journées d'essais privés que ses rivales, loin de là.

"Là, on le sent très clairement", déplore Vergne. "Notre pilote rookie [James Rossiter, ndlr] avait fait des essais aussi avec Venturi, en essais privés, et ils ont fait un milliard de choses que nous, on n’a jamais pu tester. Depuis la naissance de l’équipe, on n’a jamais pu tester des réglages sur la voiture, parce que ce n’est pas le samedi qu’on va tester. Si on se plante dans la première séance d’essais libres et qu’on va dans la mauvaise direction, le week-end peut être fichu. On est un peu perdus là-dessus."

Et le pilote Techeetah conclut, sur l'importance des qualifications : "Les courses où on part dernier et où on gagne, ce n’est plus de nos jours. Toutes les équipes sont beaucoup trop fortes par rapport à l’an dernier ou il y a deux ans. C’est très serré. Mais c’est bien pour le championnat."

 
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Séries Formule E
Pilotes Jean-Éric Vergne
Équipes Techeetah
Auteur Benjamin Vinel
Type d'article Actualités